LES SAINTS DES DERNIERS JOURS NOUS PARLENT

 

D'UN COEUR RECONNAISSANT

 

" Il est beau de louer l'Eterriel ", a écrit le psalmiste. "... Tu me réjouis par tes oeuvres, ô Etemel ! Et je chante avec allégresse l'ouvrage de tes mains " (Psaumes 92:2, 5). Pourquoi la gratitude procure-t-elle une telle joie ? Pourquoi " celui qui reçoit tout avec gratitude sera[-t-il] rendu glorieux " (D&A 78:19) ? Est-ce parce que les coeurs adoucis par des sentiments de gratitude sont des coeurs humbles, des coeurs sensibles aux murmures et au pouvoir sanctificateur du Saint-Esprit ? Comme l'a dit Thomas S.

 

Monson, premier conseiller dans la Première Présidence, la gratitude est l'une " des vertus les plus nobles " (" Une attitude reconnaissante ", Le Liahona, mai 2000, p. 4). L'esprit de gratitude nous permet de nous concentrer sur les cieux, même lorsque nous affrontons les difficultés terrestres. Il nous permet d'avoir une bonne perspective de toutes nos expériences, négatives ou positives. Comme l'illustrent les expressions de gratitude suivantes, notre Père céleste et son Fils, Jésus-Christ, ont pour nous un amour sans limite et le vif désir de nous bénir, particulièrement par le don de l'Evangile. Puissions-nous recevoir leurs dons d'un coeur reconnaissant !

 

LA GRATITUDE PAR UN JOUR DE PLUIE

 

par Julieta Arevyan de Àlvarez

 

Il pleuvait et il faisait froid, le genre de temps au Mexique où je préfère rester à la maison avec mes quatre enfants. Je lisais le Liahona lorsque j'ai ressenti la chaleur du Saint-Esprit me rappeler à quel point j'avais été bénie. Mes larmes se sont mises à couler tandis que je repensais à toutes les bénédictions que j'avais eues.

 

J'avais à peine 17 ans quand deux missionnaires ont frappé à notre porte ; ma mère venait de divorcer et avait cinq enfants. A cette époque je ne croyais que ce que je pouvais voir ou toucher, ou ce qui me semblait logique. Alors quand ma mère a fait entrer les missionnaires, je n'étais pas contente. J'ai écouté les leçons mais en gardant mes distances. Tous les membres de ma famille ont accepté de se faire baptiser sauf moi.

 

Un soir les missionnaires sont venus chez nous. Frère Àlvarez m'a dit sur un ton que je n'avais jamais entendu auparavant : " Nous vous avons enseigné tout ce que vous avez besoin de savoir et nous vous avons invitée à changer de vie. Nous venons maintenant vous demander au nom de Jésus-Christ de vous agenouiller devant Dieu dont vous niez l'existence et de lui demander si ce que nous vous avons dit est vrai. Acceptez-vous ce défi ou avez-vous peur ? "

 

Peur ? Ce mot ne faisait pas partie de mon vocabulaire. Je faisais du cheval et je chassais aussi bien que la plupart des hommes. Je me serais mis un serpent à sonnette autour du cou si quelqu'un m'en avait lancé le défi.

 

" J'accepte ", ai-je répondu.

 

Je n'arrivais pas dormir ce soir-là. Je ne pouvais pas chasser de mon esprit le défi que j'avais accepté : Pourquoi avais-je accepté ? Comment pouvais-je m'incliner devant un être invisible ? La vérité était que j'avais peur.

 

Le lendemain, j'ai attendu que tout le monde ait quitté la maison pour monter au dernier étage. Là, je me suis mise à genoux et j'ai commencé à dire : " Père céleste... " Puis, je me suis arrêtée. Le vent soufflait fort et je me suis sentie vulnérable. Je guettais chaque bruit et je n'osais pas ouvrir les yeux. Je me sentais terriblement seule.

 

Tout à coup je me suis sentie protégée et j'ai eu le courage de continuer. J'ai demandé à savoir si Dieu existe. J'ai demandé à comprendre.

 

J'ai demandé à ressentir. J'ai demandé et demandé. Et avant de m'en rendre compte, j'étais en pleurs, demandant pardon d'avoir douté. J'ai ressenti une grande chaleur dans mon coeur et j'ai su sans aucun doute que Dieu existe et que l'Eglise de Jésus-Christ des Saints des Derniers jours est son Eglise. En me relevant, j'ai vu des poussières incrustées dans mes genoux et je me suis rendu compte que je priais depuis un long moment.

 

Le Père doit vraiment avoir un grand amour pour moi, en fait pour nous tous ! Il m'a non seulement donné son Evangile, il m'a aussi donné un mari juste pour m'aider à tirer pleinement parti de cet Evangile. Parmi mes plus grandes bénédictions, il y a les promesses que mon mari et moi avons reçues lorsque nous avons été scellés dans le temple.

