FAIS TON DEVOIR

Par Richard G. Scott

du collège des Douze apôtres

Pour être heureux dans cette vie et pour l’éternité vous devez prendre de bonnes décisions et vous y tenir

Tiré d'un discours donné à l'Université Brigham Young le 3 mars 1996 à l'occasion d'une veillée du Département d'Éducation de l'Église.

Je sais que la plupart d'entre vous êtes déterminés à faire le bien. Vous connaissez ces sentiments qui vous incitent à vivre dans la droiture, quoi que disent les autres. Je m'adresse également à ceux qui souhaitent avoir de tels sentiments. Vous êtes la meilleure génération qui soit venue sur terre. Vous vous êtes bien préparés au cours de l'existence prémortelle et vous avez été choisis pour venir à cette époque extrêmement importante dans le déroulement du plan de notre Père céleste. Je suis profondément ému de me trouver en votre présence. Je me rends compte que la plupart d'entre vous ne soupçonnent pas combien ils sont capables, nobles et remarquables.

En préparant ce message, j'ai prié, médité et travaillé, parce que chacun de vous est une fille ou un fils exceptionnel de notre Père céleste et que je veux vous aider. D'entrée, j'ai senti que je devais vous parler de la façon de réaliser vos rêves nobles et vos aspirations. Je suis sûr que chacun de vous a des rêves qui lui sont chers à propos de ce qu'il attend de la vie. Vous ayant précédés sur ce chemin, j'ai appris que, malgré les difficultés croissantes, la vie est des plus belles. Si vous continuez à exercer votre foi au Maître et si vous obéissez à ses commandements, vous recevrez de grandes bénédictions. Certaines de ces bénédictions, vous en aurez rêvé. Le Maître vous en réserve d'autres qui dépassent tout ce que vous pouvez concevoir aujourd'hui. Mon désir le plus ardent est de vous aider à vivre de telle façon que vos rêves honorables se réalisent.

J'ai hésité entre divers moyens de vous communiquer des principes dont je sais qu'ils vous aideront énormément, si vous les comprenez et les mettez en pratique. Je me suis alors rendu compte que je n'avais pas encore trouvé de façon satisfaisante d'exprimer ce que je sais être vrai. Puis un sentiment de paix m'a envahi. J'ai senti que si je faisais tous mes efforts pour vous parler de mon mieux et si vous écoutiez avec l'esprit et le cœur ouverts, avec une intention réelle, ayant foi au Seigneur, alors ce que je dirais n'importerait guère. Vous recevrez des impressions qui seront adaptées à vos besoins individuels. Si vous notez ces impressions et que vous les suivez, elles constitueront des directives pour votre vie et vous aideront à réaliser vos rêves justes.

Vous vous trouvez à une époque de votre vie où vous avez beaucoup de décisions essentielles à prendre, et il est normal que vous ne soyez pas sûrs d'avoir la capacité de les prendre. Vous vivez dans un monde où il est de plus en plus difficile d'assurer la réalisation de vos rêves et de vos inspirations en évitant les séductions et les tentations que Satan souhaite placer sur votre route pour vous détruire. Peut-être doutez-vous de votre propre valeur. Vous voulez être acceptés. Vous vous posez des questions sur votre avenir et sur la façon de nouer des amitiés véritables et durables. Vous voulez trouver un conjoint pour l'éternité qui ait le même désir profond de vivre en droiture et d'accomplir beaucoup de bien dans cette vie. Beaucoup d'entre vous aimeraient savoir si la personne à laquelle ils sont de plus en plus attachés est véritablement celle qui doit être leur conjoint pour l'éternité. Mais ils ne sont pas sûrs de pouvoir décider. Votre discipline spirituelle, c'est-à-dire votre capacité de discerner les incitations de l’Esprit et de les suivre, s'accroît. Avec le temps, cette capacité croîtra encore, jusqu’au point où il vous sera de plus en plus facile de faire automatiquement ce qui est bien. Vous vous êtes construit un bouclier contre la tentation. Mais en ce moment, tandis que cette discipline spirituelle est en pleine croissance, vous devez bien veiller à ne pas faire des choix qui vous éloigneraient du chemin du bonheur.

