Nous avons déjà dit à plusieurs reprises que le Livre de Mormon était tout à fait à l’aise dans le milieu historique dont il se réclame, ce qui exclut toute possibilité que Joseph Smith en soit l’auteur. Les parallèles remarquables entre le livre et un document ancien très peu connu et inaccessible à Joseph Smith viennent renforcer cette constatation.

Le Récit de Zosime et le Livre de Mormon
John W. Welch
BYU Studies, vol. 22 (1982), n° 3 - Été 1982

Le but de cet article est de mettre en évidence certaines ressemblances entre des passages de 1 Néphi dans le Livre de Mormon et un document peu connu intitulé « Le Récit de Zosime » [1]. Le texte de base du Récit a été écrit à l'origine en hébreu et semble remonter au moins à l’époque du Christ, et peut-être beaucoup plus haut [2]. Rien ne prouve que l'on ait eu une connaissance quelconque du Récit de Zosime dans un pays de langue anglaise avant la publication du Livre de Mormon.

Expliquer ces ressemblances est quelque chose de compliqué. Dans un contexte religieux, les parallèles entre les deux écrits peuvent s'expliquer comme découlant d'une source commune de révélation détaillée. Examinés scientifiquement, les parallèles constituent un problème intellectuel pour lequel on n’a pas de solution définitive. Même si je ne peux pas expliquer ces parallèles à tous les points de vue, le simple fait qu'ils existent tend à confirmer que le Livre de Mormon a bien son origine dans le Proche-Orient ancien.

Cet article décrit l'histoire textuelle et le contenu du Récit de Zosime et met ensuite en évidence certaines ressemblances entre le Livre de Mormon et le Récit. Je reconnais que l’approche utilisée ici n'épuise pas le sujet. Par exemple, le Récit de Zosime est riche en images de l'arbre de vie. C'est aussi un bon exemple de littérature apocalyptique judéo-chrétienne. Dans des domaines tels que ceux-ci, le Livre de Mormon et le Récit de Zosime mériteraient une comparaison plus poussée non seulement entre eux, mais aussi avec le vaste ensemble que constituent les littératures symboliques et apocalyptiques. Ces études plus approfondies devront cependant attendre que l'on ait effectué beaucoup plus de recherches. Pour le moment, une entreprise moins ambitieuse devra suffire.

Personne ne sait qui était Zosime, ni s'il a existé, ni même ce que le nom Zosime signifie ni d'où il peut bien provenir [3], mais le récit antique qui porte ce nom rapporte des traditions parlant d'un peuple juste qui a quitté Jérusalem à l'époque du prophète Jérémie. Il a été conduit par Dieu vers un pays idéal de l'autre côté de l'océan. Le texte présente un intérêt évident pour ceux qui étudient le Livre de Mormon, puisque celui-ci raconte le même genre d’histoire.

Le Dr James H. Charlesworth, professeur de science des origines chrétiennes à la Duke University, Durham, N.C., a compilé la bibliographie la plus complète qui ait été publiée et a fait une étude approfondie de ce récit longtemps négligé [4]. Il en conclut que sa partie plus ancienne a été écrite quelque part en Judée, qu'elle était écrite à l'origine en hébreu et que "ce serait un manque de sagesse que d'ignorer la possibilité que cette section la plus ancienne soit une œuvre juive antérieure à la chute de Jérusalem en 70 apr. J.-C. [5]. » Il est difficile de dire combien de temps avant 70 apr. J.-C. cette partie ancienne a été mise par écrit. Les traditions qui sont à la base de beaucoup de sections du Récit de Zosime remontent sans aucun doute encore plus loin.

Non seulement les sources qui sont à la base de cet écrit étrange sont très anciennes, mais à en juger par le nombre d'exemplaires que l'on a maintenant trouvés dans certains des musées et des bibliothèques les plus anciens d'Europe [6], l'ouvrage a du être assez bien connu dans les premiers siècles du christianisme, du moins dans certaines régions éloignées des principaux centres de contrôle. Des textes du Récit ont survécu en slave, en syriaque, en éthiopien, en karshuni, en arabe et en grec [7].

La comparaison de ces textes montre qu’au fil des années le texte hébreu originel a subi beaucoup de changements rédactionnels et d'ajouts. Dans les textes éthiopiens plus récents, par exemple, Zosime est rattaché à Alexandre le Grand (qui passait pour avoir conquis le monde entier et devait donc avoir visité ces peuples de l'autre côté de la mer) [8]. Ces variations d'un texte à l'autre nous obligent à séparer soigneusement les passages originels plus anciens des ajouts postérieurs.

C'est peut-être autant à cause de ces changements qu'à cause du fait que l'on n'a pas reconnu l'importance de son noyau originel que le Récit a été rejeté de manière non justifiée dans les cercles chrétiens orthodoxes ultérieurs. Dans le Canon de Nicéphore (qui date des environs de 850 apr. J.-C.), le Récit de Zosime est placé parmi certains ouvrages apocryphes qui devaient être abandonnés. Peu de temps après, le petit livre sombra dans l'oubli.

La première réapparition connue du Récit de Zosime à l’époque moderne est sa traduction en russe à partir d'un vieux texte slave dans les années 1870, près de cinquante ans après la traduction du Livre de Mormon en anglais. Le premier texte critique du Récit fut publié en Angleterre à la fin du dix-neuvième siècle par J. R. Robinson, suivi peu après de sa première traduction en anglais, qui parut dans le tome 10 (tome supplémentaire) de la série de M. R. James intitulée Ante-Nicene Fathers [les Pères d’avant le Concile de Nicée]. C’est cette traduction-là qui sera utilisée dans cet article.

Les éléments généraux et particuliers du Récit sont semblables aux premiers chapitres du Livre de Mormon. Témoin, le survol qui suit.

Selon le Récit de Zosime, un juste appelé Zosime, demeurant dans une caverne dans un désert, prie le Seigneur et obtient un passage spirituel vers un pays de béatitude. Pour arriver dans ce pays de promission, Zosime doit errer dans le désert sans savoir où on le conduit. Il est poussé jusqu'à l'épuisement, mais atteint sa destination par des prières constantes et par l'intervention divine. Il finit par arriver au bord d'une rivière insondable recouverte d’une nuée impénétrable de ténèbres. Se saisissant des branches d'un arbre, il est transporté de l'autre côté de l'eau où il s'assied en dessous d'un bel arbre, en mange du fruit et boit l'eau vive qui coule de ses racines. Un ange vient alors à lui pour lui servir de guide. Il lui demande ce qu'il veut, lui donne une vision dans laquelle il croit voir le Fils de Dieu et lui présente un groupe de fils de Dieu qui sont des justes. Ces anciens communiquent à Zosime leur histoire et lui enseignent leur façon de vivre dans la justice. Leur histoire est gravée sur des plaques de pierre tendre [9]. Elle explique comment le groupe, conduit par son père, a échappé à la destruction de Jérusalem à l'époque de Jérémie et comment, en tant que nation, il a survécu à la dispersion d'Israël. Ce n'est qu'à cause de sa justice qu'il lui est permis d'occuper son pays de rêve et d'abondance. Sa religion est basée sur la prière et la chasteté et il reçoit par révélation la connaissance de la méchanceté du monde extérieur. En dépit de la méchanceté des habitants de Jérusalem, Zosime se réjouit quand on lui montre un livre dans lequel il apprend que miséricorde sera accordée aux habitants de cet endroit.