 

Ma vie n'est pas plus facile que celle des autres. Il nous est arrivé de manquer de nourriture. Mais tant que nous avons le Seigneur pour compagnon, aucun problème ne nous semble insurmontable. Parfois nous ne comprenons pas ses intentions et nous devons simplement lui faire confiance. Je serai éternellement reconnaissante de son amour.

 

LE BUS ETAIT EN RETARD

 

par Thierry Damoiseau, raconté à Paul Conners

 

La plupart du temps mon bus arrivait à l'heure, mais un jour, le 11 octobre 1993, il était en retard. J'étais étudiant à Caen (France) et il fallait que je me rende aux cours. En regardant autour de moi, j'ai vu que je n'étais pas seul à attendre le bus. Deux jeunes gens, près de moi, ont attiré mon attention. Ils avaient l'air différent. Chacun d'eux avait un badge. Qui étaient-ils ? Ce n'était de toute évidence pas des lycéens. Mais soucieux d'arriver aux cours à l'heure, mes pensées sont vite revenues au retard du bus.

 

Alors, sans que je m'y attende, j'ai entendu une voix derrière moi me demander : " Puis-je vous poser une question ? "

 

Je me suis retourné et je me suis trouvé face à l'un des jeunes gens. Il parlait français avec un accent inhabituel. " Croyez-vous en Dieu ? " m'a-t-il demandé.

 

J'étais surpris et j'hésitais à répondre. Je m'étais posé cette même question de nombreuses fois. J'avais finalement décidé que j'étais athée. Il n'y avait aucune raison de continuer à parler à ces jeunes gens, mais il y avait dans leur comportement quelque chose de remarquable qui m'a poussé à vouloir continuer notre conversation. On ressentait à leur contact de la paix et, de manière surprenante, un flot d'amour et d'intelligence. Leur badge disait qu'ils étaient missionnaires de l'Eglise de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours.

 

Nous avons bavardé tous les trois pendant environ dix minutes. Je ne connaissais rien de leur Eglise et j'ai été surpris lorsqu'ils m'ont dit qu'ils étaient prêts à m'enseigner tout ce que j'avais besoin de savoir sur Dieu, y compris le sens de la vie. Lorsque mon bus est arrivé, 15 minutes plus tard, nous avions pris rendez-vous.

 

Durant nos discussions, les deux missionnaires m'ont présenté le Livre de Mormon, un autre témoignage de Jésus-Christ, et ils m'ont enseigné l'Evangile rétabli. Peu à peu, j'ai appris les principes de l'Evangile et j'ai su qu'ils étaient vrais.

 

Toute ma vie a commencé à changer. Mes parents ont été les premiers à remarquer la différence. Je communiquais mieux avec ma famille et j'avais des relations plus heureuses avec tout le monde. Je me faisais des amis plus facilement que jamais auparavant. Je suis allé aux réunions de l'Eglise et je n'y ai trouvé aucun faux-semblant, seulement des expressions d'amour et d'acceptation comme je n'en avais jamais ressenti. Les membres semblaient connaître la différence entre le vrai et le faux. C'était un lieu de merveilleuses possibilités.

 

Mais avant de me joindre à l'Eglise, je voulais être absolument certain que c'était la bonne chose à faire. J'ai pris le temps de me décider. Les leçons missionnaires m'ont aidé à avoir la conviction que je ne faisais pas une erreur, que j'avais vraiment trouvé la vérité. Je me suis fait baptiser le 24 juillet 1994.

 

C'est la meilleure décision que j'aie jamais prise. Depuis lors, j'ai profité des bénédictions de l'Evangile et de l'amitié de merveilleux membres de la paroisse. J'ai reçu la prêtrise. J'ai été instructeur à l'Ecole du Dimanche et j'ai participé à la conversion d'autres personnes. La vie a pris un nouveau sens.

 

Je remercie les missionnaires, j'ai trouvé la réponse à mes questions et la solution à mes problèmes. Leur rencontre a été la plus heureuse de ma vie. Quand on me demande comment j'en suis venu à me joindre à l'Eglise, je réponds en souriant : " Le bus était en retard, Dieu merci ! "

 

LA PAIX INTERIEURE

 

par Garry P. Fabros

 

C'était en avril 1992, l'été aux Philippines. Nous étions venus passer des vacances en famille dans la station balnéaire de Bagac, dans la péninsule de Bataan. Dès notre arrivée, mes frères et soeurs ont dévalé la plage et se sont précipité, dans l'eau. Mes parents sont partis à la recherche d'une maison à louer.