J'ai appris par expérience personnelle que l’aide qu’on peut recevoir pour prendre la bonne décision à un moment critique peut être une bénédiction pour la vie entière. J'ai également constaté, en travaillant étroitement avec des personnes qui ont pris de mauvaises décisions, combien cela peut être dévastateur pour le reste de leur vie. Je me propose donc de vous faire des suggestions sur la façon d'être sûr de faire les bons choix. Je vous raconterai quatre expériences personnelles qui m'ont appris d'importantes leçons, avec le désir sincère de vous aider à acquérir de la confiance pour faire constamment les bons choix dans votre vie. J'essaierai ensuite d'indiquer comment Satan opère, afin que vous soyez mieux préparés à éviter les pièges qu'il tendra sur votre route.

Pendant mes études, j'ai eu le privilège de faire partie d'une association honorifique d'ingénierie très fermée. Lors d'une soirée d'intronisation à laquelle je participais, tout le monde buvait. J'ai demandé une boisson non alcoolisée et on m'a tendu un verre. En le portant à mes lèvres, j'ai senti l'odeur de l'alcool. J'ai jeté un coup d’œil autour de moi. Tous les regards étaient fixés sur moi. Il s'agissait de sommités de la profession qui venaient de me conférer un grand honneur. Aurais-je dû faire semblant de boire pour éviter de les vexer ? Non. J'ai reposé le verre et j'ai alors remarqué que trois autres néophytes faisaient de même. Faites ce qui est bien et les autres suivront votre exemple. Chaque fois que vous faites le bon choix malgré la critique potentielle, vous édifiez une force qui rendra la chose plus facile la prochaine fois. L'inverse est également vrai. Satan y compte bien.

Pendant mon adolescence, j'ai travaillé un été sur un bateau d'ostréiculteurs, le long de la côte de Long Island à New York, pour financer mes études. Les autres membres de l'équipage étaient des ostréiculteurs expérimentés, endurcis par les difficiles conditions hivernales dans lesquelles ils passaient la plus grande partie de leur vie, luttant contre l'océan glacial et les vents violents pour pêcher les huîtres. J'étais une énigme pour eux, et il leur était plus facile de se méfier de moi que de me comprendre. Ils m'évitaient, me soupçonnant d'être un espion à la solde de la compagnie ou un jeune fou qui ne savait pas comment devenir un homme. Par la suite, j'ai mieux fait mon travail et j'ai essayé de gagner leur amitié. Ils m'ont alors proposé de faire de moi « un vrai homme » en m'invitant à me joindre à leurs virées nocturnes. Je les ai remerciés, mais j'ai décliné leur offre, ce qui n'a fait qu'accroître la tension.

Le temps estival était beau et l'océan magnifique. Nos tâches étaient relativement simples ; il s'agissait par exemple de transférer les petites huîtres vers une portion plus distante du bras de mer, où les éléments nutritifs accéléraient leur croissance et amélioraient leur goût. Sauf lorsqu'un filet plein d'huîtres était déversé sur le pont, occasionnant soudain une activité intense, il y avait beaucoup de temps pour méditer. Pendant que mes collègues de pont somnolaient près de leur pelle, je lisais le Livre de Mormon et méditais sur son contenu. Il m'est difficile de bien exprimer l'éveil puissant qui s'est produit en moi pendant ces semaines d'étude du Livre de Mormon, dans des circonstances inhabituelles.