Les nombreux parallèles qui existent entre les premiers chapitres du Livre de Mormon et ce récit n'ont guère besoin de commentaires : séjour dans le désert (1 Néphi 2:4), conduit par la prière et la foi (5 ; 11:3 ; 16:29), errance dans un désert sombre et désolé (8:7), enlèvement jusqu'au bord d'une rivière (8:13), traversée jusqu'à l'autre côté d'une rivière ou d'un abîme et traversée d'un grand brouillard (8:32), arrivée à un arbre dont le fruit est supérieur à tous les autres (8:11), manger et boire de l'arbre qui est aussi une source d'eau vive (11:25), accueil par un guide (11:2-3), question sur ce qu'il désire (11:2), vision du Fils de Dieu (1:6 ; 11:29), tenue d’annales sur des plaques de métal malléable (3:24), mise par écrit de l'histoire d'un groupe de personnes qui ont échappé à la destruction de Jérusalem à l'époque de Jérémie (1:4 ; 7:14), transfert vers une terre de promission et de grande abondance grâce à leur justice (18:25), pratique de la prière constante (Alma 34:21-27), pratique de la chasteté (Jacob 2:25-28), réception de révélations concernant la méchanceté du peuple de Jérusalem (10:11) et cependant assurance de la miséricorde qui sera accordée aux habitants de Jérusalem (1:14 ; 10:3).

Pour que le lecteur puisse apprécier et évaluer les ressemblances entre ces deux écrits, il est nécessaire de les examiner tous les deux en détail. Les nombreux parallèles qui existent entre eux peuvent confirmer la grande antiquité des deux récits.

Comparaison détaillée

Dans l'étude comparative qui suit, on trouvera le texte complet de Zosime dans la colonne de gauche et les passages du Livre de Mormon qui peuvent constituer des parallèles possibles sont disposés à droite. Tous les parallèles proposés n'ont pas la même force, mais nous les mentionnons pour être complet. De même, les passages du Livre de Mormon ne se trouvent pas toujours dans le même ordre que leurs parallèles dans le Récit de Zosime, et dans de tels cas, la force des parallèles qui ne sont pas dans le même contexte doit être diminuée.

La traduction du Récit de Zosime utilisée ici est celle qui apparaît dans Ante-Nicene Fathers et suit le texte grec. Bien que le Récit n’ait pas été écrit à l'origine en grec, le texte semble bien être une traduction soigneuse de textes anciens et est représentatif de l'ensemble de la tradition [10]. Les sections du Récit que l'on peut identifier comme étant des ajouts tardifs ont été mises entre ([ ]) ou ont été supprimées comme indiqué.

Pour ce qui est du Livre de Mormon, la plupart des passages concernés viennent des chapitres 1, 8 et 11 de 1 Néphi parce que c’est là que l'influence de Léhi est la plus forte. [11] Parmi les auteurs néphites, c’est Léhi qui représente le mieux le monde de la Judée qui est le milieu dans lequel le Récit de Zosime a été créé. Les visions de Léhi sont aussi du même genre que les styles et les motifs visionnaires du Récit de Zosime. Aucun effort n'a été fait pour séparer les écrits de Léhi dans ces chapitres de ceux Néphi, étant donné qu'aucun lien direct n’est établi entre un quelconque personnage du Livre de Mormon et la personne qui a écrit le Récit de Zosime. Après chaque section on trouvera de brefs commentaires. Viendront ensuite les conclusions générales. Les références des versets du Livre de Mormon autres que ceux qui se trouvent dans 1 Néphi sont indiquées comme telles.
Zosime 1 Néphi
Ch.1. Vers ce temps-là il y avait


dans le désert un homme appelé Zosime [qui, pendant 40 ans, ne mangea pas de pain et ne but pas de vin et ne vit pas la face de l'homme.]

Cet homme suppliait Dieu


afin de voir le mode de vie des bienheureux.

Et voici un ange du Seigneur fut envoyé et lui dit : Zosime,

homme de Dieu, voici, je suis envoyé par le Très Haut, le Dieu de tous, te dire que tu voyageras jusqu’auprès des bienheureux mais tu ne demeureras pas avec eux.

[Mais n'exalte pas ton cœur en disant : Pendant quarante ans, je n'ai pas mangé de pain, car la parole de Dieu est plus que le pain et l’esprit de Dieu est plus que le vin. Et en ce qui concerne ta parole : je n'ai pas vu la face de l'homme, voici la face du grand roi est auprès de toi.]

Zosime dit : Je sais que le Seigneur peut faire tout ce qu'il veut. L'ange lui dit : Sache aussi ceci, que tu n'es pas digne d'un de leurs délices, mais lève-toi et mets-toi en route.
1:4.. . . cette même année [la première année du règne de Sédécias] il vint beaucoup de prophètes…

2:4. … et il [Léhi] partit dans le désert….



1:5…Léhi, tandis qu’il était en chemin, pria le Seigneur, oui, même de tout son cœur, en faveur de son peuple.

11:3 …Et je dis : je désire voir les choses que mon père a vues.

8:5…et il [un ange] vint se tenir devant moi.

11:6… l'Esprit s'écria d'une voix forte, disant: Hosanna au Seigneur, le Dieu Très-Haut; car il est Dieu sur toute la terre, oui, au-dessus de tout… parce que tu crois… tu verras les choses que tu as désirées.





11:1…et croyant que le Seigneur était capable de me les faire connaître…
3:7 moi, Néphi, je dis… je sais que le Seigneur ne donne pas de commandements aux enfants des hommes sans leur préparer la voie pour qu'ils puissent accomplir ce qu'il leur commande.


   


   

La vision de Zosime commence quand il prie pour qu'on lui montre le mode de vie des bienheureux. Un ange lui apparaît et lui annonce que sa

La vision de Zosime commence quand il prie pour qu'on lui montre le mode de vie des bienheureux. Un ange lui apparaît et lui annonce que sa prière sera exaucée. Cela ressemble à la prière de Néphi dans laquelle il demande qu'on lui montre les choses que son père Léhi a vues, une prière également exaucée par un ange qui apparaît et annonce qu’il sera répondu à sa demande (1 Néphi 11:6) grâce au fait que Néphi croit au Fils du Dieu très haut. Zosime confirme également sa foi au Seigneur avant que sa vision ne puisse commencer. Et ce qui vaut particulièrement d'être noté, c'est le fait que, dans chacun des récits, l'ange utilise un nom presque identique pour désigner le Seigneur : « le Dieu très haut ». C'est quelque chose de remarquable qui mérite d'être relevé. Il peut aussi y avoir des analogies importantes entre le désert qui sert de cadre à l'histoire de Léhi et celui du Récit. Léhi et Néphi ont pu considérer leur départ dans le désert comme un symbole de justice de la même façon que le Récit a recours à la notion de demeurer dans le désert pour montrer l'éloignement de Zosime par rapport au monde (1 Néphi 17:23-44). La mention de l’époque faite au début de Zosime est trop obscure pour qu'on puisse l'utiliser.

Zosime 1 Néphi
2. Et moi, Zosime, sortant de ma caverne avec Dieu pour me guider, je me mis en route sans savoir dans quelle direction j'allais,

et après avoir voyagé pendant quarante jours


mon esprit devint faible et mon corps me manqua et, étant épuisé,

je m'assis et continuai à prier dans cet endroit pendant trois jours.