 

Cloué à mon fauteuil roulant, j'attendais à l'ombre d'un cocotier, une douce brise caressant ma peau. J'ai inspiré profondément et j'ai senti mon visage se mettre à sourire. J'ai tourné mon regard vers la mer qui semblait sans fin et j'ai observé le soleil briller dans le ciel tel une boule de feu resplendissante.

 

Sur la plage, les gens s'amusaient sur le sable chaud ; leurs rires s'entendaient de loin. Dans l'eau, les nageurs faisaient toutes sortes d'activités. J'ai observé mes jeunes frères qui s'entraînaient à la brasse. A d'autres endroits des jeunes faisaient du ski nautique ou du pédalo.

 

Je me suis dit : Comme ces gens ont de la chance de pouvoir profiter pleinement des beautés de la terre !

 

Et je me suis apitoyé sur moi-même. Je ne pouvais pas faire comme eux. Je passerai toute ma vie dans un fauteuil roulant. Un voile de tristesse s'est abattu sur moi. C'était comme si une force réelle essayait de détruire ma foi en notre Père céleste.

 

Je me suis mis à prier. J'ai prié avec toute la ferveur de mon âme pour que ce sentiment de dépression me quitte. Des mots que j'avais lus dans la Bible me sont venus à l'esprit. Il est dit que dans des jours heureux à venir : " s'ouvriront les yeux des aveugles, s'ouvriront les oreilles des sourds ; alors le boiteux sautera comme un cerf, et la langue du muet éclatera de joie " (Esaïe 35:5-6). Je ressentais au plus profond de moi-même une aspiration familière. Mon plus cher désir est de marcher, mais cela n'est pas dans mes capacités.

 

Le rire de jeunes enfants m'a sorti de mes pensées. Ils cherchaient et trouvaient avec enthousiasme des coquillages dans le sable humide. Tout à coup mon état d'esprit a changé et j'ai senti la paix remplir mon coeur. Un jour je marcherai. Un jour je sauterai " comme un cerf ". En attendant, mes capacités physiques ne m'empêchaient pas de me réjouir par tous mes sens des beautés de la terre, de méditer sur mes bénédictions et d'en louer le Seigneur. Inclinant la tête, j'ai fait en moi-même une prière de reconnaissance pour les bénédictions que je reçois.

 

GRACE A UNE SEULE PERSONNE

 

par George Sobrecarey Liwagon

 

J'avais 13 ans lorsque j'ai vu les missionnaires à plein temps pour la première fois. Je ne vivais pas avec ma famille à cette époque ; j'allais à l'école dans une autre ville des Philippines. Un jour dans le bus, j'ai vu deux jeunes gens bien habillés assis près de moi. Je ne les connaissais pas, mais j'étais impressionné par ce que je pensais être leur uniforme. Sans savoir pourquoi, je voulais en porter un, moi aussi.

 

Quelques mois plus tard, revenant pour des vacances à la maison, j'ai trouvé mon père en train de lire un livre. J'étais curieux, ma mère aussi.

 

" Qu'est-ce que tu lis ? " lui a-telle demandé.

 

" Le Livre de Mormon : Un autre témoignage de Jésus-Christ ", a-t-il répondu en ajoutant : " L'un des voisins me l'a donné en m'invitant à le lire. "

 

Deux semaines plus tard, deux jeunes gens sont venus chez nous et se sont présentés comme étant des missionnaires de l'Eglise de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. Ils semblaient se soucier réellement de mon père. Le lendemain, ils ont commencé à lui enseigner l'Evangile.

 

Comme je ne vivais pas à la maison, je n'ai pas pu parler aux missionnaires. Mais environ un mois plus tard, j'ai reçu un mot disant que mon père s'était fait baptiser. Il m'a envoyé un message me demandant de rentrer à la maison pour que toute sa famille puisse étudier la véritable Eglise. Ma mère a répondu avec enthousiasme au souhait de mon père.

 

Et c'est ainsi que les missionnaires sont venus nous instruire tous. Nous nous sommes fait baptiser le 19 novembre 1988. Cela a été le plus beau jour de ma vie.

 

Environ un an après son baptême, mon père est tombé gravement malade. Tôt un dimanche matin il a appelé ma mère, mes frères, mes soeurs et moi à son chevet. Là, il m'a regardé en disant : " Mon fils, j'espère que tu feras une mission. " Après avoir prononcé ces paroles, il est mort.

 

Les dernières paroles de mon père m'ont touché si profondément que j'ai revêtu " l'uniforme " des missionnaires à plein temps. J'ai servi dans la mission de Quezon City aux Philippines. Je suis reconnaissant de l'exemple de mon père, je suis reconnaissant de cette personne qui se souciait de lui au point de lui donner le Livre de Mormon.

 

 

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