JOSEPH ET EMMA

 

B. Youngreen

 

Retranscription de la bande son d'une présentation faite par B. Youngreen au cours de la deuxième réunion de famille de Joseph Smith, père, qui s'est tenue à Independence, Missouri, du 16 au 18 août 1973.

 

NARRATEUR :

 

Le 18 janvier 1827, un jeune couple échange des alliances dans la maison d’un dénommé Tarbill, à South Bainbridge, New York[1]. Le jeune homme est de belle prestance. Il a vingt et un ans, mesure un mètre quatre-vingt-dix, a les yeux bleus et les cheveux châtains[2]. La jeune femme a vingt-deux ans. Elle a la peau mate, les yeux bruns et les cheveux noirs. Plus tard, ce jeune homme, Joseph Smith, sera connu comme le prophète mormon, et la jeune femme, Emma Hale, comme la 'femme de sa jeunesse' ou la 'Dame Elue'.

 

Joseph Smith est né le 23 décembre 1805, à Sharon, dans le Vermont. Il est le 5ème de onze enfants nés de Joseph Smith, père, et Lucy Mack. Bien qu’étant le 4ème de leurs neuf fils, le nom du père, Joseph, lui a été réservé.

 

Emma Hale est née le 10 juillet 1804 à Harmony, Pennsylvanie. Elle est le 7ème enfant et la 3ème fille d’une famille de neuf enfants nés de Isaac Hale et Elizabeth Lewis.

 

A propos de sa première rencontre avec Emma Hale, le prophète Joseph Smith écrit :

 

JOSEPH :

 

Au mois d'octobre 1825, je m'engageai chez un vieux monsieur du nom de Josiah Stoal, qui demeurait dans le comté de Chenango, État de New York. Il avait entendu dire qu'une mine d'argent avait été ouverte par les Espagnols, à Harmony, comté de Susquehanna, État de Pennsylvanie, et, avant de m'engager, il avait fait des fouilles pour tenter de découvrir la mine. Lorsque je fus allé vivre chez lui, il m'emmena, avec le reste de ses ouvriers, faire des fouilles pour trouver la mine d'argent, ouvrage auquel je travaillai pendant presque un mois sans que notre entreprise ne rencontrât de succès, et finalement je persuadai le vieux monsieur de cesser ses recherches. C'est de là que vient l'histoire fort répandue qui dit que j'ai été un chercheur d'or. Pendant que j'étais ainsi occupé, je pris pension chez un certain M. Isaac Hale, de l'endroit; c'est là que je vis pour la première fois ma femme (sa fille), Emma Hale… La famille du père de ma femme s'opposa fortement à notre mariage. C'est pourquoi, je me trouvai dans la nécessité de l'emmener ailleurs; c'est ainsi que nous allâmes nous marier chez M. Tarbill, à South Bainbridge, comté de Chenango (New York). Immédiatement après mon mariage, je quittai M. Stoal et allai chez mon père travailler avec lui à la ferme pour la saison.[3]

 

NARRATEUR :

 

Lorsque Joseph Smith demanda au père d’Emma Hale la main de sa fille, monsieur Hale lui répondit qu’il n’était pas de la région, qu’il n’avait pas de travail stable et bien rémunéré et qu’il avait la réputation de regarder dans des pierres de voyant et de chercher des trésors avec de l'hamamélis[4]. Aussi, le jeune couple dut s’enfuir. Le 11 octobre 1866, Emma écrivit à un de ses fils :

 

EMMA :

 

C’est en rendant visite à monsieur Stoal, qui vivait à South Bainbridge, que je vis ton père. En quittant la maison, je n’avais aucune intention de me marier. Toutefois, au cours de ma visite chez monsieur Stoal, ton père est venu me parler. Ma famille était formellement opposée à lui. Ton père, soutenu par monsieur Stoal, me pressa de l’épouser, et préférant moi-même l’épouser, lui, plutôt que n’importe quel autre homme que je connaissais,  je consentis[5].

 

NARRATEUR :

 

C’est ainsi que le prophète mormon et sa fiancée se marièrent. Exactement 8 mois et 4 jours plus tard, le 21 septembre 1827, Emma accompagnait son mari à la colline Cumorah, non loin de la maison familiale des Smith, et l’aida à prendre possession des plaques à partir desquelles fut faite la traduction du Livre de Mormon[6]. Ces plaques d’or provoquèrent beaucoup d’excitation dans le voisinage des parents de Joseph. A cette époque, l’or, sous quelque forme que ce soit, était synonyme de richesse. Aussi, Joseph et Emma eurent beaucoup de mal à garder secrets les endroits où ils entreposaient les plaques. L’année terminée, Joseph et Emma retournèrent à Harmony, Pennsylvanie, pour se rapprocher des parents Hale. C’est là que Joseph commença la traduction du Livre de Mormon. C’est également à cette époque que Joseph et Emma eurent leur premier enfant, un fils, qui ne vécut que quelques heures. Ils l’avaient appelé Alvin, comme le frère de Joseph qui était décédé. On peut encore lire, aujourd'hui, dans le vieux cimetière d’Harmony, sur la pierre tombale du bébé, l'inscription : 'En souvenir d'un fils de Joseph et Emma Smith. 15 Juin 1828'. Suite à la traduction du Livre de Mormon, l’Eglise fut organisée le 6 avril 1830. Au cours du mois qui suivit le baptême d’Emma Smith, en juin 1830, son mari, Joseph, reçut pour elle la révélation suivante :

 

JOSEPH :

 

Écoute la voix du Seigneur, ton Dieu, tandis que je te parle, Emma Smith, ma fille; car en vérité, je te le dis, tous ceux qui reçoivent mon Évangile sont des fils et des filles dans mon royaume…Voici, tes péchés te sont pardonnés, et tu es une dame élue que j'ai appelée… L'office de ton appel sera de réconforter mon serviteur Joseph Smith, fils, ton mari, dans ses afflictions, par des paroles de consolation, dans l'esprit d'humilité. Tu partiras avec lui lorsqu'il partira.... (D&A 25 : 1,3,5,6).