Nous dormions sur des couchettes sommaires, coincées dans l'espace restreint entre le moteur diesel du bateau et la coque. Un soir que nous étions à quai, je me suis couché tôt, parce que quelques membres de l'équipage avaient prévu des activités malsaines à terre. Subitement, j'ai été réveillé par la main puissante de Toddy, une sorte de géant. Il me brandissait un marteau sous le nez et son haleine empestait l'alcool. Stupéfait, je me suis rendu compte que je n'avais aucun moyen de lui échapper. J'ai cru que ma dernière heure était venue. Puis j'ai entendu ce qu’il criait: « Scotty, prends tes palmes et ton masque. Il y a un homme à la mer et tu peux le sauver. »

Cette nuit-là, j'ai appris une leçon que je n'ai jamais oubliée. En public, les membres de l'équipage se moquaient de moi, mais en privé, ils me respectaient pour mes principes. La confiance que m'a apportée cette connaissance m'a permis d'aider discrètement trois d'entre eux qui avaient de graves problèmes personnels.

Je sais que vous rencontrerez la même réaction si vous choisissez constamment de suivre vos principes. Vous vous faites une réputation. Si vous indiquez clairement que vous ne vous écarterez pas de vos principes, vous serez guidés vers des personnes qui vous ressemblent et les critiques se feront moins intenses. Souvent, ceux qui vous critiquent en public pour vos principes élevés ne souhaitent pas, en privé, que vous y contreveniez. Ils ont besoin de votre bon exemple. Que ce soit en ignorant une plaisanterie douteuse, en refusant de voir un film ou une cassette « X », ou en quittant une soirée qui tourne mal, exprimez clairement vos principes en faisant discrètement les bons choix, dès que la tentation se présente. Un choix décisif et correct fait une fois pour toutes et dont vous ne déviez pas par la suite évitera bien des chagrins. Vous pourrez alors utiliser votre énergie à tenir vos résolutions plutôt qu'à lutter de façon répétée contre le même problème. De plus, vous réduirez grandement le risque d'être vaincus par la tentation.

Dans le foyer où j'ai grandi, mon père n'était pas membre de l’Église et ma mère était peu pratiquante. (Tout cela a changé par la suite, et ils ont tous deux passé une bonne partie de leur vie comme servants du temple.) Dans ces conditions, je ne savais pas grand-chose sur l'Eglise, même si je ne m'en rendais pas compte. Au moment où j'allais recevoir mon diplôme à l'université, le Seigneur a fait entrer un ange dans ma vie. Elle s'appelait Jeanene Watkins. C'était une belle jeune fille. Il m'a fallu longtemps pour réussir à sortir avec elle, parce qu'il y en avait beaucoup qui avaient remarqué ses grandes qualités. Lorsque nous avons commencé à sortir ensemble, j'ai découvert qu'elle représentait tout ce dont j’avais toujours rêvé. Je suis tombé éperdument amoureux d'elle. Je voyais qu'elle avait aussi de profonds sentiments pour moi. Un soir où nous parlions d'avenir, elle a prudemment glissé un commentaire important dans la conversation. Elle a dit : «Le jour où je me marierai, ce sera au temple, et avec quelqu'un qui rentrera de mission.» Je ne me souviens de rien d'autre. Je n'avais jamais beaucoup pensé à une mission, et je ne savais pas grand-chose du mariage au temple. En rentrant chez moi, je ne pouvais penser à rien d'autre. Je n'ai pas fermé l’œil de la nuit. Je n'ai rien pu faire à l'université le lendemain. Bientôt, je suis allé trouver l'évêque, après avoir prié au sujet de l'importance de la mission. Jeanene et moi sommes tous deux allés en mission et, lorsque nous sommes rentrés, nous avons été scellés au temple. Bien plus tard, je me suis rendu compte qu'elle m'aurait quitté si je n'avais pas fait les bons choix. Le courage de Jeanene qui a défendu son rêve de se marier au temple avec un jeune homme ayant fait une mission, quel qu'ait été son amour pour moi, a fait toute la différence dans notre vie commune. Je ne pourrai jamais la remercier assez de n'avoir pas transigé sur ses rêves justes.

