UNE QUESTION DANGEREUSE

 

Par Brad Wilcox

 

" Pourquoi pas juste un peu ? " C'est la question que David a posée à la fin de la leçon de son instructeur du séminaire matinal sur la protection contre le péché que nous apporte le fait de respecter nos alliances.

 

" Je ne parle pas de faire quelque chose de très grave ", a continué David. " Je veux juste savoir pourquoi je ne peux pas prendre une gorgée de bière, juste pour goûter ou pour en connaître le goût. Pourquoi pas juste une cigarette ou une soirée avec une fille pour que mes camarades arrêtent de me taper sur les nerfs ? "

 

Avant que l'instructeur n'ait pu même commencer à donner les réponses habituelles, David l'a devancé en s'exclamant : " Et ne me dites pas que l'alcool détruit les cellules du cerveau et que les cigarettes donnent le cancer. Ne me parlez pas du sida. " Il ne voulait pas entendre parler des dangers. Il a ajouté : " Je connais des hommes qui buvaient et qui fumaient, et qui sont maintenant évêques. "

 

C'était vrai. David connaissait de nombreuses personnes qui s'étaient repenties et avaient obtenu le pardon de leur péchés. " Alors ", regardant son instructeur dans les yeux, il lui a reposé sa première question : " Pourquoi pas juste un peu ? "

 

A ce moment-là presque tous les jeunes de la classe acquiesçaient en disant : " Oui, pourquoi pas ? " L'instructeur de séminaire savait qu'il devait rapidement dire quelque chose. Il a avalé sa salive, a fait une prière en silence et a dit : " Aucun de nous n'est parfait. Nous commettons tous des péchés et nous avons tous besoin de nous repentir, vous le savez. D'autre part, le Saint-Esprit est un membre de la Divinité, n'est-ce pas ? "

 

" Oui " a répondu David, " mais quel est le rapport ? "

 

L'instructeur a expliqué : " Dans les Ecritures, il est dit que l'Esprit ne luttera pas toujours avec nous " (voir Genèse 6:3 ; Ether 15:19 ;D&A 1:33).

 

La classe était silencieuse. Bien qu'ayant déjà été assis pendant tout un cours ce jour là, David et ses amis écoutaient leur instructeur : " La conséquence immédiate du péché est le retrait de l'esprit. Une seule cigarette n'est peu-être pas suffisante pour vous donner le cancer, mais elle est suffisante pour vous priver de l'esprit. Une seule cannette de bière ne fera peut-être pas de vous un alcoolique, et un sans abri, mais c'est assez pour vous priver de l'esprit. Il en serait de même pour les rapports sexuels avant le mariage. "

 

La plupart des élèves étaient maintenant d'accord avec leur instructeur, mais David n'était toujours pas pleinement convaincu. Il a ajouté : " Don l'Esprit nous quitte. Et alors ? "

 

Le cours était terminé. Les élèves devaient partir à l'école. " Reprenons cette discussion demain ", a dit l'instructeur, et c'est ce qu'ils ont fait. Les jours suivants la classe a étudié les fruits de l'Esprit. Ce que David n'avait pas vu c'est que lorsque nous sommes privés de l'Esprit nous perdons automatiquement d'autres choses aussi.

 

LA SÉCURITÉ

 

Quand il servait comme membre du Collège des douze apôtres, David O. McKay (1873-1970) a comparé notre traversée de la vie à la traversée d'une ville pleine de monde et effrayante par un petit enfant et son père. Tant que l'enfant tient la main de son père, il est en sécurité. Dès l'instant où l'enfant se laisse perturber par les mouvements de la foule et lâche la main de son père, il est en danger (Conférence Report, octobre 1928, pp. 36-37).

 

LA COMPAGNIE DE L'ESPRIT

 

Le prophète Mormon a décrit le vide et la solitude qui ont envahi son peuple lorsque celui-ci n'a plus été digne de la présence de l'Esprit. Il a écrit : " Nous étions livrés à nous-mêmes " (Mormon 2:26). Une jeune fille l'a exprimé de cette manière : " Lorsque je perds l'Esprit, je me sens complètement seule. Même lorsque je suis entourée de plein de gens, je me sens seule. "

 

LA COMPRÉHENSION

 

Le grand-père de George Albert Smith (1870-1951) lui avait enseigné une importante leçon : " Il y a une ligne de démarcation, bien définie, entre le territoire du Seigneur et celui du diable. Si vous restez du côté du Seigneur, vous serez sous son influence et vous n'aurez pas le désir de faire le mal ; mais si vous traversez d'un pouce la ligne du côté du diable, vous êtes au pourvoir du Tentateur, et s'il réussit, vous ne pourrez pas penser ni même raisonner convenablement, parce que vous aurez perdu l'esprit du Seigneur " (cité dans Le miracle du pardon, 1974, p. 216).