 

NARRATEUR :

 

Joseph et Emma ne restèrent pas longtemps à Harmony. Après l'organisation de l’Eglise, la « dame élue partit avec Joseph lorsqu’il partit » de Harmony (Pennsylvanie) pour Colesville (Fayette) et de Colesville pour Manchester (New York). Lorsque les Smith quittèrent la maison des parents d’Emma, à Harmony, la séparation fut pénible. Les derniers mots qu’adressa Isaac Hale à Joseph furent :

 

ISAAC HALE :

 

Vous m’avez volé ma fille et vous l’avez épousée. J’aurais préféré la voir morte et la suivre dans la tombe[7].

 

NARRATEUR :

 

Suite à cela, Emma ne revit plus jamais ses parents. Fidèle à son appel de 'Dame Elue', elle choisit de suivre son mari et de le soutenir. La rupture avec ses parents qu’elle aimait la chagrina énormément. Cette peine, ajoutée à la blessure toujours béante, d’avoir perdu son premier enfant, n’était pourtant que le début de ce qu’elle aurait à endurer au cours de sa vie. Lucy Mack Smith, la belle-mère d’Emma, écrivit à cette époque à son sujet :

 

LUCY MACK SMITH :

 

Bien que de santé fragile à cette époque, Emma fit toujours comme si de rien n'était ; tout ce que ses mains trouvaient à faire, elle le faisait avec courage, jusqu’à aller bien au-delà de ses forces. Elle tomba alors très malade, pendant quatre semaines. Et bien qu’elle n'eût plus la moindre force, comme d’habitude dans les circonstances les plus pénibles, son moral était au beau fixe. De toute ma vie, je n’ai jamais vu une femme qui puisse endurer autant de fatigues et de difficultés, mois après mois, année après année, avec un tel courage, un tel zèle et une telle patience sans faille. Car je sais ce qu’elle a dû endurer... Elle a été ballottée sur un océan d’incertitudes... Elle a fait face à des tempêtes de persécutions et à la rage des hommes et des démons, qui auraient anéanti presque n’importe quelle autre femme[8].

 

NARRATEUR :

 

En janvier 1831, enceinte de cinq mois, Emma alla s’installer, avec Joseph, à Kirtland (Ohio). Quatre mois plus tard, le 30 avril 1831, Emma donna naissance à des faux jumeaux. Joseph et Emma donnèrent à leur petit garçon le nom de Thadéus et à leur petite fille celui de Louisa. Tout comme Alvin, les jumeaux ne vécurent que quelques heures. Non loin de là, dans le petit village d’Orange, Julia Clapp Murdock, une membre de l’Eglise, mourait en donnant naissance à des jumeaux, également un garçon et une fille. Lorsque les jumeaux eurent neuf jours, et parce qu’il avait cinq autres enfants dont il devait prendre soin, John Murdock, le mari, donna ses jumeaux aux Smith pour qu’ils les adoptent, afin que Joseph et Emma puissent les aimer comme s’ils avaient été leurs propres jumeaux. Le Prophète et sa femme acceptèrent les deux nourrissons avec joie. Ils appelèrent le petit garçon Joseph et la petite fille Julia. Joseph et Emma emménagèrent ensuite, avec leur nouvelle famille, à 55 kilomètres au sud-est de Kirtland, dans la maison de John Johnson à Hiram (Ohio). Le soir du 24 mars 1832, alors que les jumeaux avaient la rougeole (le petit garçon dormait avec Joseph et Emma s’occupait de sa fille), les ennemis du Prophète pénétrèrent dans la maison des Johnson et traînèrent Joseph de son lit jusqu'à un champ. Là, ils le battirent, lui lacérèrent la peau, lui couvrirent le corps de goudron, puis l’abandonnèrent. Joseph s’en remit, mais quatre jours plus tard, le bébé, Joseph Murdock Smith, mourut d’avoir été exposé au froid cette nuit-là. Ainsi, ce petit bébé devint le premier martyr de l’histoire de l’Eglise rétablie[9].

 

Après cinq ans de mariage à peine, Joseph et Emma avaient déjà enterré quatre de leurs enfants. Ils ne possédaient aucune maison, erraient çà et là, souffrant insultes et persécutions de la part des ennemis de l’Eglise. Mais malgré tout cela, ils cherchaient toujours, avec force, à 'établir la cause de Sion'.