Vos décisions peuvent se comparer à des aiguillages de chemin de fer. Elles déterminent l'endroit où vous aboutirez dans la vie. C'est lorsque vous faites constamment de bons choix que vous êtes le plus heureux, que vous développez le plus votre personnalité et que vous avez la vie la plus productive. Lorsque vous faites de mauvais choix, vous risquez d'aboutir à une destination entièrement différente de celle que vous aviez souhaitée. Pour revenir en arrière, il y a bien le processus du repentir, mais il est souvent douloureux et laisse parfois des cicatrices physiques irréversibles qui ne peuvent pas plus guérir que celles de votre esprit.

A un moment donné, j'ai eu un poste de cadre dans l'entourage immédiat d'un homme très travailleur, exigeant et incompris qui est devenu le père de la flotte nucléaire ayant offert aux États-Unis une grande protection lors d'une crise mondiale. Il s'appelle Hyman Rickover. J'ai beaucoup de respect pour lui. Après avoir passé onze ans à son service, j'ai été appelé par la Première Présidence à être président de mission. Je savais que je devais en parler immédiatement à l'amiral Rickover. Lorsque je lui ai expliqué cet appel qui impliquait que je devrais donner mon congé, il s'est passablement énervé. Il a dit des choses que je ne puis répéter, a cassé la corbeille à correspondance qui se trouvait sur son bureau et, dans les commentaires qui ont suivi, a clairement énoncé deux points : « Scott, ce que vous faite dans ce programme de défense est si essentiel qu'il faudra un an pour vous remplacer : vous ne pouvez donc pas partir. Deuxièmement, si vous partez, vous trahissez votre pays. »

J'ai répondu : « Je peux former mon remplaçant pendant les deux mois qui me restent, et il n'y aura aucun risque pour le pays. »

La conversation s'est poursuivie. Il a fini par dire : « Je ne vous reparlerai plus jamais. Je ne veux plus vous revoir. Non seulement vous êtes grillé ici, mais n'essayez jamais de retravailler dans le domaine nucléaire. »

J'ai répondu : « Amiral, vous pouvez m'interdire l'entrée du bureau, mais à moins que vous ne m'en empêchiez, je vais transmettre cette tâche à quelqu'un d'autre. »

Il m'a demandé : « Comment s'appelle l'homme qui veut vous engager ? »

Je lui ai répondu : « David O. McKay, le président. »

Il a ajouté : « Si c'est ainsi que les mormons agissent, je n'en veux aucun à mon service. »

Je savais qu'il essayerait d'appeler le président McKay (1873-1970), qui était malade, et que cette conversation ne profiterait à personne. Je savais également que dans la région d'Idaho Falls, il y avait de nombreux membres de l'Église dont les familles dépendaient de leur travail dans notre programme. Je ne voulais pas leur faire du tort. Je savais aussi que j'avais été appelé par le Seigneur. Je ne savais pas quoi faire. C'est alors que les paroles du cantique que nous avons chanté ce soir ont commencé à me trotter dans l'esprit : « Fais ton devoir, malgré les conséquences » (Hymnes, 1954, numéro 139). De ma vie, je n'avais jamais pris contact avec aucune Autorité générale ; mais j'avais eu un entretien avec Harold B. Lee (1899-1973) du Collège des douze apôtres ; j'ai donc eu le sentiment que je devais l'appeler. Je lui ai expliqué que l'amiral allait essayer d'appeler le président McKay et faire des commentaires négatifs, mais que tout allait bien et que je pourrais accepter mon appel. En même temps, mon cœur persistait à me dire : « Est-ce que tout va s'arranger ou quelqu'un qui compte sur notre programme pour gagner sa vie sera-t-il touché, alors qu'il n'y est pour rien ? » Le chant me revenait: « Fais ton devoir, malgré les conséquences. » Fidèle à sa promesse, l'amiral a cessé de m'adresser la parole. Lorsqu'il fallait prendre d'importantes décisions, il envoyait un messager ou bien je communiquais par l'intermédiaire d'une tierce personne. Nous avons accompli le changement.

