Notices biographiques sur Joseph Smith 

 

Dean Jessee 
BYU Studies, vol.17, n° 3, p.341

 

Les sources concernant Joseph Smith sont tellement contradictoires que ceux qui étudient sérieusement le prophète sont obligés d’investir un temps considérable à en vérifier l’exactitude. Beaucoup de témoins ont prétendu avoir une connaissance de première main de Joseph Smith, mais il convient d’examiner soigneusement si ces dires sont vrais. Parmi ceux qui connaissaient bien le prophète, il y avait Howard Coray, écrivain de talent, qui fut en rapport étroit avec Joseph Smith, dans les années 1840, pendant une période de temps prolongée. Employé à des travaux de secrétariat dans le bureau du prophète, Coray était particulièrement bien placé pour observer ses activités publiques et privées. Des documents importants de la période de Nauvoo, écrits par Coray (par exemple le registre des lettres du prophète, les registres des bénédictions patriarcales et l'histoire de Lucy Mack Smith) montrent la confiance qu'on lui accordait et la qualité de son travail.À deux reprises au moins, Coray écrivit de brèves notices biographiques, dont chacune donne des détails supplémentaires sur Joseph Smith. On trouvera ci-dessous la transcription de ces deux manuscrits non datés, écrits de la main de Coray. Le premier est publié dans son intégralité ; le deuxième est un extrait d'un récit plus long. A eux deux, ils donnent un aperçu précieux de la personnalité de Joseph et de sa façon de faire les choses. Une copie des deux documents se trouve dans les archives de l'Eglise. Les originaux sont entre les mains de Jennie M. Weeks, de Salt Lake City, une descendante de Coray. Pour distinguer les deux documents, je les ai intitulés arbitrairement Coray MS1 et Coray MS2.

 

Coray MS1 

 

Moi, Howard Coray, je suis né le 6 mai 1817 dans la commune de Dansville, Comté de Steuben, Etat de New York. Lorsque j'eus environ dix ans, mon père alla s'installer en Pennsylvanie, Comté de Luzern et commune de Providence. Nous continuâmes à résider dans cet Etat jusqu'à l'automne de 1838. J'avais alors vingt-deux ans. À ce moment-là, mon père, entendant dire que l'Illinois était une belle région – les belles prairies, etc. etc. – fut pris de la fièvre de l'Ouest. C'est ainsi que vers le 1er décembre, il mit pour 1.000 dollars de marchandises dans son chariot et nous emmena, mon frère George et moi, dans l'Ouest. Nous arrivâmes au Comté de Perry Pike, Illinois, dans le courant du mois de janvier suivant. C'est là que nous nous trouvâmes face à face avec le mormonisme. Au printemps suivant, tandis que ceux qui étaient chassés du Missouri se dispersaient en Illinois à la recherche d’un logement ou d'un endroit pour vivre, j'entrai en contact avec eux et désirai vivement connaître quelque chose de leurs croyances. J'assistai à une de leurs réunions. L'homme qui prêchait s'appelait Joseph Wood, quelqu'un de très intelligent. Il prit comme base de son discours cette écriture : « Le sacerdoce étant changé, nécessairement aussi il y a un changement de loi ». Il traita cette écriture d'une manière telle que je me demandai où il avait trouvé son information. Il montra d'une manière magistrale que la prêtrise devait changer aussi et tout ce qui concerne la question. Cela me donna une forte envie de suivre le mormonisme et de tout savoir là-dessus et ce que cela contenait, de sorte que le 25 mars 1840, nous fûmes, moi et mes deux frères, George et William, baptisés par ledit Joseph Wood. Le mois d'avril suivant, je me rendis à Nauvoo pour voir le prophète et assister à la conférence. Les choses s'arrangèrent de telle façon que j'obtins un entretien avec lui. Après m'avoir examiné et interrogé un peu, il me demanda si je pouvais venir vivre avec lui et lui servir de secrétaire. Je répondis que oui, mais que je devais d'abord rentrer chez moi, ce qui prendrait environ deux semaines. Il dit que cela lui convenait. C'est ainsi qu'au bout d'une quinzaine de jours environ, j'étais prêt à me mettre au travail. Je commençai à travailler le lendemain de mon arrivée chez lui. La première chose qu'il me donna à faire, fut de copier un gros tas de lettres dans un registre. Comme je n'avais pas d'autre place à ce moment-là, je fis ce travail dans sa cuisine.Pendant que je travaillais ainsi, j'eus presque tous les jours de nombreuses occasions précieuses, grandes et petites, [de voir des tas de gens qui] lui rendaient visite, les uns pour une chose, les autres pour une autre, des politiciens et des prédicateurs de différentes confessions, certains dans l'intention de mettre à l'épreuve la profondeur de sa connaissance et, si possible, de le confondre et de l'exposer à la honte. Ce que j'ai découvert, c'est qu'il était à la hauteur en toute occasion, qu'il avait une réponse prompte à toutes les questions. Je l'entendis dire que Dieu lui avait donné la clef de la connaissance, par laquelle il pouvait suivre n'importe quel sujet dans toutes ses ramifications.