 

Trois semaines avant la naissance de leur nouveau bébé, qui naquit à Kirtland, le 13 octobre 1832, loin de sa femme et de sa fille de 17 mois, Joseph, en mission dans les Etats de l’Est, écrivit une lettre à Emma décrivant son souci et son amour profond pour elle :

 

JOSEPH :

 

Ma chère épouse... des pensées du foyer, de toi et de Julia, se déversent dans mon âme comme un déluge, et je me prends à espérer, un instant, être près de vous. Mon cœur est rempli de tous les sentiments et de toute la tendresse que peut éprouver un père et un mari, et si j’étais près de vous, je vous dirais beaucoup de choses... J’aimerais te dire les mots de réconfort dans cette épreuve difficile et dans ton affliction présente... Je me rends compte de ta situation et j'éprouve beaucoup de sentiments pour toi... Toutefois, prends courage, car Dieu est ton ami dans les Cieux et tu as un véritable ami vivant sur terre, ton mari...[10]

 

NARRATEUR :

 

Joseph Smith rentra à Kirtland le 6 novembre 1832, juste après la naissance de son fils, Joseph Smith III, qui fut une source de joie et de bonheur pour ses parents, et un frère de jeux et compagnon d’enfance bienvenu pour sa sœur Julia. Le 9 décembre 1834, le Prophète Joseph Smith et son épouse, Emma Hale Smith, reçurent leur Bénédiction Patriarcale, des mains de leur père, Joseph Smith, père. La bénédiction de Joseph lui disait qu’il avait été appelé à faire un travail dans cette génération qu’aucun autre homme ne pourrait faire comme lui, qu’il détiendrait les clés du ministère, à savoir de la Présidence de l’Eglise, pour le temps et pour l’éternité. Il lui fut promis que son nom et le nom de sa postérité seraient enregistrés dans le Livre du Seigneur, à savoir le Livre des Bénédictions et des Généalogies, pour leur joie et leur bénéfice pour toujours. Il lui fut dit que des milliers et des dizaines de milliers viendraient à la connaissance de la vérité par son ministère et qu’il se réjouirait avec eux dans le royaume céleste. Après avoir béni son fils, le Patriarche posa les mains sur la tête d’Emma :

 

JOSEPH SMITH, PERE :

 

Emma... tu es bénie du Seigneur pour ta loyauté et ta fidélité. Tu seras bénie à travers ton mari et tu te réjouiras de la gloire qui viendra sur lui. Ton âme est affligée à cause de la méchanceté des hommes qui cherchent à détruire ton époux, et ton âme entière s’est épanchée en prières pour qu’il soit délivré : réjouis-toi, car le Seigneur, ton Dieu, a entendu tes supplications. Tu es également blessée par la dureté du cœur de ton père et de sa famille, et tu espères toujours leur salut. Le Seigneur respecte tes pleurs, et par ses jugements certains d’entre eux se rendront compte de leur folie et se repentiront de leurs péchés. C'est par l’affliction qu’ils seront sauvés. Tu vivras un grand nombre de jours, oui, le Seigneur épargnera ta vie jusqu’à ce que tu sois rassasiée... Ton cœur se réjouira de la grande œuvre du Seigneur, et personne ne prendra tes petits. Tu te souviendras toujours de la grande condescendance de ton Dieu lorsqu'il te permit d’accompagner mon fils quand l’ange lui remit les écrits des Néphites. Tu as connu beaucoup de chagrin parce que le Seigneur t’a repris 3 de tes enfants. Sache qu’en cela, tu n’as rien à te reprocher. Le Seigneur connaît tes désirs purs d’élever des enfants afin que le nom de mon fils soit béni. Et maintenant, en vérité, je te le dis, ainsi dit le Seigneur, si tu as la foi, tu seras bénie de cette manière: tu donneras la vie à d’autres enfants pour la joie et la satisfaction de ton âme et pour le bonheur de tes amis. Tu seras bénie par la compréhension et tu auras le pouvoir d’instruire les femmes. Enseigne à ta famille la justice, et le chemin de la vie à tes petits, alors les saints anges veilleront sur toi et tu seras sauvée dans le Royaume de Dieu. Ainsi soit-il, amen.

 

NARRATEUR :

 

Le 20 juin 1836, peu après l’achèvement du temple de Kirtland, et conformément à la bénédiction patriarcale d'Emma, Joseph et Emma eurent un autre fils. Ils lui donnèrent le nom de Frederick Granger Williams Smith, en l’honneur du Dr Frederick Granger Williams, ami intime de leur père, Joseph Smith, et second conseiller dans la Première Présidence de l’Eglise.

 

L’année suivante, en 1837, au milieu de la panique financière de Kirtland, La Kirtland Safety Society Bank fit banqueroute. Etant donné que Joseph Smith était l'un des dirigeants principaux de cette banque, il fut la cible de nombreuses actions haineuses. Pour leur propre sécurité, Joseph et sa famille durent quitter Kirtland en janvier 1838. Ne s’arrêtant que le temps nécessaire pour que Joseph puisse gagner un peu d’argent pour répondre aux besoins de sa famille, ils arrivèrent à Far West (Comté de Daviess, Missouri), le 14 mars 1838. Moins de 5 mois plus tard, le 2 juin1838, les Smith eurent leur 8ème enfant, à qui ils donnèrent le nom d'Alexander Hale Smith. Alexander en souvenir d'Alexander Doniphan, avocat et ami de Joseph[11] et Hale par respect pour le nom de jeune fille d'Emma. On dit qu’au cours de l’accouchement de son fils, Joseph Smith affirma qu’une « tempête-Hale » était en train de naître[12].

 

Après la naissance d’Alexander, alors qu’Emma n’avait pas encore complètement récupéré ses forces, des troubles provoqués par des élections dans le Comté de Daviess donnèrent lieu, cet été-là, à la bataille de la Crooked River, puis au massacre d’Haun’s Mill et enfin au siège de Far West par des milices à la solde de la populace. Le 2 novembre 1838, Joseph fut arrêté à cause de ces troubles.

 

Il fut emmené à Independence, laissant derrière lui son fils de 5 mois, Alexander, son fils de 2 ans, Frederick, son fils de presque 6 ans, Joseph, sa fille de 7 ans, Julia, et son épouse bien-aimée, qui ne savait ni où on l’emmenait, ni même si elle le reverrait un jour. Après une tentative par les dirigeants de la milice de fusiller le Prophète (déjouée grâce aux efforts courageux d’Alexander Doniphan) Joseph reçut la permission de voir sa famille afin de lui faire ses adieux.