Lors de mon dernier jour au bureau, j'ai demandé un rendez-vous avec lui. Son secrétaire en a eu le souffle coupé. J'y suis allé, un exemplaire du Livre de Mormon à la main. Il m'a regardé et a dit: « Asseyez-vous Scott. Qu'est-ce qui vous prend ? J'ai essayé par tous les moyens de vous forcer à changer d'avis. Qu'est-ce qui vous a pris ? »

Il s'est alors engagé une conversation calme et très intéressante. Cette fois-ci, il y avait davantage d'écoute. Il m'a dit qu’il lirait le Livre de Mormon. Puis il s'est produit quelque chose que je n'aurais jamais imaginé. Il a ajouté : « Quand vous rentrerez de mission, je veux que vous m'appeliez. Il y aura du travail pour vous. »

Tout au long de votre vie, vous aurez des épreuves et des décisions difficiles à prendre. Soyez déterminés dès maintenant à toujours faire votre devoir, sans vous préoccuper des conséquences. Elles seront toujours pour votre plus grand bien. Vous vous apercevrez qu'à long terme il est plus facile de défendre ce qui est bien et de commencer par faire ce qui est difficile. Une fois que vous avez pris cette position, il n'est pas si difficile de continuer. La personne qui fait les choses à moitié et tente de justifier quelques écarts par rapport aux vrais principes, quelle qu'en soit la raison, finira par s'apercevoir qu'elle sème des graines qui, par la suite, produisent des problèmes. Il faut plus d'efforts pour maîtriser ces problèmes que pour adopter la position juste dès le début.

Faites ce qui est juste, même s'il vous semble que vous serez le seul à le faire, que vous allez perdre des amis, qu'on vous critiquera. Vous découvrirez qu'en faisant ce qui est bien, après une période d'épreuve, vous vous ferez les meilleurs amis et vous pourrez vous soutenir mutuellement dans votre résolution d'obéir à tous les commandements du Seigneur. Je n'ai jamais regretté d'avoir défendu le bien, même face à de sévères critiques. Vous vous apercevrez que c'est vrai. Vous vous apercevrez aussi lorsque vous aurez fermement pris position pour le bien, lorsque vous vous serez fixé des principes et que vous vous serez engagés à vous y tenir, quand les tentations se présenteront et que vous agirez selon vos principes, vous serez fortifiés et recevrez une force qui dépasse vos propres capacités, si nécessaire. Les difficultés surviennent lorsque vous entrez dans la bataille contre la tentation sans avoir de plan précis. C'est ce que Satan désire, car alors vous être voués à la défaite.

Je vais maintenant traiter de sujets délicats qui sont plus faciles à aborder en tête-à-tête. Je vais donc, dans mon esprit, essayer, de toutes mes forces de vous imaginer comme une personne souhaitant savoir comment réaliser ses espoirs et ses rêves. Je vais essayer d'ignorer toutes les autres choses et tous les autres gens, afin que nous puissions parler en privé. Vous pouvez faire de même, si vous voulez.

A cette époque de votre vie, il est extrêmement important que vos pensées et vos actes soient purs afin que le Saint-Esprit puisse vous guider. Satan est déterminé à vous vaincre, en ce moment décisif de votre vie, non par un déversement soudain de tentations graves, mais en plaçant soigneusement des infractions séduisantes à vos principes établis, des infractions qui paraissent sans importance. Il voudrait utiliser ces tentations pour vous éloigner habilement du sentier de la droiture. Satan sait qu’aussi longtemps que vous pouvez être guidé par le Saint-Esprit, vous pouvez lui résister. Il n'a aucun pouvoir sur quelqu'un de juste. Le Seigneur vous a donné la possibilité de résister aux tentations du diable. Si vous êtes obéissant, vous serez inspiré, vous saurez quoi faire et vous aurez la capacité de le faire.