 

Quand un jeune dit à son évêque : " Maintenant c'est trop tard, je ne peux plus revenir en arrière " ou " Dieu ne peut plus m'aimer après ce que j'ai fait " ou " je ne suis pas digne de prier ", il est évident que ce jeune n'a plus une bonne compréhension des choses.

 

LA FORCE

 

Mormon a dit de son peuple : " L'Esprit du Seigneur ne demeurait pas en nous ; c'est pourquoi nous étions devenus faibles " (Mormon 2:26). Un jeune homme a dit : " je me rends compte que lorsque je commets un péché, ma force pour résister à la tentation s'écroule. Je n'arrive plus à me dominer pour quoi que ce soit, et spirituellement je me sens faible. "

 

LA PAIX

 

Lorsque j'étais enfant, ma mère citait toujours Abraham Lincoln qui a dit : " Lorsque j'agis bien, je me sens bien. Lorsque je n'agis pas bien, je ne me sens pas bien " (cité dans Richard Evans' Quote Book, 1971, p. 207). Dans Jeunes, soyez forts, on peut lire : " Vous ne pouvez pas vous sentir bien quand vous agissez mal. C'est impossible ! " (brochure, 1990, p. 4). Il est intéressant de voir fréquence à laquelle ces phrases me viennent à l'esprit quand j'essaye de garder la conscience en paix promise dans le Livre de Mormon (voir Mosiah 4:3).

 

LA JOIE

 

Ceux qui s'adonnent au péché disent avoir beaucoup de ce qu'ils appellent amusement ou plaisir, mais ils n'ont pas la joie et le bonheur réels. Les Ecritures ne disent pas que la méchanceté n'a jamais été le plaisir ou l'amusement. Elles disent : " La méchanceté n'a jamais été le bonheur " (Alma 41:10). J'aime beaucoup Romains 14:17 où nous lisons : " Car le royaume de Dieu, ce n'est pas le manger et le boire, mais la justice, la paix et la joie, par le Saint-Esprit. "

 

LE TEMPS

 

J'ai reçu une lettre d'un missionnaire qui a failli ne pas pouvoir faire de mission à cause de la gravité de ce qu'il avait fait lorsqu'il était adolescent. Je cite sa lettre : " Mon plus grand regret n'est pas tant les péchés que j'ai commis, aussi graves qu'ils aient été. Ce que je regrette encore plus c'est le temps que j'ai gâché. J'ai tant de retard. Je sais que grâce à l'Expiation j'ai obtenu le pardon de mes péchés, mais il y a une chose que même Jésus ne peut me rendre, c'est le temps que j'ai perdu. "

 

Mon frère Roger dit à ses élèves du séminaire : " Chacun de nous reçoit une poignée de temps à utiliser comme il le veut. Nous utilisons ce que nous voulons. Nous gâchons ce que nous voulons. Mais nous ne pouvons jamais revenir en arrière. " L'adversaire est rusé et trompeur. Il a convaincu beaucoup de gens qu'il n'y a rien dans les cieux. Il en a convaincu d'autres qu'il n'y a pas d'enfer. Mais nous ne sommes pas dans une meilleure position qu'eux si nous permettons passivement à Satan de nous convaincre que rien ne presse.

 

La classe de séminaire était contente que David ait demandé : " Pourquoi pas juste un peu ? " Au cours de leurs discussions, David et ses amis en sont arrivés à d'importantes conclusions. L'un des élèves l'a résumé ainsi : " Pourquoi pas juste un petit péché ? Eh bien, pourquoi ne pas toucher juste un petit peu le brûleur d'un réchaud allumé ? Bien sûr, la brûlure finira par guérir, mais pas sans provoquer une douleur et une souffrance inutiles. "

 

De la même manière, ceux qui choisissent de commettre juste un petit péché, peuvent se repentir et être totalement pardonnés. Mais ils choisissent de se priver du Saint-Esprit au moins pendant un moment et ils en subiront les conséquences : la douleur et la souffrance qui accompagnent la perte de la sécurité, de la compagnie de l'Esprit, de la compréhension, de la force, de la paix, de la joie et du temps.

 

 

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