[Et voici, il vint du désert un animal dont le nom est le chameau et, mettant ses genoux par terre, il me reçut sur son cou et alla dans le désert et me déposa. Il y avait beaucoup de hurlement de bêtes sauvages et de grincements de dents et de poison mortel. Et pris de crainte, je priai le Seigneur]

et il se produisit en ce lieu un grand tremblement de terre avec un bruit, et une tempête souffla et me souleva de terre et m'emporta sur son aile


et je priais et je voyageais

jusqu'à ce qu’elle me dépose en un endroit

à côté d'une rivière et le nom de la rivière est Eumeles. Et voici, lorsque je désirai traverser la rivière, quelqu'un cria comme si cela venait de l'eau, disant : Zosime, homme de Dieu, tu ne peux pas me traverser, car nul ne peut diviser mes eaux : mais lève les yeux des eaux vers le ciel.

Et en levant les yeux, je vis un mur de nuée s'étendre depuis les eaux jusqu'au ciel et la nuée dit : Zosime, homme de Dieu, à travers moi aucun oiseau ne sort de ce monde, aucun souffle de vent, ni le soleil lui-même,

le tentateur de ce monde ne peut pas non plus me traverser [le mur de nuée].
8:7… comme je le suivais, je me vis dans une solitude sombre et désolée.


8:8 et lorsque j'eus voyagé pendant l'espace de nombreuses heures dans les ténèbres…

1:7… il se jeta sur son lit, accablé par l'Esprit…

8:8… je commençai à prier le Seigneur d'être miséricordieux envers moi…







11:1… tandis que j'étais assis à méditer dans mon cœur, je fus ravi dans l'Esprit du Seigneur, oui, sur une montagne extrêmement haute que je n'avais encore jamais vue et sur laquelle je n'avais encore jamais mis le pied.

8:9 Et… lorsque j'eus prié le Seigneur,

je vis un champ vaste et spacieux.

8:13 Et comme je jetais les regards autour de moi… je vis une rivière d'eau…
8:32 … Et… beaucoup furent noyés dans les profondeurs de la source…


8:23 Et il arriva qu'il s'éleva un brouillard de ténèbres; oui, un brouillard de ténèbres extrêmement grand, au point que ceux qui s'étaient engagés dans le sentier perdirent leur chemin, de sorte qu'ils s'éloignèrent et se perdirent.


12:17… Et les brouillards de ténèbres sont les tentations du diable, qui aveuglent les yeux, et endurcissent le cœur des enfants des hommes…

Au chapitre 2, la vision de Zosime progresse tandis qu'il suit les directives de Dieu, ne sachant pas où on le conduit, jusqu'à ce qu'il soit épuisé par le voyage. Après une prière prolongée, il est enlevé dans un endroit à côté d'une rivière qui se révèle être une barrière de nuage et d'eau entre ce monde et le Paradis ou le pays des bienheureux. Ceci fait parallèle avec les visions et les visions anticipatives de Léhi. Léhi, lui aussi, suit son guide divin, mais se trouve bientôt perdu dans les ténèbres (1 Néphi 8:7-8). Lui aussi est apparemment désorienté et las de ses nombreuses heures de voyage quand il demande miséricorde. Il se trouve alors dans un vaste champ à côté d'une rivière, qui constitue aussi une barrière de nuée et d'eau entre le monde orgueilleux et méchant et ceux qui goûtent du fruit de l'arbre de vie, l'objet le plus visible dans le paysage paradisiaque.

Il y a, entre les récits, deux différences qui méritent d'être relevées. Premièrement, pour Zosime, le mur de nuée n’est pas associé au tentateur ; c’est plutôt une barrière qui l’empêche, même lui, d’atteindre le paradis qui se trouve au-delà. Pour Néphi, les brouillards sur la rivière sont les tentations elles-mêmes créées par le diable pour empêcher les enfants des hommes d'atteindre ce paradis. Le principe, dans les deux cas, est le même : rien de mal ne peut enter au Paradis. Mais dans la perspective miséricordieuse et ouverte de Léhi, des multitudes s'avancent résolument vers l'arbre de vie (1 Néphi 8:30) et beaucoup atteignent ce but. Ainsi donc, pour Léhi les brouillards ne sont pas aussi impénétrables que le mur de nuages pour Zosime, dont le récit est ésotérique. Dans son récit, Zosime seul atteint l'autre rive. Deuxièmement, Léhi est déjà du côté Paradis de la rivière lorsqu'il remarque celle-ci, tandis que Zosime doit encore y arriver. On ne nous explique pas comment Léhi atteint le paradis si ce n'est la réflexion qu'il y arrive grâce aux miséricordes du Seigneur (1 Néphi 8:8) ; Ceci concorde avec le fait que Léhi traverse dans les ténèbres (1 Néphi 8: 8) dans lesquelles il ne pouvait rien remarquer en chemin.

Zosime 1 Néphi
3. Et je fus étonné de ces paroles et de la voix qui me disait ces choses.

Et tandis que je priais, voici deux arbres jaillirent de la terre,

beaux et splendides, chargés de fruits odorants.



Et l'arbre de ce côté-ci se pencha et me reçut sur son sommet et s’éleva extrêmement haut au-dessus du milieu de la rivière et l'autre arbre me rencontra et me reçut dans ses branches et, s'inclinant, me déposa sur le sol; et les deux arbres furent soulevés et me déposèrent à l'écart de la rivière de l'autre côté.[Dans cet endroit, je me reposai pendant trois jours et, me levant de nouveau,]

je m'avançai, je ne savais pas vers où, et cet endroit était rempli de beaucoup de parfum et il n'y avait pas de montagne de part et d'autre mais l'endroit était plat et fleuri, tout couronné de guirlandes et tout le pays était beau.   
 

8:10 Et il arriva que je vis un arbre dont le fruit était désirable pour rendre heureux.

8:11 [Le fruit] était très doux, au-delà de tout ce que j'avais jamais goûté auparavant… [et] blanc, au point de dépasser en blancheur tout ce que j'avais jamais vu.

8:19, 24…Et je vis une barre de fer et elle s’étendait le long de la rivière et menait [de l’origine de la source] à l’arbre à côté duquel je me tenais… j'en vis d'autres marcher résolument, et ils s'avancèrent et se saisirent de l'extrémité de la barre de fer; et ils marchèrent résolument au travers du brouillard de ténèbres, s'agrippant à la barre de fer jusqu'à s'avancer et manger du fruit de l'arbre.

8:9, 20 Et il arriva que lorsque j'eus prié le Seigneur, je vis un champ vaste et spacieux… comme si cela avait été un monde.

Au chapitre 3, Zosime traverse la rivière et passe de l’autre côté du mur de nuée en étant soulevé dans les branches d’un des arbres et remis à l’arbre qui se trouve sur la rive opposée. Dans 1 Néphi, ceux qui ne sont pas membres de la famille de Léhi s’agrippent à la barre de fer qui leur permet d’éviter les dangers des brouillards de ténèbres et de la rivière et d’arriver à bon port à l’arbre de vie. Dans les deux cas, l’homme ne peut pas effectuer ce passage sans être aidé.

Pour Zosime, le fait de voir le fruit de l’arbre représente son arrivée dans le pays des bienheureux. Pour Léhi, le fruit est désirable pour rendre (bien)heureux, ce qui symbolise l’amour de Dieu. Le fruit est beau [blanc] et parfumé [doux] dans les deux récits respectivement.