Pour vous prévenir, je vais essayer de vous montrer comment Satan opère. Imaginons qu'à votre droite se trouvent toutes les bonnes choses qu'on peut faire dans la vie. Les meilleures choses sont placées tout à droite. A votre gauche se trouvent toutes les mauvaises choses possibles. Celles qui se trouvent le plus à gauche sont les pires. Au milieu, il est difficile de discerner si quelque chose est simplement un peu bien ou un peu mal. C'est là que Satan opère avec les justes. Il s'agit de la zone d'ombre où on ne discerne pas clairement entre le bien et le mal. A cet endroit, il est facile de s'y tromper. Vivez bien, au sein de la belle région du bien que le Seigneur a délimitée et vous n'aurez aucun problème de tentation. Si vous n'êtes pas certain que quelque chose soit convenable à regarder, à écouter, à penser ou a faire : ne le faites pas. Il se pourrait que vous vous approchiez de l'un des pièges de Satan.

Observez maintenant la façon dont Satan opère. Un jeune homme juste, rentrant de mission, rencontre une charmante et pure jeune fille. Ils sont à l'âge où l'on peut sérieusement songer au mariage. Ils commencent à sortir ensemble. De merveilleux et profonds sentiments d'amour naissent entre eux. Ils n'ont ni l'un ni l'autre l'intention de faire quoi que ce soit de mal. Ils ont décidé de ne pas franchir la frontière du territoire de Satan. Lorsque le jeune homme est avec son amie, il souhaite exprimer les sentiments qu'il a pour elle ; au bout de quelque temps, le fait de la tenir par la main ne suffit pas tout à fait à communiquer ce qu'il ressent. Chaque fois qu'ils sont ensemble, ils font ce qu'ils ont fait la fois précédente et un peu plus pour exprimer physiquement leurs sentiments. Ils se rapprochent de plus en plus de la frontière, mais ils sont fermement décidés à ne pas la franchir. Un jour, Satan sème dans leur esprit la graine de la justification. Je veux dire par là qu'il les incite à croire que quelque chose de vraiment mauvais peut être présenté sous un point de vue déformé ou être justifié, pour devenir acceptable, à cause de circonstances particulières. La justification est l'un des outils les plus efficaces du diable. Il sème des idées comme : « Vous vous aimez véritablement. Vous voulez être scellés au temple. Vous en êtes tous deux dignes et vous vous serez fidèles. Vous êtes exceptionnels. Vous n'avez pas atteint la limite. » La frontière se déplace vers la gauche. Ils continuent donc à s'exprimer physiquement. Ils sont très amoureux. Ils vont chaque fois un peu plus loin dans leurs expressions physiques. Ils déclenchent des émotions puissantes, mais sont sûrs de pouvoir les maîtriser. Ils vont être scellés au temple. Alors ces émotions deviennent irrésistibles et ils commettent des actes qu'ils avaient décidés de ne jamais accomplir en dehors du mariage. Leur vie s'en trouve terriblement compliquée - de façon tragique et inutile.

Admettez, je vous en prie, que vous ne pouvez pas simplement franchir la frontière sans encourir le terrible risque de glisser et d'être conduit à des lieux où vous n'avez nulle intention de vous rendre ou à des expériences que vous n'avez aucun désir de faire. C'est ainsi que Satan opère. Il sait que les émotions puissantes de la transgression sexuelle créent une dépendance. Un acte en entraîne un autre, puis un autre. Les appétits s'éveillent, le transgresseur éprouve de puissantes émotions jusqu'à ce qu'il en arrive à perdre tout sens de la réalité et s'enfonce de plus en plus dans le péché, sans voir combien il s'est égaré ou à quelle vitesse il se fait emprisonner. Vous avez déjà vu d'autres personnes commencer par quelques expériences et se faire attirer de plus en plus loin dans le péché, apparemment sans s'apercevoir de la gravité de leur chute.