 

JOSEPH :

 

Je trouvai ma femme et mes enfants en pleurs. Ils pensaient que j’avais été exécuté par ceux qui avaient juré de m’ôter la vie. Ils pensaient qu’ils ne me reverraient jamais. Lorsque j’entrai dans la maison, ils s’accrochèrent à mes vêtements, un flot de larmes coulant de leurs yeux, un mélange de joie et de peine dans leurs gestes. Je demandai l’autorisation d’avoir un entretien privé avec eux pendant quelques minutes, mais le garde refusa. Je fus alors contraint de partir. Qui pourrait imaginer les sentiments que j'éprouvai à ce moment là ? Etre ainsi arraché à ma femme, en la laissant entourée de monstres à l'apparence humaine. Laissant également mes enfants et ne sachant pas comment leurs besoins seraient satisfaits. J’étais arraché et emmené loin d’eux pour que mes ennemis puissent me détruire quand ils le jugeraient bon. Mon épouse pleura, mes enfants s’accrochèrent à moi, jusqu’à ce que les gardes les repoussent de leurs épées. Je me sentis écrasé en regardant cette scène, et ne pus que les confier à ce Dieu dont la bonté m’avait suivi jusque là. Il était le seul à pouvoir les protéger et à pouvoir me délivrer des mains de mes ennemis pour me rendre à ma famille[13].

 

NARRATEUR :

 

Dans les lettres qu'il envoya à son épouse pendant ses cinq mois et demi d’incarcération dans différentes prisons du Missouri,  le Prophète Joseph montra son profond souci pour sa famille :

 

JOSEPH :

 

Independence, Missouri, le 4 novembre 1838.

Ma chère et tendre compagne... Je me fais beaucoup de soucis pour toi et pour mes chers enfants... Je ne peux écrire beaucoup dans ma situation... Je pense tout le temps aux enfants... Dis leur que leur père est toujours vivant... O Emma... Si je ne te revois plus dans cette vie... puisse Dieu accepter que nous soyons à nouveau réunis dans les cieux[14].

 

Richmond, Missouri, le 12 novembre 1838.

Ma chère Emma,

Nous sommes toujours en prison, pour l’amour de Dieu, enchaînés et surveillés par une garde renforcée... O Dieu, puisses-tu m’accorder le privilège de voir ma famille aimée une fois encore ... les serrer contre moi et les embrasser sur leurs douces joues me remplirait le cœur d’une gratitude sans description. Dis aux enfants que je suis vivant... Réconforte leur cœur et essaie de trouver du réconfort comme tu le peux... Dis au petit Joseph qu’il doit être gentil. Son père l’aime d’un amour parfait ; il... ne doit pas faire de mal à ceux qui sont plus petits que lui, mais il doit au contraire prendre soin d’eux. Dis au petit Frederick que papa l’aime de tout son cœur ; c’est un garçon adorable. Julia est adorable, elle aussi. Je l’aime également. Son avenir est prometteur. Dis-lui que papa veut qu’elle se souvienne de lui et qu’elle soit une gentille fille... Je pense continuellement au petit Alexandre. O ma tendre Emma, je veux que tu te souviennes que pour toi et pour les enfants je serai toujours un ami loyal et fidèle[15].

 

Liberty, Missouri, le 4 avril 1839.

Chère et tendre Emma... Je veux revoir le petit Frederick, Joseph, Julia et Alexandre... Un grand poids pèse sur tes épaules... Tu as la responsabilité de leur montrer honneur et sobriété, de leur enseigner les choses justes pour former leur jeune et tendre esprit...[16]

 

NARRATEUR :

 

C’est au cœur d'un hiver glacial, en décembre et en janvier 1839, que ceux qui avaient soutenu Joseph Smith quittèrent le Missouri en traversant le Mississippi pour entrer à Quincy, Illinois. Emma Smith se trouvait parmi eux. Elle ne savait pas où se trouvait son mari, ni même s’il était encore en vie. Sous sa robe, dans des sacs en coton suffisamment grands pour les contenir, Emma cachait certains papiers du Prophète dont notamment le manuscrit de la version inspirée de la Bible. Dans ses bras, elle portait ses deux plus jeunes enfants, Alexander et Frederick. Les deux plus grands, Julia et le petit Joseph s'accrochaient à sa jupe lorsqu’elle traversa sur la glace le fleuve gelé[17]. Au printemps suivant, l’occasion de s’échapper de sa détention arbitraire se présenta à Joseph et à son frère Hyrum, qui était lui aussi détenu. Ils s’échappèrent, alors qu’ils étaient transférés de Daviess au Comté de Boone. Ils arrivèrent à Quincy (Illinois) le 22 avril 1839, à la grande joie de leurs familles et des saints. Trois semaines plus tard, le Prophète emménageait avec sa famille dans une petite cabane en rondins, en amont de Quincy, dans un nouveau lieu de rassemblement pour l’Eglise, un endroit connu sous le nom de Venus, rebaptisé Commerce et bientôt appelé Nauvoo, mot hébreu signifiant « endroit magnifique ». Un lieu de repos pour les saints des derniers jours, qui, en 1844, dans cette seule ville, comptaient plus de onze mille membres[18].

