LES MEMBRES DE L’ÉGLISE NOUS PARLENT

« MALGRÉ LES CONSÉQUENCES »

Nous avons la bénédiction de vivre dans un monde régi par des lois. Nous savons que si nous faisons certains actes, des résultats précis en découleront - toujours. Par exemple, nous pouvons avec confiance placer un pied devant l'autre parce que nous savons que la loi de la pesanteur nous maintiendra ancrés à la terre en toute sécurité. Ce principe du monde physique vaut aussi pour le monde spirituel. Joseph Smith, le prophète, a enseigné . « Il y a une loi . . . sur laquelle reposent foutes les bénédictions ; et lorsque nous obtenons une bénédiction quelconque de Dieu, c'est par l'obéissance à cette loi » (D&A 130:20-21). C'est la raison pour laquelle nous ne devons jamais avoir peur de faire ce que notre Père céleste nous demande. Comme l'illustrent les histoires suivantes, que nous recherchions sa vérité, que nous fassions le sacrifice de biens matériels ou que nous lui fassions confiance, nous savons que notre foi sera récompensée toujours. Il se peut que nous n'arrivions pas à prévoir les résultats, mais nous pouvons être sûrs qu'ils nous seront favorables. Richard G. Scott, du Collège des douze apôtres, nous dit : « Tout au long de votre vie, vous aurez des épreuves et des décisions difficiles à prendre. Soyez déterminés dès maintenant à toujours faire votre devoir, sans vous préoccuper des conséquences. Elles seront toujours pour votre plus grand bien » « Fais ton devoir », Le Liahona, mars 2001, p. 14).

PIÈGE DE SABLE

par Gary M. Johnson

Un samedi matin, il y a bien des années de cela, mes frères et sœurs et moi nous nous agitions autour de la maison, nous acquittant de nos corvées. Nous étions tous excités, parce que papa avait promis d’emmener la famille en promenade dans le break vieux de cinq ans qu’il venait d'acheter. Nous aurions bien voulu un véhicule plus récent, mais il disait que cela coûterait trop cher. Il ajoutait que la voiture qu'il avait achetée était plus lourde et serait donc plus sûre en cas d’accident. C'était un facteur important aux yeux de maman, qui avait failli mourir récemment dans une terrible collision frontale.

Lorsque tous nos préparatifs ont été terminés, nous nous sommes entassés dans la voiture - maman, papa et les sept enfants, bébé compris. Comme il ne s'agissait que d'une promenade du samedi après-midi, nous n'avons emporté ni pique-nique, ni boisson.

Nous avons rejoint l'autoroute et pris la direction du nord. Il faisait chaud, et nous n'avions pas de climatisation. Autour de nous, la vue s'étendait sur le vaste désert aride, avec quelques rares plantes, de temps à autre quelques rochers ou un poteau téléphonique, et la chaîne de montagnes basses à l'horizon. En dépit de la chaleur et du paysage aride, nous étions contents de faire une amusante sortie en famille.

L'ambiance sereine a toutefois été interrompue par un gémissement de ma mère. Le souvenir de son accident était tout frais, et la vue des voitures l'effrayait terriblement. Pour lui faire plaisir, papa a alors décidé de quitter l'autoroute. « Nous y voici », a-t-il dit joyeusement en prenant un chemin de terre qui suivait une rangée d'énormes lignes à haute tension. La voiture filait sur la vieille route, dans un nuage de poussière. Tout cela me paraissait très amusant - j'avais 13 ans.

Nous, les enfants, avions tant de plaisir que nous n'avons pas remarqué l'inquiétude qui commençait à se lire sur le visage de papa. Mais ma mère s'était rendu compte qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas. Elle a demandé : « Anthony, qu'y a-t-il ? »

Il a répondu : « Ce n'est probablement rien, mais ce sable ne m'inspire pas confiance. Nous ferions mieux de faire demi-tour. » A ce moment-là, il a trouvé un espace dégagé, au sommet d'une petite colline et a fait demi-tour.