Comment deux personnes amoureuses peuvent-elles éviter de franchir la frontière et de tomber dans la tentation ? Tout d'abord, commençons par définir l'amour. S'aimer mutuellement en justice, c'est se protéger, s'édifier, se garder pur et sans souillure, se sacrifier pour le bien de l'autre. Aimer, c'est réserver les relations sacrées de la sexualité pour la sainteté du mariage. Dans ce cadre, lorsqu'elles sont convenablement utilisées, elles soudent le couple et le fortifient en vue des responsabilités croissantes du rôle de parent. Elles aboutissent à la création de corps physiques pour les enfants spirituels que notre Père céleste confie à une mère et à un père. Dans ce cadre sacré, l'expression sexuelle est belle et a un but.

Les agents de Satan appellent amour ce qui n'est que désir sexuel. Il s'agit de la satisfaction croissante d'appétits personnels au détriment d'autrui. Cela conduit à des violations graves des commandements de Dieu. Pourquoi Satan se concentre-t-il aussi intensément sur la transgression sexuelle ? Parce qu'il sait que l'immoralité engendre l'immoralité. Du même coup, elle engourdit la sensibilité spirituelle et neutralise la volonté de résister. Il n'y aura jamais place dans votre vie pour le genre d'amour préconisé par Satan. Si certains éléments de cet amour ont trouvé place dans une relation, débarrassez-vous en, tout de suite.

Voici quelques suggestions précises pour vous aider à ne pas franchir la frontière :

  1. Choisissez de votre plein gré de faire le bien. Seule la libre obéissance apporte les bénédictions complètes découlant de l'obéissance aux commandements de Dieu.
  2. Définissez fermement vos principes personnels. Choisissez un moment de profonde réflexion spirituelle, dépourvu de toute pression, où vous pourrez obtenir la confirmation de vos décisions par des impressions sacrées. Décidez alors de ce que vous ferez et de ce que vous ne ferez pas pour exprimer vos sentiments. L'Esprit vous guidera. Ensuite, ne changez rien à ces décisions, même si cela vous paraît tout à fait juste au moment de la tentation. Ne faites pas le premier pas, si innocent puisse-t-il paraître. La réalisation de vos rêves dépend de votre détermination de ne jamais déroger à vos principes.
  3. Prenez conscience que la frontière entre le bien et le mal ne change jamais, mais que vous pourriez avoir la tentation de modifier votre perception de cette frontière par la justification. Je veux dire par là, en essayant de dire que quelque chose que vous soupçonnez d'être mal ou savez l'être est acceptable dans votre cas particulier.
  4. Entourez-vous d'amis sûrs en allant dans de bons endroits et en faisant de bonnes choses. Personne n'est jamais à son maximum à chaque instant. Quand on est abattu, il est plus facile de faire de graves erreurs. Souvent, quand vous n'irez pas bien, un ami sûr sera en pleine forme et pourra servir à vous rappeler vos buts estimables. Certaines personnes recherchent tant l'amitié et la popularité qu'elles transigent sur leurs principes. Vous n'obtiendrez aucun ami souhaitable de cette façon, mais vous risquez de perdre vos rêves honorables.
  5. Restez proche de l'Église. Vos résolutions de bien agir seront constamment renouvelées et vous serez fortifié par l'exemple de ce que font les autres.
  6. Une règle sûre consiste à ne jamais rien faire seul que vous ne feriez pas en présence de vos parents, juste avant le mariage.
  7. Ne vous laissez pas égarer par ce que le monde définit comme acceptable. Le fait de susciter intentionnellement des émotions réservées à des buts sacrés au sein de l'alliance du mariage est une faute grave. Je vous témoigne solennellement que le fait de toucher les parties intimes et sacrées d’une autre personne, en dehors des liens du mariage entre un homme et une femme, est une transgression. Satan a largement répandu l'idée que beaucoup des contacts sexuels sont acceptables entre deux individus consentants, tant qu'ils ne vont pas jusqu'à l'acte final. Il s'agit d'un mensonge dévastateur. Ce genre d’activité enfreint la loi de la chasteté et nécessite le repentir. Il n’est pas seulement sage de ne pas commettre d'immoralité : il s’agit d’un commandement fondamental de Dieu qu'il considère comme très important.