 

Après un peu plus d’un an, le 13 juin 1840, Joseph et Emma eurent, à Nauvoo, un neuvième enfant. Ils l’appelèrent Don Carlos d’après le 'petit' frère de Joseph qui mesurait un mètre quatre-vingt quinze[19]. L’année suivante, au cours du mois d’août, une double tragédie frappa la famille : Don Carlos, le frère de Joseph, mourut de la tuberculose, suivi du bébé qui portait son nom et qui avait à peine un an. Emma et Joseph eurent par la suite, en 1842, un autre garçon qui mourut à la naissance.

A cette époque la mort n’était plus une étrangère pour le prophète, ni pour la « dame élue ». Ils avaient perdu six de leurs dix enfants. Le père d’Emma était mort en 1839, celui de Joseph en 1840 ; la mère d’Emma mourut en 1842. Leurs belles-sœurs, Jerusha Barden et Mary Bailey, les femmes de Hyrum et de Samuel Smith, étaient mortes, elles aussi. Frères, neveux, nièces, oncles, tantes, grands-parents et cousins étaient tous passés de l’autre côté du voile...

 

Au cours du mois d’août 1842, au milieu de ces tribulations, Joseph prit le temps d’écrire ses pensées à propos d’Emma :

 

JOSEPH :

 

... Ma très chère Emma... ma femme, la femme de ma jeunesse et le choix de mon cœur. Nombreuses sont les images qui me viennent à l'esprit lorsque je m’arrête un instant pour réfléchir à tout ce que nous avons traversé ensemble : la fatigue et les labeurs, les peines et les souffrances, les joies et les consolations... Oh ! Quel flot de pensées remplit mon âme à l’instant. Tu es toujours là, même dans la septième calamité, indomptable, ferme, inébranlable, constante, tendre Emma ![20]

 

NARRATEUR :

 

Le 18 janvier 1843, alors qu’ils vivaient à Nauvoo, le Prophète et son épouse fêtèrent leur seizième anniversaire de mariage. Ici, ils avaient enfin une maison à eux, dans laquelle ils pouvaient élever leurs enfants et gérer leurs responsabilités religieuses, civiles, militaires, politiques et sociales. Etant donné que Joseph était souvent loin de la maison, la responsabilité d’élever la famille reposait principalement sur les épaules d’Emma. Elle ne permit jamais à ses enfants de se battre. Un jour, Alexander et le jeune Joseph eurent une querelle au cours de laquelle Alexander mordit le bras de Joseph... Lorsqu’elle fut mise au courant, Emme regarda calmement la profondeur des marques de dents dans le bras de Joseph, remonta ensuite la manche d’Alexander et le mordit au même endroit...[21]

 

Le 31 août 1843, le Prophète et sa famille, composée de 6 membres, quittèrent leur ancienne maison pour emménager dans leur nouvelle résidence officielle. Joseph III fit toujours référence à cette période de Nauvoo comme « les jours heureux »[22], même si cette période ne fut que de courte durée.

 

Les problèmes à l’intérieur et à l’extérieur de l’Eglise atteignirent un maximum d’intensité, et Joseph dut, une fois de plus, faire face à des attaques et à des arrestations de la part des ennemis de l’Eglise. Si les raisons restaient les mêmes, les accusations étaient cette fois différentes. Le gouverneur de l’Illinois, Thomas Ford, demanda à rencontrer Joseph à Carthage, ville voisine, pour qu’il réponde des accusations portées contre lui devant un tribunal officiel, en échange de quoi, il lui promettait sa protection. En juin 1844, Joseph Smith reçut la révélation que ses ennemis ne cherchaient pas la justice, mais voulaient lui ôter la vie. Le Prophète comprit que s’il voulait rester en vie, il devait s’enfuir vers l’ouest. Le 18 juin 1844, il écrivit :

 

JOSEPH :

 

Je me languis de mes petits, mais je sais que Dieu sera un père pour eux...[23]

 

NARRATEUR :

 

Le 22 juin, au premier étage de la Mansion House, Joseph, Hyrum et certains de leurs associés mirent au point un plan pour s’échapper. Ils décidèrent de traverser le Mississippi cette nuit là pour prendre ensuite la direction des Montagnes Rocheuses. En quittant sa famille, Joseph Smith se mit à pleurer. Tenant un mouchoir sur sa figure, il suivit son frère Hyrum, sans dire un mot. Accompagnés de Willard Richards et d’Orrin Porter Rockwell, ils passèrent en barque sur la rive de l’Iowa. Le lendemain, dimanche 23 juin, Porter Rockwell, retourna à Nauvoo pour se procurer des chevaux. Il revint dans l’après-midi avec Reynolds Cahoon, qui avait été chargé de protéger la Mansion House, Hiram Kimball et Lorenzo Wasson, le neveu d’Emma[24]. Reynolds Cahoon donna à Joseph une lettre d’Emma et rappela en même temps au Prophète qu’il avait dit que si l’Eglise lui restait fidèle, il resterait fidèle à l’Eglise[25]. Les trois hommes réprimandèrent Joseph de son désir de fuite. Après avoir été accusé de lâcheté et après beaucoup de discussions, Joseph décida de revenir. Il fit la remarque :

 

JOSEPH :

 

Si ma vie n’a aucune valeur pour mes amis, elle n’en a pas pour moi non plus...[26]

 

NARRATEUR :

 

Lorsqu’on demanda à Emma son avis sur la décision de Joseph de revenir à Nauvoo pour se rendre ensuite à Carthage, elle répondit :

 

EMMA :

 

... A l’époque, ses ennemis créaient beaucoup de problèmes, et son absence poussa certains frères à dire qu’il s’était enfui. Ils le traitèrent de lâche... Joseph l’entendit et quand il revint... il dit : « Je mourrai plutôt que d'être taxé de lâche. » Il était parti à la recherche d'un nouvel endroit. Il aurait ensuite envoyé quelqu’un chercher sa famille. Jamais je ne me sentis aussi mal de toute ma vie que lorsqu’il revint. A partir de ce jour-là, j’attendis qu'on vienne m'annoncer sa mort[27].

