LE PHARE DANS LE HAVRE DE PAIX

Par Howard W. Hunter (1907-1995)
Président du Collège des douze apôtres au moment où il fait ce discours
Howard W. Hunter a été le 14e président de l’Eglise, de juin 1994 à mars 1995

Malgré les espoirs qu’inspirent les progrès de ces dernières années, de nombreuses régions du monde sont encore pleines de violence, de chagrin et de désespoir. Nous avons le cœur déchiré et nous sommes touchés d’entendre parler chaque jour, par les nouvelles locales et mondiales, d’un autre conflit, d’autres souffrances et, bien trop souvent, de guerres réelles. Il est certain que nous prions pour que le monde devienne un endroit plus agréable à vivre, pour voir plus d’intérêt et d’égards réciproques et pour que la cause de la paix et du réconfort soit soutenue partout et étendue à tous les peuples.

Dans la recherche de cette paix et de ce réconfort, qu’il me soit permis de citer une grande voix du passé : « Pour faire du monde un meilleur séjour…, la première et plus importante étape consiste à choisir un dirigeant infaillible, dont les enseignements n’ont jamais été mis en défaut dans la pratique. Dans l’agitation et l’insécurité de la mer, le barreur doit être capable, malgré la tempête, de voir le phare dans le havre de paix » (David O. McKay, Man May Know for Himself, 1967, p.407).

Il n’est, dans l’univers, qu’une seule main directrice, qu’une seule lumière vraiment infaillible et qu’un seul phare certain pour le monde entier. Cette lumière, c’est Jésus-Christ, la lumière et la vie du monde, lumière qu’un prophète du Livre de Mormon a décrite comme « une lumière… infinie, qui pourra jamais être obscurcie » (Mosiah 16:9).

Pour nous, les femmes, les hommes, les familles, les communautés, les pays, qui recherchons le rivage de la sécurité et de la paix, le Christ est finalement le seul phare auquel nous puissions nous fier. C’est lui qui a dit à propos de sa mission : « Je suis le chemin, la vérité et la vie » (Jean 14:6).

A notre époque, comme à toutes celles qui ont précédé et à toutes celles qui suivront, ce dont le monde a le plus grand besoin, c’est d’une foi active et sincère dans les enseignements fondamentaux de Jésus de Nazareth, le Fils vivant du Dieu vivant. Beaucoup rejettent ces enseignements et c’est une raison supplémentaire pour que les croyants sincères en l’Evangile de Jésus-Christ en proclament la vérité et montrent, par l’exemple, la puissance et la paix d’une vie juste et pleine de douceur.

Voyez, par exemple, ce commandement du Christ à ses disciples. Il a dit « Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent et vous persécutent » (Matthieu 5:44).

Imaginez ce que cette exhortation, à elle seule, ferait dans votre voisinage et dans le mien, dans le milieu dans lequel vous et vos enfants vivez, dans les pays qui constituent notre grande famille humaine. Je me rends compte qu’il y a là un grand défi à relever, mais celui-ci est beaucoup plus agréable que ceux de la guerre, de la pauvreté et de la souffrance que le monde continue à endurer.

Comment sommes-nous censés réagir quand nous sommes agressés, incompris, traités de manière injuste ou méchante ou quand on pèche vis-à-vis de nous ? Que sommes-nous censés faire si ceux que nous aimons nous blessent, si un avancement professionnel nous échappe, si nous sommes faussement accusés ou si nos motivations sont injustement attaquées ?

Rendons-nous la pareille ? Envoyons-nous un bataillon encore plus grand ? Revenons-nous à la loi du talion ?

Nous avons tous des occasions importantes de faire preuve d’esprit chrétien et nous devrions essayer de le faire en tout temps. Par exemple, nous pouvons tous être un peu plus miséricordieux. Dans la révélation moderne, le Seigneur a dit : « Dans les temps anciens, mes disciples cherchaient à s’accuser les uns les autres et ne se pardonnaient pas les uns aux autres dans leur coeur ; et pour ce mal, ils furent affligés et sévèrement châtiés.

« C’est pourquoi je vous dis que vous devez vous pardonner les uns aux autres ; car celui qui ne pardonne pas à son frère ses offenses est condamné devant le Seigneur, car c’est en lui que reste le plus grand péché.

« Moi, le Seigneur, je pardonne à qui je veux pardonner, mais de vous il est requis de pardonner à tous les hommes » (D&A 64:8-10).

Par la majesté de sa vie et l’exemple de ses enseignements, le Christ nous a donné beaucoup de conseils toujours assortis de promesses sûres. Il a enseigné avec une grandeur et une autorité qui remplissaient d’espoir les érudits et les ignorants, les riches et les pauvres, les personnes saines et les malades.

Je crois fermement que si nous, en tant qu’individus, en tant que familles, collectivités et nations, nous pouvions, comme l’apôtre Pierre, fixer les yeux sur Jésus, nous pourrions, nous aussi, marcher triomphalement sur « les eaux tumultueuses de l’incrédulité » et rester « calmes malgré le vent du doute qui se lève autour de nous » (voir Frederic W. Farrar, The Life of Christ, 1994, p. 313). Cependant, si nous détournons les yeux de celui en qui nous devons croire, comme il est si facile et comme le monde est tellement tenté de le faire, si nous regardons la puissance et la fureur de ces éléments terribles et destructeurs qui nous entourent au lieu de le regarder, lui, qui peut nous aider et nous sauver, alors, nous nous enfonçons inévitablement dans un océan de conflits, de chagrin et de désespoir.

En de tels moments, quand nous sentons que les flots menacent de nous noyer et que l'abîme va engloutir le vaisseau malmené de notre foi, je prie pour que nous entendions toujours, au coeur de la tempête et des ténèbres, ces douces paroles du Sauveur du monde : « Rassurez-vous, c’est moi, n’ayez pas peur ! (Matthieu 14:27.)

Extrait d’un discours de la conférence générale d’octobre 1992.
 

 

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