Nous avons redescendu la petite pente et nous nous dirigions vers la prochaine petite colline quand, tout à coup, la voiture s'est enfoncée dans le sable mou. Nous sommes sortis à plusieurs et nous avons poussé de toutes nos forces, mais la voiture n'avançait pas. Nous avons réussi à la faire reculer jusqu'à un endroit où le sol était plus stable pour que papa puisse prendre de l'élan afin de franchir la zone sablonneuse. Ses tentatives répétées ont échoué, d'autant plus qu'il devait veiller à ne pas reculer trop loin de peur d'atteindre un autre endroit instable. A chaque tentative la voiture progressait un peu, mais elle s'enfonçait alors encore plus dans le sable mou et poudreux.

Les petits se sont mis à pleurer. « Maman, nous avons soif » Le soleil brûlant de l'après-midi provoquait des vagues de chaleur qui s'élevaient du sable, déformant les montagnes qui se dessinaient à l'horizon.

Nous avons alors entendu, au loin, un bruit faible qui se rapprochait de nous. Le vrombrissement d'un avion monomoteur s'amplifiait au fur et à mesure qu'il approchait. En voyant l'avion, j'ai crié : « Oh ! nous sommes sauvés ! Faisons-lui tous signe d'atterrir ! » Nous avons agité les bras frénétiquement. C'était l'avion qui inspectait les lignes à haute tension, et le pilote volait si bas que nous pouvions le voir, penché hors de son cockpit. D'un geste vigoureux du bras, il nous renvoyait ce qu'il prenait sans doute pour un salut. Quand l'avion s'est éloigné et que le bruit de son moteur s'est peu à peu évanoui, nous avons compris que nous étions livrés à nous-mêmes.

La situation devenait désespérée. Nous n'avions ni nourriture ni eau, ma mère n'arrivait pas à calmer le bébé devenu hystérique, les quatre fillettes pleuraient et même mon frère et moi commencions à douter de nos chances de rentrer chez nous sains et saufs.

Papa nous a tous réunis et a dit : « La seule chose qui nous reste à faire, c'est de demander l'aide de notre Père céleste. » Nous nous sommes tous agenouillés dans le sable brûlant, nous avons incliné la tête et papa a fait une prière fervente au nom de la famille entière. Il a expliqué au Seigneur la situation en détail, y incluant tout ce que nous avions fait pour essayer de nous en tirer par nous-mêmes, puis il a imploré son aide.

Après la prière, nous nous sommes levés et papa a dit : « Essayons encore une fois. » Il nous a demandé à tous de rester hors de la voiture pendant qu'il reculait pour faire une nouvelle tentative. Le moteur a rugi au moment où papa a démarré aussi vite que possible. La voiture a atteint le sable, mais cette fois, elle a continué à avancer, comme si elle flottait. Papa a roulé jusqu'au sommet de la colline suivante et s'est arrêté sur un sol rocheux bien solide. Nous avons tous poussé des cris de joie et nous nous sommes précipités vers la voiture.

Lorsque nous y sommes arrivés, papa était assis au volant, tremblant et sanglotant, ce que je ne l'avais jamais vu faire auparavant. Lorsque nous lui avons demandé ce qu'il y avait, il a levé les yeux et a dit qu'il lui avait semblé que la voiture avait été soulevée et transportée au-dessus du sable par une puissance invisible.

Nous sommes rentrés chez nous silencieusement, pendant que le soleil couchant illuminait le ciel de couleurs orangées, à l'ouest. Personne ne parlait, comme pour ne pas interrompre le sentiment de révérence qui régnait parmi nous dans la voiture. Je reconnais que les réponses aux prières se manifestent sous des formes diverses et ne sont pas toujours spectaculaires, mais je suis reconnaissant à notre Père céleste des bénédictions de ce jour-là.

Gary M. Johnson est membre de la paroisse de Needles, pieu de Lake Havasu City (Arizona).