Une fois à l’arbre, Léhi et Zosime décrivent tout deux le paradis qui les entoure comme étant vaste et plat, mettant l’accent sur la présence capitale de l’arbre de vie.

Zosime 1 Néphi
4. Et je vis là un homme nu assis et je me dis en moi-même : ce n’est certainement pas là le tentateur. Et je me souvins que la voix dans la nuée m'avait dit : même le tentateur de ce monde ne peut pas me traverser. Prenant donc courage, je lui dis : Je te salue, frère et il me répondit : Que la grâce de mon Dieu soit avec toi.

Je lui dis de nouveau : Dis-moi, homme de Dieu, qui tu es ? Il me répondit : C'est plutôt à toi de me dire qui tu es. Et je lui répondis et lui dis tout ce qui me concernait et je lui dis que j'avais prié Dieu et qu'il m'avait amené à cet endroit.

Il me répondit : Je sais aussi que tu es un homme de Dieu, car si ce n'était pas le cas tu n'aurais pas pu traverser la nuée, la rivière et l'air. Car la largeur de la rivière est d'environ trente mille pas et la nuée monte jusqu'au ciel et la profondeur de la rivière est jusqu'à l’abîme.
  11:11… je lui parlais comme un homme parle; car je voyais qu'il avait la forme d'un homme; mais néanmoins, je savais que c'était l'Esprit du Seigneur; et il me parlait comme un homme parle avec un autre.



11:2-3 Et l'Esprit me dit: Voici, que désires-tu? Et je dis: Je désire voir les choses que mon père a vues.


15:27-29…l'eau… était la souillure … c'était un gouffre affreux, qui séparait les méchants de l'arbre de vie et aussi des saints de Dieu… c'était une représentation de l'enfer affreux…

Dans ce chapitre, Zosime découvre maintenant un homme apparemment nu, assis à côté de lui. Plus tard il apprendra que cet être exalté n'apparaît que nu aux mortels à cause de la pureté de ses vêtements. Après s'être assuré que l'homme n'est pas le tentateur, Zosime engage poliment la conversation avec lui. Cela peut se comparer quelque peu au récit de Néphi dans lequel il rencontre directement, lui aussi, un être qui a la forme d'un homme. Après que Néphi s'est assuré que c'est l'Esprit du Seigneur, lui et le messager conversent comme le font normalement les hommes, exactement comme Zosime le fait avec son guide. En outre, Léhi mentionne la robe blanche du personnage qui le conduit dans la solitude sombre et désolée (1 Néphi 8:5), correspondant à l'accent que met Zosime sur la pureté des vêtements de son guide.

Dans les deux récits, l'assistant interroge le voyageur. Dans le Récit de Zosime, la première question posée est qui est Zosime, ce qui reflète peut-être de nouveau le caractère ésotérique du Récit. La première question posée à Néphi est simplement : Que veux-tu ? Néphi ne montre aucune hésitation quant à sa dignité ou à son identité comme Zosime le fait ici et au chapitre 6. Néphi, au contraire, aborde directement l'expérience visionnaire comme quelqu'un qui sait fermement et recherche diligemment ce qu'il veut (1 Néphi 10:19).

Finalement, dans le Récit de Zosime, il y a d'autres descriptions de la barrière de nuée et d'eau. La barrière est large et est un abîme et la nuée monte jusqu'au ciel. Bien que le Livre de Mormon ne parle pas de la hauteur du nuage de ténèbres, il le qualifie de : « brouillard de ténèbres extrêmement grand » (1 Néphi 8:23). De même, bien que dans la vision de Léhi la rivière ne semble pas toujours être large (particulièrement là où il est possible de voir les gens qui sont de l'autre côté), Néphi la décrit comme étant « un gouffre grand et terrible » (1Néphi 12:18). Dans les deux récits, la rivière constitue la ligne de démarcation entre les saints justes et les pécheurs profanes et le Livre de Mormon associe explicitement cet abîme au monde d’en bas.

Zosime 1 Néphi
5. Et ayant terminé ce discours, l'homme reprit la parole : Es-tu sorti de la vanité du monde pour arriver ici ?

Je lui dis : Pourquoi es-tu nu ? Il dit : Comment sais-tu que je suis nu ? Tu portes les peaux du bétail de la terre, qui se décomposent avec ton corps ; mais lève les yeux vers les hauteurs du ciel, et vois de quelle nature est mon vêtement.

Et en levant les yeux vers le ciel, je vis que son visage était celui d'un ange,




Et ses vêtements comme l’éclair qui part de l’orient vers l’occident,



et je fus rempli de crainte, pensant que c'était le fils de Dieu,

et je tremblai, tombant par terre.


Et, me donnant la main, il me releva en disant : Lève-toi, moi aussi je suis l’un des bienheureux. Viens avec moi pour que je te conduise aux anciens.

Et, me prenant la main, il s’avança avec moi et me conduisit vers une foule et il y avait dans cette foule des anciens comme des fils de Dieu et des jeunes gens étaient debout à côté des anciens.

Et lorsque je m’approchai d’eux, ils dirent : Cet homme est sorti de la vanité du monde pour venir ici ; venez, supplions le Seigneur et il nous révélera ce mystère.

Assurément la fin n'est pas proche pour que l'homme de vanité arrive ici ? Alors ils se levèrent et supplièrent le Seigneur d'un même accord, et voici deux anges descendirent du ciel et dirent : Ne craignez pas cet homme, car c'est Dieu qui l'a envoyé afin qu'il reste sept jours et apprenne votre mode de vie et ensuite il s'en ira et retournera chez lui. Les anges de Dieu ayant dit cela montèrent au ciel sous nos yeux.
8:26… de l'autre côté de la rivière d'eau…
11:36 …était l'orgueil du monde…





11:14 Et il arriva que je vis les cieux s'ouvrir; et un ange descendit et se tint devant moi…

8:5… je vis un homme, et il était vêtu d'un vêtement blanc;…


1:9… et il vit que son resplendissement surpassait celui du soleil à midi.

11:7… [Et] tu verras aussi un homme descendre du ciel, et tu seras témoin de lui…; et lorsque tu auras été témoin de lui, tu rendras témoignage que c'est le Fils de Dieu.

1:6-7… Et, à cause des choses qu’il vit et entendit, il frémit et trembla extrêmement…et il se jeta sur son lit…

1:10 Et il en vit aussi douze autres le suivre [le Fils de Dieu], et leur éclat dépassait celui des étoiles du firmament.






11:36… [Et] l'orgueil du monde… tomba, et sa chute fut extrêmement grande… C'est ainsi que sera la destruction [des méchants].





11:12… Et je regardai comme pour le contempler, et je ne le vis plus, car il s'était retiré de ma présence.

Dans les deux récits, le vêtement permet de distinguer facilement les justes des méchants. Dans Zosime, l'assistant fait remarquer à quel point le monde est vain, portant des vêtements de peau qui se décomposent avec le corps, tandis que les bienheureux portent des vêtements radieux aussi brillants que l'éclair. Dans 1 Néphi, l'orgueil de ceux qui se trouvent dans le vaste et spacieux édifice est expressément associé à leurs vêtements extrêmement beaux mais insensés.

