MON RETOUR

 

par Barbara Aycock

 

Je ne sais pas trop pourquoi je me suis éloignée de l'Eglise. Peut-être parce que j'ai grandi durant l'agitation des années 60 et que j'ai pris parti pour les causes sociales de cette époque. Peut-être parce que je me suis éloignée de l'ensemble de ma famille. Quelle qu'en soit la raison, j'ai arrêté d'aller à l'église et je suis restée non pratiquante pendant de nombreuses années.

 

J'étais étudiante dans une université d'Idaho quand une jeune fille amérindienne est venue me dire : " Je sais que tu es membre de mon Eglise. Veux-tu venir à l'église avec moi ? "

 

J'ai été pour le moins très surprise. Je ne menais pas le genre de vie que les saints des derniers jours sont censés mener. Comment savait-elle que j'étais membre ?

 

" Bien sûr ", ai-je répondu. Donc Rosemary et moi sommes allées ensemble à la réunion de Sainte-Cène, et à partir de ce moment-là notre amitié s'est développée.

 

Juste avant les vacances d'été, Rosemary m'a invitée à passer l'été avec sa famille en Alaska. N'ayant rien de réellement prévu pour l'été et désireuse d'un peu d'aventure, j'ai accepté.

 

Je ne savais pas trop à quoi m'attendre lorsque notre avion a atterri sur une île vert émeraude avec des sommets perdus dans la brume. Nous avons été accueillies par trois frères de Rosemary qui étaient venus dans une vieille camionnette. Tandis que nous entrions bruyamment en ville sur la seule route pavée de l'île, j'ai tout à coup pris conscience que j'étais dans un endroit très particulier.

 

J'ai appris beaucoup de choses cet été-là. J'ai appris à nettoyer le poisson à la conserverie de saumon. J'ai appris à respecter les coutumes et la culture des amérindiens. J'ai appris à aimer la mer en explorant les criques accidentées, rocailleuses et isolées.

 

Mais surtout, tandis que j'étais acceptée par des étrangers qui ne s'arrêtaient pas à mon aspect mais se souciaient profondément de ce que j'étais réellement, mes sentiments vis-à-vis de l'Eglise ont commencé à changer.

 

Sur l'île, les membres de la branche se réunissaient dans un bâtiment abandonné des garde-côtes datant de la Deuxième Guerre mondiale. Voyant une poignée de saints amérindiens se réunir le dimanche matin, j'ai été surprise de me rendre compte que l'Eglise y était la même que celle que j'avais connue dans mon enfance. Je me sentais bien et j'ai compris que même là, si loin de chez moi, je pouvais adorer Dieu comme on me l'avait un jour enseigné. J'ai appris que, quel que soit l'endroit où l'on va dans le monde, l'Evangile est toujours le même et l'Eglise est pour tout le monde, sans tenir compte de la culture ou de l'éducation.

 

Mon séjour sur cette île m'avait apporté quelque chose que je n'allais jamais oublier. Lorsqu'est venue la reprise des cours, j'ai compris que j'avais acquis une nouvelle vision du sens de la vie. Mon coeur avait été touché, et bien que je ne m'en rende pas compte à cette époque, j'avais commencé mon voyage pour redevenir pratiquante.

 

Quelques années plus tard, après m'être mariée, le regard plongé dans les yeux de mon premier bébé, j'ai su que je devais franchir le pas suivant et appliquer totalement l'Evangile qui m'avait enseigné que les parents peuvent être unis à jamais avec leurs enfants. Mon mari, qui n'était pas encore membre pratiquant a compris et soutenu ma décision de retourner à l'Eglise. Je me suis finalement engagée à devenir pleinement pratiquante, ce qui m'a permis d'avoir des relations plus profondes avec notre Père céleste et d'apprécier le Livre de Mormon.

 

Depuis que j'ai consacré ma vie a notre Sauveur, j'ai été grandement bénie. J'ai franchi le dernier pas d'un voyage qui avait commencé longtemps avant sur une petite île émeraude, en allant au temple et en y ressentant l'Esprit. Avec l'Evangile à nouveau totalement présent dans ma vie, j'ai repris contact avec des membres de ma famille et j'ai appris à mieux aimer mon patrimoine. Mon témoignage d'un Père céleste qui nous aime, nous pardonne et nous bénit, a grandi.

 

Avec les années, Rosemary et moi nous sommes perdues de vue. Mais lorsque je prends le temps de méditer, je repense à cet été magique où une amie et un petit groupe de saints sur une île pauvre mais magnifique ont réveillé en moi le souvenir de mes racines spirituelles.

 

 

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