Du fait de l’absence d’informations suffisantes, certains versets d’Ecriture peuvent poser des problèmes. C’est le cas d’Éther 3:15 qui soulève la question de savoir s’il est possible que le frère de Jared ait été le premier à voir Jésus-Christ. Tentative d’explication par Kent P. Jackson.

« JE NE ME SUIS JAMAIS MONTRE A L'HOMME

Une suggestion pour la compréhension d’Éther 3:15
 

Kent P. Jackson [1]
BYU Studies, vol. 30 (1990), numéro 3 - Été 1990

Éther 3:15 contient une déclaration du Seigneur qui met le frère de Jared à part par rapport à tous ceux qui ont vécu sur terre avant lui : « Je ne me suis jamais montré à l'homme que j'ai créé, car jamais homme n'a cru en moi comme toi [2]. » Le caractère exceptionnel de la foi de Mahonri Moriancumer a justifié le fait que le Seigneur s’est exceptionnellement révélé à lui [3]. Jamais, lui dit le Seigneur, quelqu’un n’a eu une telle manifestation, une déclaration que rend encore bien plus remarquable le fait que de grands personnages tels qu'Adam, Ève, Hénoc et Noé ont précédé le frère de Jared, et que chacun de ceux-ci, selon les Écritures, a conversé avec Dieu.

Dans ce bref essai, je vais présenter quelques idées au sujet de la déclaration du Seigneur dans Éther 3:15. Après avoir brièvement passé en revue les explications habituellement avancées pour ce verset, je vais proposer un autre point de vue, qui est, à mon avis, fidèle au texte et conforme à ce que nous savons de la doctrine de Dieu.

En réponse aux efforts du frère de Jared pour obtenir de la lumière pour les barques jarédites, le Seigneur lui révèle tout d’abord son doigt (Éther 3:6) et finalement sa personne tout entière (Éther 3:13-16). Ce faisant, il lui enseigne beaucoup de choses sur la nature de la Divinité et lui révèle également sa propre identité : « À cause de ta foi, tu as vu que je prendrai sur moi la chair et le sang » (Éther 3:9). « Voici, ce corps, que tu vois maintenant, est le corps de mon esprit… et j'apparaîtrai à mon peuple dans la chair comme je t'apparais dans l'esprit » (Éther 3:16). Moroni, le narrateur de ce récit, nous en fait un résumé précieux et rend claire l'identité de la Divinité qui parle : « Jésus se montra à cet homme dans l'esprit, à la manière et selon la ressemblance de ce même corps dans lequel il se montra aux Néphites » (Éther 3:17) [4].

Mahonri parlait avec le Jésus-Christ prémortel qui allait naître sur terre plus de deux mille ans plus tard, recevoir un corps physique et, tandis qu'il était dans la chair, expier les péchés du monde. Le récit ne nous permet pas de dire ce que Mahonri savait de la nature de Dieu ou de la mission du Christ avant sa vision, mais il apparaît au verset 8 qu'il fut surpris de voir ce qu'il pensait être un corps « de chair et de sang ». Les commentaires du Seigneur au verset 16 semblent indiquer clairement que c'est un corps d'esprit que le prophète a vu.

Jésus et Moroni affirment tous deux que c’est la foi sans précédent du frère de Jared qui est le facteur qui est à l’origine de cette révélation sans précédent. Le Seigneur dit : « Jamais homme n'est venu devant moi avec une foi aussi extrême que toi » (Éther 3:9). Moroni insiste : « Comme il avait cette connaissance parfaite de Dieu, on ne pouvait le garder à l'extérieur du voile… le Seigneur ne pouvait rien lui dissimuler, car il savait que le Seigneur pouvait tout lui montrer » (Éther 3:20, 26). La déclaration clef du Seigneur se trouve dans Éther 3:15 : « Je ne me suis jamais montré à l'homme que j'ai créé, car jamais homme n'a cru en moi comme toi. »