Ce nouveau guide demande ensuite à Zosime de lever les yeux au ciel pour observer les éléments dont ses vêtements ont été faits. En voyant que son visage est angélique et que ses vêtements sont comme l'éclair, Zosime est frappé de crainte, pensant qu'il est en présence du Fils de Dieu. Toutefois le guide lui assure qu'il n'est qu'un des bienheureux et le conduit auprès des anciens qui ressemblent, eux aussi, à des fils de Dieu. Les anciens sont tout d'abord sceptiques, mais ils reçoivent Zosime quand deux anges se portent garants de lui. Les parallèles entre cette transition dans le Récit de Zosime et des passages du Livre de Mormon n'ont qu'une importance modérée. Les visions du divin se présentent habituellement avec éclat et avec des tremblements, de sorte que la ressemblance entre la vision de Léhi et celle de Néphi n'est pas singulière à cet égard. Ce qui est un peu plus remarquable, c'est que Léhi voit un groupe de disciples comme le Fils de Dieu et qu’il reçoit même un livre de l'un d'eux (1 Néphi 1:11) tout comme Zosime va recevoir un livre des anciens dont il est également dit qu'ils sont comme des fils de Dieu, auxquels il a été présenté. Mais les douze de Léhi n’ont pas besoin d’une attestation par les anges avant de présenter à Léhi le livre des calamités de Jérusalem. Cependant, dans le cas de Néphi, l'Esprit s'en va après avoir présenté Néphi à un ange qui va continuer l'enseignement.

Zosime 1 Néphi
6. Alors les anciens des bienheureux me confièrent à l'un des assistants en disant : Garde-le pendant sept jours. Ainsi donc, l'assistant qui me reçut me conduisit à sa caverne et nous nous assîmes en dessous d'un arbre pour prendre de la nourriture. Car de la sixième heure jusqu'à la sixième nous mangeâmes et l'eau sortit de la racine de l'arbre plus douce que le miel, et nous bûmes à satiété et l'eau descendit de nouveau jusqu'à sa place.

Et tout le pays de ceux qui étaient là-bas entendit parler de moi, qu'un homme était sorti de la vanité du monde pour aller chez eux et tout le pays fut en émoi et ils vinrent me voir parce que cela leur paraissait étrange. C'est pourquoi ils me questionnèrent sur tout et je leur répondis et je devins faible d'esprit et de corps et suppliai l'homme de Dieu qui me servait et dis : Je t'en supplie, frère, s’il y en a qui viennent me voir, dis-leur : Il n'est pas là, pour que je puisse me reposer un peu.

Et l'homme de Dieu s'écria en disant : malheur à moi, que l'histoire d'Adam soit résumée en moi, car Satan l'a trompé par l'intermédiaire d'Ève et cet homme par sa flatterie désire faire de moi un menteur pendant qu'il est ici. Que l’on m’enlève d’ici, car je vais fuir cet endroit. Car voici, il souhaite semer en moi les semences du monde de la vanité. Et toute la multitude et les anciens se dressèrent contre moi et dirent : Éloigne-toi de nous, homme ; nous ne savons pas d'où tu nous es venu.

Mais je me lamentai d'une grande lamentation et mes sens m'abandonnèrent et je m’écriai aux anciens, disant : Pardonnez-moi, mes seigneurs, et les anciens se calmèrent et firent silence. Alors je leur racontai tout depuis le commencement jusqu'à ce moment-là et dis : J'ai supplié le Seigneur de pouvoir venir à vous et il m'a jugé digne.

Et les anciens dirent : Et maintenant que veux-tu que nous te fassions ? Je leur dis : Je désire apprendre de vous votre mode de vie.
8:11 Et il arriva que je m'avançai et que j'en mangeai du fruit…



11:25 … je vis… la source d'eau vive… l'arbre de vie ; laquelle eau est une représentation de l'amour de Dieu; et je vis aussi que l'arbre de vie était une représentation de l'amour de Dieu.




8:25 Et lorsqu'ils eurent mangé du fruit de l'arbre, ils jetèrent les regards autour d'eux comme s'ils étaient honteux.



[2 Néphi 2:18… C'est pourquoi, il (Satan) dit à Ève, oui, le serpent ancien, qui est le diable, qui est le père de tous les mensonges…]
[2 Néphi 2:19 Et lorsqu'Adam et Ève eurent pris du fruit défendu, ils furent chassés…]


8:36-37 Il (Léhi) craignait extrêmement pour Laman et Lémuel... et il les exhorta alors, avec toute la ferveur d'un père tendre… dans l'espoir que le Seigneur serait peut-être miséricordieux envers eux et ne les rejetterait pas…


11:2-3 Et l'Esprit me dit: Voici, que désires-tu? Et je dis: Je désire voir les choses que mon père a vues.

Ici Zosime accompagne ses assistants jusqu'à un jardin de paradis où il mange et boit pendant sept jours à l'un des arbres. Il est significatif que cet arbre donne aussi bien la nourriture que la boisson, toute la nourriture dont les bienheureux ont besoin. Bien que le texte du Livre de Mormon soit ambigu, il apparaît que Néphi attribue à l'arbre de vie aussi bien la fonction de fournir de l'eau que celle de porter du fruit. Les deux fonctions sont mentionnées ensemble et les deux sont assimilées à l'amour de Dieu (1 Néphi 11:25). Ce serait remarquable si les deux textes contenaient cette combinaison inhabituelle de l'arbre et de la source, où la racine de l'arbre est, elle-même, aussi une source, pas simplement un arbre qui pousse à côté d'une source d'eau, puisque ce genre d'image est rare.

Une multitude se réunit pour examiner le nouveau venu et l'interroger. Dans Zosime, cette multitude de justes fatigue le voyageur à tel point qu'il voudrait qu'on ne le dérange pas. Dans 1 Néphi, la foule méchante du grand et spacieux édifice remplit un rôle du même genre, de sorte que ceux qui s’avancent vers l'arbre se sentent mal à l’aise et ont tendance à s’en écarter. Dans Zosime, le péché qui est commis est un mensonge. Dans Léhi, le péché est commis par ceux qui deviennent honteux et tombent dans des sentiers interdits.

Les deux récits renvoient à l'histoire d'Adam et tous deux mettent l’accent sur le rôle des mensonges et de la flatterie dans la rencontre avec Satan dans le jardin de d'Éden. Mais ce détail ne peut pas avoir beaucoup d'importance, même si c'est l'un des rares motifs de l'Ancien Testament qui reçoivent une attention théologique substantielle dans les déclarations qui peuvent êtres attribués à Léhi, étant donné que les réflexions de Léhi concernant Adam appartiennent à un contexte totalement différent et ne sont pas trop éloignées du récit de la Genèse également connu de l'auteur de Zosime.

Pour son péché, Zosime est presque expulsé du pays des bienheureux. Il se lamente et demande rapidement et reçoit le pardon des anciens et leur raconte tout ce qui est arrivé jusqu'à ce moment-là. Léhi est également extrêmement sensible aux conséquences du péché. Bien qu'il ne se lamente pas sur l'un quelconque de ses péchés ni ne craigne son expulsion, il craint profondément pour ses deux fils aînés et espère de toutes ses forces qu'ils recevront le pardon.

Après avoir ainsi prouvé sa dignité et son identité, Zosime est maintenant prêt à répondre à la question « Que veux-tu? » Comme Néphi, il dit qu'il désire apprendre le mode de vie.

Zosime 1 Néphi
7. Et ils se réjouirent d’une grande joie.