 

NARRATEUR :

 

Avant qu’il ne parte pour Carthage, Emma demanda à son époux une bénédiction. Joseph lui proposa d'écrire la plus belle bénédiction à laquelle elle pouvait penser, et il la signerait à son retour. Aussi, Emma coucha sur papier les désirs de son cœur :

 

EMMA :

 

Tout d’abord,  ce que je chérirais comme la plus grande bénédiction des cieux, c’est que mon Père Céleste distille chaque jour sur moi de la sagesse afin que, le soir venu, je ne regrette aucune parole, afin que je ne néglige aucun geste qui pourrait entraîner une bénédiction. Je désire que l’Esprit de Dieu me connaisse et me comprenne, pour que je puisse avoir un esprit actif et productif, pour que je puisse être capable de comprendre les desseins de Dieu sans douter lorsque ceux-ci sont révélés par l’entremise de ses serviteurs. Je désire l’esprit de discernement, qui est une des bénédictions promises par le Saint-Esprit. Je désire tout particulièrement recevoir la sagesse pour élever tous les enfants qui sont ou seront sous ma responsabilité, de telle manière qu’ils soient des ornements utiles dans le Royaume de Dieu, pour qu’à une époque future ils puissent se lever et m’appeler « bénie ». Je désire acquérir la prudence pour que, malgré mes ambitions, mon corps ne devienne ni vieux, ni usé, mais garde une prestance heureuse. Je désire vivre pour accomplir tout le travail pour lequel je me suis engagée dans le monde des esprits, pour que je puisse être une bénédiction pour tous ceux qui auront besoin de moi. Je désire de tout mon cœur honorer et respecter mon mari en tant que patriarche de la famille, je désire mériter toujours sa confiance et agir à l'unisson avec lui. Je désire garder la place que Dieu m'a offerte à ses côtés, et je demande à mon Père Céleste que par l‘humilité,  je puisse être capable de surmonter cette malédiction qui fut prononcée sur les filles d’Eve. Je désire me réjouir avec elles et voir les bénédictions que Dieu a en réserve pour tous ceux qui obéissent à ses commandements. Finalement, je désire reconnaître la main de Dieu en toute chose, quel que soit mon sort dans cette vie.

 

Joseph m’a demandé d’écrire les désirs de mon cœur... d’écrire la meilleure bénédiction à laquelle je puisse penser et qu’il la signerait à son retour[28].

 

NARRATEUR :

 

Les derniers mots qu’Emma entendit de son mari, avant qu'il ne parte pour Carthage, furent répétés trois fois :

 

JOSEPH :

 

Emma, peux-tu élever les enfants pour qu’ils marchent sur les traces de leur père ?

 

EMMA :

 

Oh, Joseph... Tu vas revenir ! ...

 

JOSEPH :

 

Emma, peux-tu élever les enfants pour qu’ils marchent sur les traces de leur père ?

 

EMMA :

 

Oh ! Joseph... (elle se mit à pleurer)

 

JOSEPH :

 

Emma, peux-tu élever les enfants pour qu’ils marchent sur les traces de leur père ?[29]

 

NARRATEUR :

 

Doucement, après avoir embrassé l’homme qui avait été son mari pendant 17 ans, Emma rassembla ses enfants autour d’elle : Julia 13 ans, Joseph 11 ans, Frederick 8 ans et Alexander 6 ans. Ils dirent au revoir à Joseph et à Hyrum, qui sortaient déjà de leur vie, en route pour leur martyre. Sur la route de Carthage, certaines personnes entendirent le Prophète Joseph dire :

 

JOSEPH :

 

Je vais comme un agneau à l’abattoir, mais je suis calme comme un matin d’été. J’ai la conscience libre de toute offense envers Dieu et envers tous les hommes. Je mourrai innocent, et l’on dira un jour de moi : il fut assassiné de sang-froid ![30]

 

NARRATEUR :

 

Trois jours plus tard, le 27 juin 1844, un peu avant minuit, la nouvelle de sa mort parvenait à la famille du prophète... Il avait été... « assassiné de sang-froid ». Personne ne comprendra jamais la douleur d’Emma lorsqu’elle entendit la nouvelle. Elle s’écria :

 

EMMA :

 

Oh ! Dieu, pourquoi tant d’afflictions ? Pourquoi suis-je veuve ? Pourquoi mes enfants sont-ils orphelins ? Tu sais que j’ai toujours eu confiance en ta loi... Mon mari était ma couronne: pour lui et pour mes enfants, j’ai souffert la perte de toute chose. Pourquoi, O Dieu, m’as-tu abandonnée, pourquoi ma poitrine est-elle déchirée par cette angoisse insoutenable ?[31]

 

NARRATEUR :

 

Le 17 novembre 1844, naissait le dernier bébé d'Emma et de Joseph. Joseph avait souhaité appeler son fils du nom de son frère Hyrum, en plus du nom de David qu’Emma avait choisi en l'honneur de son frère. Ainsi, le onzième enfant de Joseph et Emma reçut le nom de David Hyrum Smith...

 

Eliza Snow, célèbre poétesse du mormonisme, écrivit à l’occasion de la naissance de David :

 

ELIZA R. SNOW :

 

Sans tache, tel un esprit céleste,

Merveilleux comme une fleur qui vient d'éclore,

Vient l’enfant qui sourit,

Dans un moment de grandes souffrances.