DANS LA PAUME DE SA MAIN

par Emma Ernestina Sànchez Sànchez

Les premières années de notre mariage paraissaient presque parfaites. Après avoir été scellés au temple de Mexico, mon mari et moi avons reçu notre diplôme universitaire et notre première fille est née.

Mon mari avait un bon travail. Il a été appelé comme évêque de notre paroisse. Ensuite, nous avons pu aller nous installer à Jalisco, région du Mexique où avaient vécu mes grands-parents. Nous avions toujours rêvé d'élever nos enfants dans un endroit paisible, et Jalisco correspondait aux désirs de notre cœur. Cependant, notre mode de vie allait bientôt changer de façon spectaculaire.

A Jalisco, notre deuxième fille est née. Malheureusement, la naissance a été suivie pour moi de complications graves. Grâce à nos économies, nous avons pu faite face à ces dépenses, mais deux semaines plus tard, mon mari a perdu son travail. Sans revenu, nous avons dû quitter notre maison. Les factures des cartes de crédit, les mensualités pour la voiture et le loyer nous étranglaient.

Finalement, mon mari a commencé à travailler de nuit comme chauffeur de taxi. Ses dépenses dépassaient souvent ses revenus, mais son travail amenait un peu de nourriture sur notre table. Puis la voiture est tombée en panne, et cette petite source de revenus elle-même s'est tarie. Nous avons vendu ou mis en gage la plus grande partie de nos biens. Au même moment, le Mexique subissait une grave dévaluation monétaire, ce qui a encore augmenté notre misère financière.

Comme mon mari était épuisé, émotionnellement et physiquement, j'ai trouvé un travail d'institutrice dans une école élémentaire bilingue. Le travail était pénible, le salaire maigre et je devais laisser mes petits sous la garde d'une sœur de l'Église. Pour économiser de l'argent, nous avons déménagé dans un appartement meilleur marché, dans un quartier plus pauvre de la ville.

Avec mes efforts pour aller à mon travail, prendre soin de la famille, tenir la maison et aller à l'église, j'étais très déprimée. Par une soirée terrible, j'étais si désespérée qu'il a fallu m'hospitaliser. Après m'avoir donné un sédatif, le médecin m'a dit : « Vous vous noyez dans vos problèmes. C'est ce que font les lâches, et je n'ai pas l'impression que vous en soyez une. Réfléchissez. »

Ses paroles ont retenti dans mon esprit et j'ai fermé les yeux, cherchant quelque chose qui puisse me donner du courage. J'ai revu ma vie. Je me suis dit : Oui, nous avons perdu tous nos biens matériels, mais je suis toujours en vie et j'ai un mari merveilleux et deux petites filles adorables. Je me suis souvenue que je n'étais pas venue au monde pour accumuler des biens ni pour vivre dans la tranquillité. J'étais venue servir ma famille et mon prochain et édifier le royaume de Dieu.

Lorsque je suis rentrée chez moi, j'ai prié comme jamais je ne l'avais fait. J'ai imploré notre Père céleste de me donner de la force. J'ai parlé avec mon évêque et il m'a dit : « Le Seigneur enlèvera de votre chemin ce qui vous fait du mal. » Le lendemain, j'ai appris que j'avais été renvoyée de mon travail sans explication. Le même jour, j'ai appris que j'avais reçu une bourse pour poursuivre mes études. La possibilité de passer du temps à instruire mes petites a beaucoup fait pour guérir mon esprit.

Un matin, le téléphone, qui ne fonctionnait plus depuis des mois, a sonné pour apporter la nouvelle que mon mari avait obtenu un travail de professeur. Le téléphone est immédiatement retombé en panne, mais peu importait. Mon mari avait du travail !

Comme jamais auparavant, les principes d'entraide et d'autonomie sont devenus prioritaires chez nous. J'ai appris à traiter le blé et le soja pour les conserver. J'ai semé du maïs près du trottoir, puis obtenu la permission de cultiver un potager sur un terrain appartenant à des amis. Dieu a béni notre petit jardin. Il a produit de la nourriture en abondance, notamment de la courge et de la luzerne.