Et, prenant des tables de pierre, ils écrivirent dessus avec les ongles, disant : Écoutez, fils des hommes, écoutez-nous qui sommes devenus bienheureux, que nous sommes aussi des vôtres ;

car lorsque le prophète Jérémie proclama que la ville de Jérusalem allait être livrée entre les mains des destructeurs,





il déchira ses vêtements, et se ceignit les reins de sac et répandit de la poussière sur sa tête et il mit de la terre sur son lit et dit à tout le peuple de se détourner de sa voie mauvaise.

Et notre père Récab, fils d’Aminadab l'entendit et il dit : Fils et filles de Récab, écoutez votre père, et ôtez vos vêtements et ne buvez aucun récipient de vin et ne mangez pas de pain sortant du feu et ne buvez pas de boissons fortes ou de miel jusqu'à ce que le Seigneur entende votre supplique.

Et nous dîmes : Tout ce qu'il nous a commandé nous le ferons et nous écouterons.

Nous ôtâmes donc nos vêtements et nous ne mangeâmes pas de pain sorti du feu et ne bûmes aucune coupe de vin ni de miel ni de boisson forte et nous nous lamentâmes d'une grande lamentation et suppliâmes le Seigneur et il entendit notre prière et détourna sa colère de la ville de Jérusalem et la miséricorde du Seigneur vint sur la ville de Jérusalem et il s'apitoya sur son peuple et détourna sa colère mortelle.
11:6.. ; l'Esprit s’écria d’une voix forte disant : Hosanna au Seigneur…

1:11 Et ils descendirent… et le premier vint se tenir devant mon père, et lui donna un livre, et lui commanda de lire.
19:1… je fis des plaques de métal, afin d'y graver les annales de mon peuple…

1:4… beaucoup de prophètes [Jérémie], prophétisant au peuple qu'il devait se repentir, sinon la grande ville de Jérusalem serait détruite.
[Cf. 7:14, 5:13.]
1:13 … qu'elle serait détruite ainsi que ses habitants; beaucoup périraient par l'épée et beaucoup seraient emmenés captifs à Babylone.

1:4… prophétisant au peuple qu'il devait se repentir...


2:2-4… le Seigneur commanda à mon père, en songe, de prendre sa famille et de partir dans le désert… Et il quitta sa maison, et le pays de son héritage, et son or, et son argent, et ses choses précieuses…


3:7… moi, Néphi, je dis à mon père: J'irai et je ferai la chose que le Seigneur a commandée…

1:5-6, 14 […et il (Léhi)] pria le Seigneur, oui, même de tout son cœur, en faveur de son peuple…et il vit et entendit beaucoup de choses; et… il dit, en s'exclamant… Grandes et merveilleuses sont tes œuvres, ô Seigneur Dieu Tout-Puissant! Ton trône est haut dans les cieux, et ta puissance, et ta bonté, et ta miséricorde sont sur tous les habitants de la terre; et, parce que tu es miséricordieux, tu ne souffriras pas que ceux qui viennent à toi périssent!
8. Et après ces choses, le roi de la ville de Jérusalem mourut et il s'éleva un autre roi. Et tout le peuple se rassembla auprès de lui et l'informa à notre sujet et dit : Il y en a parmi ton peuple qui ont changé leur façon de vivre par rapport à nous. C'est pourquoi le roi les convoqua et leur demanda pourquoi ils avaient fait cela ; et il les fit venir et demanda : Qui êtes-vous et de quel culte et de quel pays ? Et nous lui dîmes : Nous sommes les fils de ton serviteur, et notre père est Récab, fils de Jonadab, et quand Jérémie le prophète a prêché du temps de ton père le roi, il a proclamé la mort pour la ville de Jérusalem en disant : Encore trois jours et toute la ville sera mise à mort. Et le roi ton père, en entendant cela, s'est repenti de ses péchés et a donné ordre à tout le monde de se détourner de ses voies mauvaises. Et notre père, ton serviteur, en entendant cela, nous a donné ce commandement : Ne buvez aucune coupe de vin, et ne mangez pas de pain sorti du feu jusqu'à ce que le Seigneur entende votre supplique. Et nous avons écouté le commandement de notre père et nous avons dénudé notre corps, nous n’avons pas bu de vin et nous n’avons pas mangé de pain et nous avons prié le Seigneur pour la ville de Jérusalem et le Seigneur a eu pitié de son peuple et a détourné sa colère et nous l’avons vu et notre âme s’est réjouie et nous avons dit : Il est bon que nous soyons comme cela. 1:20 Et lorsque les Juifs entendirent ces choses, ils furent en colère contre lui… et ils attentèrent aussi à sa vie…
9. Et le roi nous dit : Vous avez bien fait. Mêlez-vous donc à mon peuple, et mangez du pain et buvez du vin, et glorifiez votre Seigneur et vous servirez Dieu et le roi. Mais nous dîmes : Nous ne désobéirons pas à Dieu.

Alors le roi fut irrité et il nous mit en prison et nous y passâmes cette nuit-là.

Et voici, une lumière brilla dans le bâtiment et un ange découvrit la prison et se saisit du sommet de notre tête et nous fit sortir de prison et nous déposa à côté de l'eau de la rivière

et nous dit : Où que l'eau aille, allez-y aussi.

Et nous voyageâmes avec l'eau et avec l'ange.
C'est pourquoi quand il nous eut emmenés à cet endroit, la rivière était asséchée et l'eau était engloutie par l'abîme et il fit un mur autour de ce pays, et un mur de nuée arriva et plana au-dessus de l'eau.


et il ne nous dispersa pas sur toute la terre, mais nous donna ce pays.
 

2:3 …il … fut obéissant à la parole du Seigneur, c'est pourquoi il fit ce que le Seigneur lui commandait.

7:14 … et ils ont jeté Jérémie en prison...

2:6… lorsqu'il eut voyagé trois jours dans le désert, il dressa sa tente dans une vallée au bord d'une rivière d'eau.

17:8 Et … le Seigneur me parla, disant… de l'autre côté de ces eaux.

18:8 … nous prîmes la mer et fûmes poussés par le vent vers la terre promise.

[Jacob 7:26… notre vie a passé pour nous comme un rêve, nous qui sommes un peuple solitaire et grave, un peuple errant, chassé de Jérusalem…
[2 Néphi 3:5 … une branche qui serait rompue…

10:13 C'est pourquoi il fallait, dit-il, que nous fussions conduits d'un commun accord à la terre de promission pour accomplir la parole du Seigneur que nous serions dispersés sur toute la surface de la terre.
[Cf. 1 Né 18:23 et 3 Né. 15:15.]

Les chapitres 7 à 9 de Zosime contiennent l'histoire d'un petit groupe de personnes qui sont sauvés des ravages d'un roi non repentant et de Babylone pendant le ministère du prophète Jérémie (voir Jérémie 35:1-19). Le Récit de Zosime ressemble de manière remarquable à l'histoire générale de 1 Néphi, de sorte qu'il n'y a pas grand-chose à faire comme commentaire.

Remarquez en particulier l'usage de plaques malléables dans les deux documents et les allusions à une destruction imminente, à la nécessité du repentir, au père qui emmène le groupe et à l'obéissance et au sacrifice des disciples justes, à la délivrance par un ange (cf. 1 Néphi 3:29), et à la traversée de la mer jusqu'à la terre de promission en rapport avec la dispersion d'Israël, chacun de ces points étant commun aux deux récits. Les parallèles ici sont plus indirects, alors qu'ils étaient plus directs dans les chapitres précédents.