Votre corps spirituel a été créé par notre Père céleste. Votre corps physique est fait à son image. Notre Père céleste peut vous conduire à un bonheur dépassant ce que vous pouvez imaginer aujourd'hui. Son dessein est de vous aider à réaliser tout votre potentiel de croissance, d'accomplissement et de bonheur pendant votre séjour sur la terre. Son objectif est votre bonheur éternel.

Il y a quelqu'un d'autre qui est extrêmement doué, puissant et brillant - mais diabolique - et dont le but est de vous asservir à lui. L'un des outils les plus puissants dont il dispose pour vous écarter du chemin du bonheur est de vous tenter à faire l'expérience de relations sexuelles. La transgression sexuelle appelle la transgression sexuelle. Elle stimule des émotions physiques puissantes qui créent une dépendance croissante. En même temps, elle engourdit la sensibilité spirituelle et neutralise votre volonté de résister. L'immoralité est étrangère à votre nature. Le sachant, Satan vous incitera à commencer par de petites doses créant une dépendance, au lieu de vous tenter à passer directement d'une vie pure à une transgression sexuelle grave.

Néphi vous a donné un moyen efficace de réussir à surmonter la tentation. Il a dit : « Quiconque prêtait l'oreille à la parole de Dieu et s'y tenait fermement ne périrait jamais ; et les tentations et les traits enflammés de l'adversaire ne pourraient pas non plus avoir le dessus sur lui au point de l'aveugler pour l'entraîner vers la destruction » (1 Néphi 15:24).

Du fond du cœur, je demande à quiconque lit ce message et a gravement transgressé de décider de se repentir maintenant. Il n'est pas bon d'enfreindre les commandements du Seigneur. Il est tragique de ne rien y changer. Le péché est comme le cancer. Il ne guérit jamais tout seul. Il empire progressivement à moins d'être guéri par le repentir. Vous pouvez être rendus totalement sain, neuf et pur, par le miracle du repentir. Si vous avez transgressé, décidez-vous à aller voir votre évêque immédiatement, afin que vos rêves honorables puissent devenir réalité.

A ceux qui commettent une faute grave, Satan chuchote : « Ta vie est perdue. Il n'y a pas moyen de revenir en arrière. Autant continuer sur le chemin où tu te trouves. » C'est un mensonge. Le Sauveur a donné sa vie pour que les transgressions même les plus graves puissent être surmontées et que la personne puisse être rendue propre et pure par le repentir et l'obéissance aux commandements du Seigneur. Toute autre croyance reviendrait à nier l'efficacité de l'expiation de notre Sauveur.

En résumé, votre bonheur - aujourd'hui, tout au long de cette vie et pour l'éternité - dépend des décisions justes que vous devez prendre et auxquelles vous devez vous tenir. Certains font des choix basés uniquement sur leur expérience personnelle et ne font confiance à rien d'autre. Certains font des choix en suivant aveuglément leurs pairs. D'autres choisissent ce qui, à leur avis, leur procurera le plus grand nombre d'amis et les plus grands succès. Certains attendent qu'un cas se présente et décident alors de la manière d'agir. Chacune de ces façons de faire peut être désastreuse.

Le cœur plein d'amour, je vous demande de décider résolument de suivre les principes du Seigneur. Je vous en prie, vivez de façon à ce que le Saint-Esprit puisse vous inspirer de faire constamment le bien. Je témoigne qu'alors, vos rêves honorables se réaliseront, peut-être même au-delà de tous vos espoirs. Notre Père céleste et son Fils bien-aimé vous aiment. Ils veulent votre bonheur plus encore que vous ne pouvez l'imaginer maintenant. Ils vous aideront à atteindre ce bonheur si, avec constance, vous faites tout ce qui est en votre pouvoir pour obéir à leurs commandements. Je témoigne qu'ils vous aiment et vous aideront, au nom de Jésus-Christ. Amen.

 

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