Tous ces efforts - ainsi que la nourriture que j'ai réussi à emmagasiner - ont calmé ma peur et m'ont remplie d'espoir. Au fur et à mesure que mon attitude changeait, j'ai réussi à voir la main du Seigneur dans notre vie. Nous avions la bénédiction d'être en bonne santé ; nous n'avions même pas un rhume. Jamais, même dans les moments les plus difficiles, nous n'avons cessé d'inviter les missionnaires à manger. Les enfants avaient toujours de la nourriture, et nous étions très souvent invités à manger chez des amis. Un jour, j'ai finalement réussi à acheter une deuxième bouteille de propane pour notre fourneau. C'est exactement à cet instant que la première s'est trouvée vide. En général, une bouteille dure six semaines, mais celle-là avait duré des mois.

Nous avons tiré de nos épreuves quelques leçons importantes. Nous avons appris la valeur des conseils de nos dirigeants. Nous avons appris à recevoir ; il est bon de servir, mais il est aussi important de permettre aux autres de vous aider. Mon mari et moi avons tous deux pu obtenir gratuitement une formation professionnelle supplémentaire. Ma belle-famille qui m'est très chère a toujours été consciente de nos besoins et ma belle-mère est devenue ma grande amie.

Notre mariage a grandi et été fortifié. Un soir, mon mari m'a prise dans ses bras et m'a dit: « Peu m'importe si on nous jette à la rue. Si tu es avec moi, j'aurai le courage de recommencer à zéro. »

Mais le plus important peut-être, c'est que nous voyons aujourd'hui les choses dans une perspective éternelle. Nous avons compris que dans les bons comme dans les mauvais moments, Dieu nous abrite dans la paume de sa main.

Emma Ernestina Sanchez Sànchez est membre de la paroisse de Las Aguilas, pieu de Guadalajara Moctezuma (Mexique).

RENONCER A MES IMAGES TAILLÉES

par Manuel J. Rosario

Autrefois, j'avais une moto Harley-Davidson de 1978. J'y avais investi énormément d'argent et j'en étais extrêmement fier. Elle était tout pour moi. Tous les dimanches, je rejoignais un groupe d'amis à Patillas (Porto Rico), et nous faisions le tour de l'île. Nous oubliions tous nos problèmes, notre famille, Dieu tout - pour un bref moment de plaisir sur ces machines. En fait, ma moto était mon idole.

Tout cela a changé quand un de mes anciens camarades d'école, Jaime Rivera Gomez m’a parlé de l’Église. Je serai éternellement reconnaissant à Jaime et aux missionnaires pour leurs enseignements, leur patience et leur amour sincère. Ma femme et moi nous nous sommes fait baptiser le 31 mars 1996.

La découverte de l’Évangile de Jésus-Christ a complètement transformé notre vie. J'ai immédiatement vendu ma moto, pour beaucoup moins qu’elle ne m'avait coûté. Mais le sacrifice en valait la peine. Lorsque j'ai changé de vie, notre Père céleste - le seul vrai Dieu - a déversé ses bénédictions sur moi. Maintenant, je suis heureux. Mon foyer est heureux. J'aime ma femme et mes enfants. Nous tenons la soirée familiale et nous prions et servons le Seigneur en famille.

Trois mois après être devenus membres de l'Église, nous nous sommes rendus au temple de Washington D.C. et nous nous sommes fait baptiser pour quelques-uns de nos ancêtres. Nous y sommes retournés en juillet 1997. Nous y avons reçu notre dotation et accompli des ordonnances sacrées pour nos proches.

Je sais que Dieu m'aime, et je m'efforce chaque jour de lui ressembler davantage.

Manuel J. Rosario est membre de la branche d'Arroyo, district de Guayama (Porto Rico).

 

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