Les chapitres 7 à 9 du Récit en sont l’élément central. Cette section est stylistiquement et sans doute historiquement antérieure au reste du Récit, [11] et il n'est donc pas déraisonnable de croire que les racines historiques des traditions préservées ici sont vraiment très anciennes.

Zosime 1 Néphi
 



10. Écoutez, fils des hommes, écoutez le mode de vie de la vie des bienheureux. Car Dieu nous a placés dans ce pays, car nous sommes saints mais pas immortels. Car la terre produit des fruits très parfumés et du tronc des arbres coule une eau plus douce que le miel, et c’est là notre nourriture et notre boisson.



Nous prions aussi nuit et jour et c’est là tout ce que nous faisons.

Écoutez, fils des hommes, chez nous il n’y a pas de vigne, ni de champ labouré, ni d’ouvrage de bois ou de fer, nous n’avons pas non plus de maison ni de bâtiment, ni de feu, ni d’épée, ni de fer travaillé ou non travaillé, ni d’argent, ni d’or, ni d’air trop lourd ou trop frais.



Aucun parmi nous ne prend de femme, si ce n'est juste assez longtemps pour engendrer deux enfants, et après avoir fait deux enfants, ils se retirent l'un de l'autre et continuent dans la chasteté, ne sachant pas qu'ils ont jamais connu les relations matrimoniales, mais étant dans la virginité comme depuis le début. Et l'un des enfants reste pour le mariage et l'autre pour la virginité.


Et il n'y a pas de calcul du temps, ni des semaines ni des mois ni des années, car notre jour est un seul jour.

Dans nos cavernes se trouvent les feuilles d’arbres, et c'est notre lit sous les arbres.

Mais nous ne sommes pas nus de corps comme vous l’imaginez à tort, car nous avons le vêtement d’immortalité et nous n’avons pas honte les uns des autres.


À la sixième heure de chaque jour nous mangeons, car le fruit de l'arbre tombe de lui-même à la sixième heure et nous mangeons et nous buvons à satiété et de nouveau l'eau redescend à sa place. Nous vous connaissons aussi, vous qui êtes là-bas dans le monde et qui êtes dans le péché et vos œuvres,

car chaque jour les anges du Seigneur viennent nous les raconter ainsi que le nombre de vos années.

Mais nous prions le Seigneur pour vous parce que nous sommes aussi d’entre vous et de votre race sauf que Dieu nous a choisis et nous a mis en ce lieu sans péché.

Et les anges de Dieu demeurent avec nous tous les jours et nous disent tout ce qui vous concerne.




Et nous nous réjouissons avec les anges des œuvres des justes mais pour ce qui est des âmes des méchants, nous nous lamentons, priant le Seigneur pour qu’il arrête sa colère et épargne vos offenses.

[On trouvera ici quelques parallèles plus faibles provenant de différentes sections de Néphi,
Jacob, Énos, Alma et Mormon.]

18:24-25 … nous mîmes dans la terre toutes les semences… elles poussèrent d'une manière extraordinaire; c'est pourquoi nous fûmes bénis en abondance.
8:11 …(le) fruit… était très doux, au-delà de tout ce que j'avais jamais goûté auparavant...
17:4-5 Et nous séjournâmes pendant de nombreuses années, oui, huit années dans le désert. Et nous arrivâmes au pays que nous appelâmes Abondance à cause de la grande quantité de ses fruits et aussi de son miel sauvage…

[Alma 34:21 Invoquez-le dans vos maisons, oui, pour toute votre maison, le matin, à midi et le soir.

18:25… nous trouvâmes sur la terre de promission, tandis que nous voyagions dans le désert, qu'il y avait des bêtes de toutes sortes dans les forêts, la vache et le bœuf, et l'âne et le cheval, et la chèvre et la chèvre sauvage, et toutes sortes d'animaux sauvages, qui étaient pour l'usage de l'homme. Et nous trouvâmes toutes sortes de minerais, oui, d'or, et d'argent, et de cuivre.

[Jacob 2:25-28 C'est pourquoi, ainsi dit le Seigneur: J'ai conduit ce peuple hors du pays de Jérusalem par la puissance de mon bras, afin de me susciter une branche juste du fruit des reins de Joseph. C'est pourquoi, moi, le Seigneur Dieu, je ne souffrirai pas que ce peuple fasse comme ceux d'autrefois… car aucun homme parmi vous n'aura plus d'une épouse; et de concubines il n'en aura aucune; car moi, le Seigneur Dieu, je fais mes délices de la chasteté des femmes…]

[Alma 40:8 … tout est comme un jour pour Dieu, et le temps n'est mesuré que pour les hommes.




12:11 Et l'ange me dit: Regarde! Et je regardai et vis trois générations passer dans la justice; et leurs vêtements étaient blancs comme l'Agneau de Dieu. Et l'ange me dit: Ceux-ci sont blanchis dans le sang de l'Agneau, à cause de leur foi en lui.

[Mormon 8:35-36 Voici, je vous parle comme si vous étiez présents, et cependant vous ne l'êtes pas… et je sais ce que vous faites… vos Églises, oui, toutes, sont devenues souillées…]



[Mormon 8:35… Mais voici, Jésus-Christ vous a montrés à moi…]

1:5… Léhi, tandis qu'il était en chemin, pria le Seigneur, oui, même de tout son cœur, en faveur de son peuple.


11:8, 12-13… l'Esprit me dit: Regarde! Et je regardai et vis… la grande ville de Jérusalem et aussi d'autres villes…

[2 Néphi 1:4 Car voici, dit-il, j'ai eu une vision par laquelle je sais que Jérusalem est détruite…]

[Énos 9, 11… je commençai à éprouver du désir pour le bien-être de mes frères… c'est pourquoi je déversai mon âme tout entière à Dieu pour eux.]

Ici et dans les chapitres qui suivent, Zosime reçoit un enseignement concernant la vie parmi ces bienheureux. Il apprend tout d’abord comment est le monde dans lequel ils vivent. Comme c’est le cas dans la terre promise des Néphites, le pays des bienheureux dans le Récit de Zosime est décrit comme un pays idéal qui donne presque sans effort des fruits et tout ce qui est nécessaire à la vie. Les choses matérielles de la vie sont en riche abondance pour les justes.

On l’instruit ensuite sur deux aspects de la vie des justes : la prière et la chasteté. Dans la plupart des versions du Récit, ces principes sont présentés sous la forme d’une vie ascétique ou monastique, ne laissant de place qu’à des écarts minimes par rapport à la prière constante et à l’abstinence sexuelle pour vaquer aux nécessités de la vie et à la perpétuation de l’espèce. Si ceci peut s’expliquer par la probabilité que ces sections du Récit ont fait l'objet d'interpolations importantes par des auteurs ultérieurs, il vaut malgré tout la peine de remarquer que la chasteté et la prière comptent parmi les enseignements religieux pratiques que l'on trouve sur les petites plaques de Néphi.

Zosime apprend ensuite que le peuple du pays des bienheureux ne fait pas le calcul du temps du fait que sa vie est comme un jour. Étant en dehors du temps, ils approchent de l'immortalité. Dans une partie plus tardive du Livre de Mormon, Alma dit aussi que le temps ou la durée de la vie n'est mesuré que pour les mortels.

Comme au chapitre 5 ci-dessus, le Récit mentionne en particulier les vêtements d'immortalité portés par les justes. Ces « vêtements », ce sont les pouvoirs immortels que ces gens possèdent.