 

J'avais entendu dire que Joseph Smith était la dupe de Sidney Rigdon. Peu après son retour de l'Est, celui-ci vint voir Joseph, et je me dis : Maintenant je vais voir si c'est vrai. C'était tout vu. Après l'échange habituel de compliments, Rigdon dit à Joseph : « Quand je prêchais à Philadelphie, lorsque j'ai eu fini mon discours, un homme est venu me trouver et m'a demandé d'expliquer quelque chose dans l'Apocalypse de Jean (et il dit en même temps ce que c'était). Je n'ai pas pu le faire. Quelle est l'explication, Joseph ? » Joseph le renvoya directement à un passage d'Ezéchiel et à quelque chose dans un autre livre de l'Ancien Testament, disant que toutes les explications s'y trouvaient. Je me suis dit : Cela ne donne vraiment pas l'impression que Joseph est une dupe.

 

Stephen A. Douglas vint lui rendre visite pour lui poser quelques questions. Une chose qu'il désirait savoir, c'était comment il parvenait à gouverner un peuple aussi divers, venant d'autant de pays différents, avec ses us et coutumes propres. « Eh bien, dit-il, je me contente de leur enseigner la vérité, et ils se gouvernent eux-mêmes. » Telle fut sa réponse immédiate. Parmi d'autres grands hommes qui vinrent lui rendre visite, il y eut Cyrus Walker. Il en fut de Walker comme de tous les autres. Il en eut bientôt assez, trouva Joseph trop fort pour lui et renonça à l'entreprise. Et il en fut ainsi de tous les cas que je pus observer. Comment pouvait-il en être autrement ? Comment un homme qui n'avait jamais jeté un regard dans les cieux ni vu de choses célestes pouvait-il être à la hauteur de quelqu'un qui avait une dizaine de messagers célestes ou davantage comme instructeurs ?

 

Je continuai à copier ses lettres jusqu'à ce que j'eusse fini. Il me demanda ensuite de rédiger l'histoire de l'Eglise, disant qu'il fournirait toute la documentation. Je refusai, en lui disant que je ne me sentais pas compétent pour un tel travail. Il dit que si je l'entreprenais, j'en serai reconnaissant toute ma vie. Comme j'avais plus confiance en lui qu'en moi-même, je me lançai dans le métier d'historien. Il me mit entre les mains certains documents et quelques détails historiques en me demandant de les disposer chronologiquement et d'arranger cela du mieux que je pouvais. Nous étions maintenant installés dans son nouveau bureau, un bâtiment avec un étage conçu pour qu'on puisse faire le travail de bureau au premier. John C. Bennett occupait une partie de la pièce pour rédiger la Charte de Nauvoo : Joseph en dicta une grande partie. Je pouvais entendre les instructions qu’il donnait à Bennett et je sais que la charte a été essentiellement rédigée comme Joseph le voulait.Un matin, je me rendis comme d'habitude au bureau pour travailler. Je trouvai Joseph assis d'un côté d'une table et Robert B. Thompson de l'autre côté et je crus comprendre qu'ils examinaient ou cherchaient dans le manuscrit de la nouvelle traduction de la Bible quelque chose sur la prêtrise que Joseph souhaitait présenter ou faire lire au peuple à la prochaine conférence. Ils ne purent pas trouver ce qu'ils voulaient et Joseph dit à Thompson : « Mettez le manuscrit de côté et prenez du papier, et je vous dirai ce que vous devez écrire. » Frère Thompson prit du papier ministre qu'il avait à côté de lui et se prépara à écrire. J'étais assis à un mètre ou à 1,20 m à la gauche de Joseph, de sorte que je pouvais regarder presque directement dans son oeil gauche ; je veux dire le côté de son oeil. L'Esprit de Dieu descendit sur lui et, dans une certaine mesure, sur moi, de sorte que je pus me rendre pleinement compte que Dieu, ou le Saint-Esprit, parlait par son intermédiaire. Jamais, ni avant ni après, je n'ai ressenti ce que j'ai ressenti en cette occasion. Je me sentais si petit et si humble que j'aurais facilement pu lui baiser les pieds.