Il ne connaîtra pas l’amour de son père,

Il ne connaîtra pas non plus sa valeur.

Car le bras de la persécution

La rendu orphelin dès sa naissance.

Tu prendras tout l’amour et la douceur

Que ta mère pourra te donner

Mais hélas, sur terre, un père,

Tu ne connaîtras jamais.[32]

 

NARRATEUR :

 

Lorsque Joseph III était né, le Prophète était absent, parti en mission. Il était cependant revenu tout de suite après la naissance de son fils, pour s’asseoir à côté du lit et regarder avec émerveillement le petit Joseph. « Maintenant, pour David Hyrum, aucune diligence, aucun bateau ne pouvait le ramener. Aucune voix pour réconforter Emma, aucune main chaude pour caresser la sienne, aucune lèvre familière pour l’embrasser sur les joues en signe de gratitude lorsque naquit son dernier enfant. Le maître de la maison s’en était allé, et les pleurs de sa veuve et de ses enfants ne pouvaient le ramener. »[33] Trois ans et demi plus tard, le 23 décembre 1847, Emma Hale Smith se remaria.[34] Elle épousa un veuf, qui avait deux enfants. Un « nouveau citoyen » de Nauvoo venu de Canton, Illinois.[35] L’homme, Lewis C. Bidamon, connu sous le nom de « major » Bidamon, avait été un des officiers d'Abraham Lincoln dans la guerre indienne contre Black Hawk.[36] En épousant Emma, le « major » devint le beau-père des quatre fils du Prophète. Les garçons atteignirent l'âge adulte et fondèrent leur propre famille. Emma resta mariée au « major » jusqu’à ce qu’elle meure, le 30 avril 1879, à l’âge de soixante-quinze ans.[37] Des cinq enfants en vie après la mort du Prophète, quatre l’étaient toujours à la mort de leur mère.

 

Frederick Granger Williams Smith, le deuxième fils d’Emma et de Joseph, mourut dans sa vingt-sixième année, le 13 avril 1862, dix-sept ans avant sa mère. Frederick avait épousé Annie Marie Jones, le 13 septembre 1857. Ils avaient eu une fille.

 

Julia Murdock Smith mourut en 1880, peu après la mort d’Emma. Elle s'était mariée deux fois, mais n'avait pas eu d’enfants. Son premier mari, Elisha Dixon, mourut dans l’explosion d’un bateau à vapeur. Son second mari s’appelait John J. Middleton.

 

David Hyrum Smith, le dernier-né de Joseph et Emma, mourut le 29 août 1904 à Elgin, Illinois.[38] Il avait soixante ans. David avait épousé, le 10 mai 1870, Clara Charlotte Hartshorn, avec qui il avait eu un fils.

 

Alexander Hale Smith, le troisième fils de Joseph et Emma resté en vie, mourut le 12 août 1909, à l’âge de soixante et onze ans. Il avait épousé Elizabeth Agnes Kendall le 23 juin 1861 et avait eu neuf enfants.

 

Joseph Smith III, le premier fils de Joseph et Emma à rester en vie, vécut jusqu’à l’âge de quatre-vingt-deux ans. Il mourut le 10 décembre 1914, ayant survécu à ses parents, à ses frères et à sa sœur. Joseph se maria trois fois et il eut dix-sept enfants dont cinq de sa première femme, Emmeline Griswold. Lorsqu’elle mourut, Joseph épousa Bertha Madison, avec qui il eut  neuf enfants. Après sa mort, il épousa Ada Clark avec qui il eut trois enfants.

 

L’épisode final de l’histoire de Joseph et Emma fut enregistré par leur fils, Alexander Hale Smith, qui était au chevet de sa mère lorsque celle-ci mourut :

  

ALEXANDER HALE SMITH :

 

Juste avant de mourir, elle [ma mère] appela : « Joseph, Joseph. » Je pensais qu’elle appelait mon frère, qui était dans la chambre. Je l’appelai et lui dis : « Maman veut te parler. » J’étais à la tête du lit. Ma mère se souleva, leva sa main gauche aussi haut qu’elle le pouvait et appela : « Joseph. » Je passai mon bras gauche derrière ses épaules, pris sa main dans la mienne et lui demandai : « Maman, que se passe-t-il ? » Sa main retomba. Elle était morte... Lorsque je racontai cela à sœur Revel... elle me dit : « Vous ne comprenez donc pas ? » « Non, répondis-je, je ne comprends pas. » « Eh bien, peu de temps avant sa mort, votre mère a eu une vision qu'elle m’a racontée. Elle a dit que votre père était venu auprès d’elle et lui avait dit : « Emma, viens avec moi. Il est temps que tu viennes avec moi. » Elle a ajouté : « J’ai mis mon chapeau et mon châle et je l’ai suivi. Je ne trouvais pas cela étrange. Je suis entrée avec lui dans une maison, une magnifique maison, et il m’en a fait visiter les différentes pièces. Dans une des pièces se trouvait une chambre de bébé. Un nourrisson était couché dans un berceau. » Elle s’est écriée : « Je reconnais mon bébé, mon Don Carlos qui m’a été arraché. » Elle s'est élancée, a saisi l'enfant, l’a pris dans ses bras et a pleuré de joie. Lorsqu'elle a retrouvé son calme, elle s’est tournée vers Joseph et lui a dit : « Où sont mes autres enfants ? » Joseph lui a répondu : « Sois patiente, Emma, et tu reverras tous tes enfants. »[39]

 

NARRATEUR :

 

Emma reçut peut-être là un peu de réconfort de la part de son mari et prophète afin de l’aider à passer de l’état mortel à la « maison de lumière. »

 



[1] La généalogie de Joseph Smith, fils, et d’Emma Hale Smith est tirée de notes écrites de la main d’Emma, trouvées dans la Bible familiale (édition de 1831). La Bible appartient aujourd’hui à Kenneth J. Smith, d’Independence (Missouri), arrière-petit-fils de Joseph et Emma.