Finalement, Zosime est informé du grand souci que les bienheureux se font pour ceux qui sont encore dans le monde. Tous les jours les anges parlent aux bienheureux des péchés et des œuvres des habitants du monde ; et les bienheureux prient pour ces personnes, demandant en particulier que le Seigneur détourne d'elles sa colère. Il y a là un haut niveau de correspondance avec les textes du Livre de Mormon qui disent que les Néphites entretenaient de profondes préoccupations à l'égard de ceux qui restaient dans le vieux monde. Eux aussi recevaient des révélations concernant la vie de ceux qu'ils avaient laissés derrière eux et une préoccupation majeure des prophètes du Livre de Mormon est de prier pour ceux qu'ils savent risquer la colère de Dieu.

Il n'y a pas de ressemblances précises entre le Livre de Mormon et le Récit dans la petite partie restante de celui-ci. Aux chapitres 13 à 15, Zosime apprend comment les âmes des justes sont enlevées auprès de Dieu quand elles sont appelées. Cela n'a qu'un parallèle très général avec les déclarations du roi Benjamin dans Mosiah 2:26-28 où il attend son propre retour auprès de Dieu. Aux chapitres 16 et 17, le Récit suit le retour de Zosime du pays des bienheureux vers le désert profane où il a commencé. Il peut être important, quand on évalue la signification que ce Récit a pu avoir pour les premiers chrétiens, de noter qu’il est dit que Zosime a rapporté les tablettes sur lesquelles avait été inscrite l'histoire de ces personnes et les instructions qu'il avait reçues. En retournant dans sa caverne, Zosime érige cette connaissance en alliance (ou testament).

Certains manuscrits du Récit de Zosime contiennent un post-scriptum dans lequel le diable et 1.360 démons tentent et tourmentent Zosime après son retour dans le monde. Par la prière et la connaissance qu’il a acquise, Zosime vainc le diable, qui accepte de ne plus tenter les hommes. Zosime utilise la connaissance et l'alliance reçues pendant son voyage comme un grand bouclier contre les pouvoirs du diable. On peut peut-être discerner ici un dernier point de contact, étant donné que le Livre de Mormon promet aussi que la connaissance de ceux qui ont été dispersés reviendra et que les forces du mal seront ainsi finalement vaincues (voir, par exemple, 1 Néphi 13-14).

Conclusion

En dépit des nombreuses ressemblances relevées dans cet article entre le Livre de Mormon et le Récit de Zosime, il est difficile de tirer des conclusions précises concernant d’éventuels rapports directs ou, d’autre part, l'indépendance de ces documents l’un par rapport à l’autre. Nous en savons tout simplement trop peu sur l’auteur et la transmission du Récit de Zosime pour nous hasarder à porter un jugement quelconque concernant le genre d’expériences spirituelles que son auteur a eues par comparaison avec les visions et avec les révélations de Léhi. De même, nous ne pouvons pas savoir avec précision quelle influence le contexte littéraire ou culturel général a pu avoir sur ceux qui ont eu la responsabilité de la rédaction et de la transmission du Récit de Zosime, pas plus d’ailleurs que sur Néphi quand il fait le récit de ses inspirations et de celles de son père. Peut-être qu’un jour nous aurons une connaissance plus importante pour déterminer les liens éventuels entre ces deux curieux récits antiques [12].

Mais entre-temps, il semble à la fois raisonnable et constructif de continuer à étudier ces deux textes ensemble. Les deux méritent une plus grande attention, et l’on ne doit pas commettre l’erreur de considérer l’un ou l’autre d’entre eux comme n’ayant pas sa place dans le judéo-christianisme ancien. Avant que l’on ne prenne conscience de ressemblances comme celles qui existent entre le Livre de Mormon et le Récit de Zosime, il était possible de lisser en suspens tout intérêt pour le Livre de Mormon en se demandant pourquoi il n’existait aucun autre livre dans le Proche-Orient ancien qui lui ressemblât fortement. À cet égard, on n’a plus de question à se poser.

NOTES

[1] La traduction anglaise apparaît dans Alexander Roberts et James Donaldson, dir. de publ., The Ante-Nicene Fathers: Translations of the Writings of the Fathers down to A.D. 325, 24 vols., Edinburgh, T. and T. Clark, 1867-1872, suppl. vol. 10, pp. 220-224.
[2] James H. Charlesworth, Pseudepigrapha and Modern Research, Missoula, Mont., Scholars Press for the Society of Bibilical Literature, 1976, pp. 223-228.
[3] Le nom Zosime lui-même n’apparaît pas dans les manuscrits les plus anciens. Plus tard, Zosime sera aussi le nom donné à un moine chrétien vénéré, qui, selon une tradition arménienne, vivait sur une montagne à Schizia, une île de la mer Ionienne.
[4] Charlesworth, Pseudepigrapha and Modern Research, pp. 223-228.
[5] Id., p.225.
[6] Le professeur Charlesworth déclare avoir examiné à Paris, Oxford, Londres et Manchester des manuscrits de ce document écrits en grec, en syriaque, en éthiopien et en karshuni. Sa traduction anglaise de Zosime paraîtra dans la prochaine édition des Pseudepigrapha chez Doubleday et il y aura bientôt une nouvelle édition du texte grec, syriaque et éthiopien dans la série SBL Pseudepigrapha.
[7] Il existe des traductions anglaises du grec (voir note 1), du syriaque, qui n’a pas encore été publiée par le Dr Charlesworth, et de l’éthiopien, qui paraît dans E. A. W. Budge, The Life and Exploits of Alexander the Great, Londres, Clay, 1896, 2:555-584.
[8] Id., p. 560.
[9] Je comprends lithinoi (littéralement “semblables à de la pierre”) comme englobant les plaques malléables puisque le Récit dit que ces gens écrivaient sur ces tablettes à laide de leurs ongles (voir le chapitre 7).
[10] La version syriaque, par exemple, est substantiellement la même que la grecque. Par contre, le texte éthiopien est plus tardif et diffère à de nombreux égards de la tradition de base.
[11] Les chapitres 1 et 8 découlent directement du récit de Léhi. Néphi et Léhi reçurent la même vision (voir 1 Néphi 14:29). Le chapitre 11 fait partie du récit de cette vision fait par Néphi.
[12] Charlesworth, Pseudigrapha and Modern Research, pp. 223-228.
[13] Il se peut, par exemple, que nous en sachions un jour plus sur les enseignements des mystérieux Récabites, un groupe religieux semi-nomade qui se trouvait dans les déserts du sud d’Israël vers l’époque de Léhi (2 Rois 10:15-17). Ceci pourrait se révéler opportun puisque Récab est expressément mentionné dans le Récit de Zosime et que Léhi a pu avoir un contact avec ce groupe. Deuxièmement, il se pourrait aussi qu’un rituel connu de Léhi et de l’auteur du Récit de Zosime soit à la base de ces textes. Le Récit peut être perçu comme le compte rendu voilé d’une cérémonie dans laquelle l’initié quitte le monde par un jardin paradisiaque, par-delà un conflit avec un roi méchant pour passer dans un milieu où il reçoit des instructions qui sont finalement érigées en alliance. (Cf. Hugh W. Nibley, The Message of the Joseph Smith Papyri,Salt Lake City, Deseret Book, 1975,, spéc. pp. 255-283.

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