 

Coray MS2 

 

Le 3 ou le 4 avril 1840, je me mis en route avec quelques autres pour Nauvoo, dans le but d'assister à la conférence, et pour satisfaire la curiosité que j'avais de voir le prophète. À un moment donné de la conférence, je trouvai l'occasion de lui parler en compagnie de Joseph Wood. Celui-ci me présenta avec un grand geste à frère Joseph en lui disant que j'étais sorti de Jacksonville College. Ce n'était pas vrai et je ne lui avais pas donné la permission de dire cela. Le prophète, après m'avoir observé et m'avoir posé quelques questions, voulut savoir si cela me conviendrait de venir à Nauvoo et de l'aider, ou plutôt de faire du travail de secrétariat pour lui. Comme c'était ce que je désirais, je me mis immédiatement à l’ouvrage et deux semaines plus tard environ, j'étais en plein travail dans son bureau à copier une énorme pile de lettres dans un livre, une correspondance avec les anciens ainsi qu'avec d'autres personnes, qui s'accumulait depuis un certain temps.Tandis que j'étais ainsi employé, j'eus beaucoup d'occasions précieuses de voir le prophète à l'œuvre. Il avait beaucoup de visiteurs et il les recevait dans son bureau où je faisais mon travail de secrétariat. Il y avait des personnes de presque toutes les professions: des médecins, des hommes de loi, des prêtres et d'autres personnes, qui semblaient vivement désireux de voir de près ce qu'on considérait à l'époque comme quelque chose de très étonnant : un homme qui osait se dire prophète, s'annoncer comme voyant et ambassadeur du Seigneur. Non seulement ils étaient vivement désireux de voir, mais aussi de poser des questions difficiles pour vérifier s'il était vraiment compétent. Et qu'est-ce que j'ai découvert ? Ce que j'ai découvert, c'est qu'il était toujours à la hauteur et parfaitement maître de la situation et qu'il possédait le pouvoir de faire constater à tout le monde sa supériorité, ce qu'on faisait d'une manière incontestable. Je pouvais clairement voir que Joseph était maître du jeu, quelle que fût la personne avec qui il se trouvait. Sachant le peu d'instruction qu'il avait reçu, j'étais vraiment émerveillé de voir à quel point il était à l'aise, même en la compagnie des personnes les plus scientifiques, et avec quelle promptitude il répondait à leurs questions.Au mois de juin suivant, j'eus un accident, que je vais raconter maintenant. Le prophète et moi, après avoir regardé ses chevaux et les avoir admirés – ils se trouvaient juste de l'autre côté de la route, par rapport à sa maison – nous nous mîmes en route pour aller près d'eux, le prophète mettant le bras sur mon épaule. Lorsque nous fûmes arrivés au milieu de la route, il s'arrêta et fit cette réflexion : « Frère Coray, si vous aviez été un peu plus costaud, j'aurais aimé jouer avec vous. » Je répondis : « Peut-être que vous le pouvez malgré tout », ne me rendant pas compte de ce que je disais. Joseph était un homme de plus de 90 kilos, tandis que j'arrivais à peine à 60. C'était tout à fait ridicule de ma part de penser que je pouvais l'affronter à la lutte. Mais j'avais à peine fait cette réponse, qu'il me fit un croche-pied ; il me fit une clef à la jambe droite dont je ne pus m'extirper ; et en basculant, je la brisai à quelques centimètres au-dessus de la cheville. Il me transporta immédiatement dans la maison, enleva ma botte et découvrit que j'avais la jambe effectivement cassée ; il alla chercher des attelles et me banda la jambe. Il entra plusieurs fois ce jour-là pour me voir, s'efforçant de me consoler le plus possible. Le lendemain, il entra pour me voir et après que nous eûmes échangé quelques paroles, je dis : « Frère Joseph, quand Jacob a lutté avec l'ange et que celui-ci lui a déboîté la hanche, l'ange l'a béni ; maintenant je pense que j'ai également droit à une bénédiction. » À cela il répondit : « Je ne suis pas le patriarche, mais mon père bien, et quand vous pourrez vous lever et marcher, je lui demanderai de vous bénir. » Il ne dit plus rien pendant une minute ou deux , tout en me regardant avec beaucoup de gravité. Puis il dit : « Frère Coray, vous trouverez bientôt une compagne, une personne qui conviendra à votre situation, et dont vous serez satisfait. Elle s'attachera à vous comme les liens de la mort, et vous aurez beaucoup d'enfants. » Il dit encore d'autres choses dont je me souviens pas aussi distinctement.Neuf jours après que ma jambe eut été cassée, je pus me lever et clopiner dans la maison à l'aide d'une béquille. Quinze jours plus tard, j'étais presque guéri – j'étais quasiment comme avant – à tel point que je me rendis à pied à la réunion, une distance de 1.500 m. Pour moi, c'était rien moins qu'une guérison miraculeuse. Car je pensais que cela me prendrait au moins trois mois avant de pouvoir me lever et reprendre le travail.Je finis de copier les lettres. Frère Joseph me demanda ensuite d'entreprendre, en compagnie de E. D. Woolley, la compilation de l'histoire de l'Eglise. J'estimai que je devais refuser cela, car je n'avais aucune expérience dans la rédaction de livres. Mais frère Joseph insista pour que j'entreprenne cette tâche, disant que si je le faisais, ce serait une bénédiction pour moi tant que je vivrais. Ses arguments persuasifs l'emportèrent et, en conséquence, nous nous retrouvâmes peu de temps après, Frère Woolley et moi, occupés à compiler l'histoire de l'Eglise. Le prophète devait fournir toute la documentation. Notre travail consistait non seulement à combiner tout cela et à l'arranger par ordre chronologique, mais également à mettre l'histoire considérablement en valeur, dans le meilleur style historique. Comme frère Woolley n'avait pas la même instruction que moi, il devait donner la meilleure forme possible à la matière qui lui était fournie, et moi je devais venir après lui et corriger son style du mieux que je le pouvais, en faisant les améliorations et les corrections de grammaire et de style que j'estimais nécessaires. En voyant son travail, je me rendis immédiatement compte que j'allais avoir beaucoup à faire, étant donné qu'il n'y connaissait rien en grammaire ; mais je décidai de tirer le meilleur parti possible d'un mauvais travail et me mis donc à l'œuvre pour modifier et remanier ainsi qu'éliminer beaucoup de choses. En voyant ce que je faisais de son travail, il se découragea profondément. Il fut blessé par la façon dont je faisais les choses et par conséquent ne tarda pas à se retirer de l'entreprise.Immédiatement après le départ de Frère Woolley, je réussis à me procurer les services du Dr Miller, qui avait écrit pour la presse et était très habitué à ce genre de travail. J'avançais maintenant beaucoup mieux. Je continuai jusqu'à ce que nous eûmes traité toute la documentation historique fournie par le prophète. Et comme des situations particulières l'empêchaient d'accorder son attention à sa part du travail, nous dûmes mettre fin à nos labeurs et nous ne reprîmes plus jamais ce genre d'entreprise.