[2] B. C. Flint, An Outline History of the Church of Christ, Independence, Missouri, The Board of Publication, 1953, p. 85 et John D. Lee, Confessions of John Dee Lee, 1880, SLC, Utah, Modern Microfilm Co, p.76.

[3] Joseph Smith, fils, History of the Church of Jesus Christ of Latter-day Saints, ed. B.H. Roberts, 7 vols.

[4] John Henry Evans, Joseph Smith an American Prophet, New York, Macmillan Company, 1946, p.38.

[5] The Saints Herald, vol. 26, p.289.

[6] Toutes les dates, références, paraphrases et citations des bénédictions patriarcales sont tirées du volume 1 du Livre des Bénédictions Patriarcales du Département d’Histoire de l’Eglise à SLC, Utah. Les bénédictions données par Joseph Smith, père, ont été écrites de la main d’Oliver Cowdery.

[7] ED Howe, Mormonism Unveiled, Painesville, Ohio, 1834, p. 234.

[8] Lucy Smith, Biographical Sketches of Joseph Smith and his Progenitors for many Generations, Liverpool, England, Orson Pratt, 1853, p.169.  

[9] History of the Church 1 : 265

[10] E. Cecil McGavin, The Family of Joseph Smith, SLC, Utah : Bookcraft, Inc. 1965, pp. 130-131.

[11] L’auteur a eu accès à cette tradition orale par le biais d’Anna Earlita Smith Inslee, petite fille d’Alexander Hale Smith, le 18 février 1973, dans sa maison à San Clemente, Californie.

[12] McGavin, Family, p. 133. Voir aussi Raymond T. Bailey, "Emma Hale Wife of the Prophet Joseph Smith", thèse de maîtrise, BYU, 1952, p. 31

[13] History of the Church, 3-193.

[14] Bailey, “Emma Hale", pp. 40-41

[15] Idem, pp. 41-42

[16] Un photostat de cette lettre du 4 avril 1839 de Joseph à Emma appartient à la bibliothèque de Bancroft, à l’Université de Berkeley, Californie.

[17] Joseph Smith III and the Restoration, ed. Mary Audentia Smith Anderson, Independence, Missouri, Herald Publishing House, 1952, p. 15, et Inez Smith Davis, The Story of the Church, Independence, Missouri, Herald Publishing House, 1959, pp. 286-287.

[18] Times and Seasons, 6 :1031. La population de Nauvoo en 1844 était de 11057 âmes.

[19] Voir la lettre non datée de Mary Norman (fille de Samuel H. Smith) à Ina Coolbrith (fille de Don Carlos Smith), à propos de Don Carlos Smith, dans la collection de lettres de Mary Norman à Ina Coolbrith de l'Eglise Réorganisée de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, Département d'histoire, Independence, Missouri.

[20] History of the Church 5:107

[21] Vesta Pierce Crawford, "Collection of Unpublished Notes", BYU Library, Provo, Utah, p.13

[22] Davis, Story of the Church, p. 443

[23] Copie d’une lettre de Joseph Smith, fils, à James Jesse Strang, le 18 juin 1844, Journal History of the Church of Jesus Christ of Latter-Day Saints au Département d’Histoire de l’Eglise, SLC, Utah.

[24] History of the Church 6 :547-548

[25] Journal de Wandle Mace 1809-1890, copie à la bibliothèque de BYU, 1959, p. 144 (Le manuscrit original est en la possession de Mme John H. Schmutz).

[26] History of the Church 6:549

[27] Edmund C. Briggs, Visit to Nauvoo in 1856, Reorganized Church of Jesus Christ of Latter-Day Saints, Journal of History, Independence, Missouri, October 1916, IX : 4, pp. 453-454.

[28] Bailey, Emma Hale, pp. 112-113. (Une copie de cette bénédiction se trouve au Département d’Histoire de l’Eglise, SLC, Utah).

[29] Edwin Rushton, Bridge Builder and Faithful Pioneer, dans Pioneer Journals, p.3

[30] History of the Church 6:555

[31] E. Cecil McGavin, Nauvoo the Beautiful, SLC, Utah, Bookcraft Inc., 1972, p. 144

[32] Times and Seasons, vol. 5:735.

[33] McGavin, Family, p. 140

[34] Hancock County Marriage Record in Carthage Courthouse, Carthage, Illinois. Livre A1 1829-49, p. 105, entrée 1242.

[35] Lettre de Lewis C. Bidamon à Emma Smith datée du 11 janvier 1847. Département d’Histoire de l’Eglise Réorganisée de Jésus Christ des Saints des Derniers Jours, Independence, Missouri.

[36] D’une interview avec Leah Bidamon McLean (petite-fille de Lewis C. Bidamon), le 22 février 1973, dans sa résidence de San Francisco, Californie.

[37] Mary Audentia Smith Anderson, Ancestry  and Posterity of Joseph Smith and Emma Hale, Independence Missouri Herald Publishing House, 1929, p. 565. Toutes les dates qui suivent viennent de la même source, sauf si noté autrement.

[38] Une copie du certificat de décès de David Hyrum Smith est en possession de l’auteur.

[39] Cette anecdote, racontée par Alexander Hale Smith, a été publiée dans le magazine RLDS Zion’s Ensign, le 31 décembre 1903.

 

 

 

 

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