 

Après cela, je me mis à enseigner, ce qui était mon principal métier, pour gagner ma vie, tandis que je résidais à Nauvoo. Quelque trois à quatre semaines après m'être cassé la jambe, tandis que j'étais à une réunion, la bénédiction du prophète me vint à l'esprit, à savoir « que je trouverais bientôt une compagne, etc. etc. ». Je décidai donc de jeter à un coup d'œil attentif à l'assemblée et de voir qui était là, pour le cas où la belle qui m'était promise serait présente. Après avoir contemplé un certain temps l'auditoire, mes yeux se posèrent sur une jeune fille assise dans une voiture attelée à un cheval. Elle m'était tout à fait inconnue et venait d'un autre endroit. Je décidai de m'approcher suffisamment d'elle pour bien examiner ses traits et pouvoir ainsi décider si elle me plairait. Elle avait des yeux d'un brun sombre, très vifs et très pénétrants ; en tout cas, ils me pénétrèrent et je me dis : Elle fera l'affaire ; en fait, j'avais le coup de foudre. Une fois la réunion terminée, au lieu d'aller manger, je restai sur place et me mis à me promener pour voir ce que je pouvais voir. Je n'étais pas allé bien loin que je me retrouvai nez à nez avec la jolie demoiselle, qui marchait bras dessus, bras dessous avec une certaine Madame Harris, que je connaissais bien. Elles s'arrêtèrent et Madame Harris me dit : « Frère Coray, j'ai l'honneur de vous présenter à Mademoiselle Martha Knowlton, de Bear Creek. » Je m'inclinai bien entendu aussi poliment que je le pus, elle me fit une révérence et nous entrâmes ensuite dans une conversation amicale. Je découvris immédiatement qu'elle était vive et intelligente et qu'elle avait de l’esprit, et en outre qu'elle avait l'esprit plus ouvert que ne l'avaient habituellement les jeunes filles de son âge. Cet entretien, bien que bref, fut véritablement agréable et se termina sur l'espoir qu'elle puisse être celle que le Seigneur m'avait choisie, ce qui s'avéra être le cas. Je n'entrerai pas dans tous les détails de nos relations. Qu'il suffise de dire que chaque chose que j'entreprenais semblait me faire avancer dans la bonne direction. Je mis frère Joseph dans le secret, lui montrai une lettre que j'avais écrite à son intention. Il parut s'intéresser tout particulièrement à la question, se donna la peine de la voir et de lui parler à mon sujet, lui disant que j'étais celui qu'il lui fallait. Il y eut un échange de lettres, j'allai la voir chez elle, lui demandai sa main et fus accepté. Le 6 février 1841, nous nous mariions chez son père, Robert B. Thompson accomplissant la cérémonie. Je dirai à ce propos que ce que le prophète avait dit au sujet de la compagne que je trouverais bientôt s'était pleinement confirmé...


 

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