Quelle que soit la signification de la première proposition du verset 15, il est clair qu'il y avait quelque chose d’extraordinaire dans cette apparition du Seigneur au frère de Jared. Pourtant nous savons par les Écritures que d'autres, en fait, avaient vu Dieu. Adam et Ève conversaient avec le Seigneur en la présence du Seigneur Dieu tandis qu’ils étaient dans le jardin d'Éden (Moïse 4:14-27) Adam et beaucoup d'autres le virent lors d'une grande réunion peu avant la mort d'Adam (D&A 107:53-54). Hénoc « vit le Seigneur » et parla avec lui « comme un homme parle avec un autre, face à face » (Moïse 7:4) et Noé et ses fils « marchai[en]t avec Dieu » (Moïse 8:27). Notre problème est donc de découvrir ce que signifie la déclaration du Seigneur au frère de Jared à la lumière de ce que nous savons de ces autres théophanies pré-jarédites.

La façon la plus courante d’aborder Éther 3:15 pour le comprendre est de proposer que la déclaration du Seigneur concerne la mesure dans laquelle il s'est révélé au frère de Jared. Joseph Fielding Smith énonce cette position comme suit :

« J'ai toujours considéré qu'Éther 3:15 voulait dire que le Sauveur s'est tenu distinctement devant le frère de Jared, lui a montré tout son corps et lui a expliqué qu'il était un esprit. Dans son apparition à Adam et à Énoch, il ne s'était pas manifesté d'une manière aussi familière. Ses apparitions aux prophètes plus anciens ne s’étaient pas faites dans la même plénitude.

« Les passages d’Écriture qui décrivent des personnes comme parlant face à face et marchant avec Dieu ne doivent pas être interprétés comme voulant dire que le Sauveur s'est tenu devant ces prophètes et a révélé toute sa personne. Il est possible qu’il l’ait fait plus tard dans les cas d'Abraham et de Moïse, mais il ne l'avait pas fait dans sa plénitude à la période antédiluvienne. Pour le frère de Jared, il écarta complètement le voile. Il ne s'était jamais montré auparavant à l'homme comme à ce prophète [5]. »

Bruce R. McConkie interprète le verset en le reformulant comme suit : « ‘Je ne me suis jamais montré de la façon et sous la forme actuelles ; il n'y a jamais eu de révélation aussi complète de la nature et du genre d'être que je suis ; le voile n’a encore jamais été soulevé complètement de sorte qu'un homme mortel puisse voir mon corps d'esprit dans le sens plein et complet du terme [6].’ » C’est ce point de vue que l’on retrouve chez d'autres commentateurs dans l’Église [7].

Autre interprétation possible : Sidney B. Sperry a proposé que le mot « homme », dans Éther 3:15, pourrait signifier « l'homme incroyant ». Le Seigneur ne s’était jamais montré à ceux qui ne croyaient pas à son nom, tandis qu’il s’était montré aux fidèles – parmi lesquels probablement des personnalités telles que Adam et Énoch – comme il le fit pour Mahonri Moriancumer [8].

Daniel H. Ludlow attire l’attention sur un aspect de l'expérience du frère de Jared qui, peut-être, était sans précédent et peut avoir quelque chose à voir avec le passage d’Éther 3:15. Soulignant les versets 19 et 20 (« il était impossible de le garder à l'extérieur du voile ») et 26 (« le Seigneur ne pouvait rien lui dissimuler »), Ludlow écrit que le Seigneur « n’avait jamais dû se montrer à l’homme auparavant [9] ». Cette explication nous en dit probablement plus sur la raison pour laquelle le Seigneur lui a donné cette expérience unique que sur ce qu’elle avait d’unique.

Ces propositions ne s’excluent naturellement pas mutuellement et la compréhension correcte du verset peut comporter des éléments de certaines d’entre elles. Un point de départ pour l'interprétation est l'idée que le Seigneur s'est montré au frère de Jared dans une mesure plus grande qu'à n'importe quel prophète plus ancien. Néanmoins cette interprétation exige l'ajout de plusieurs modifications à la déclaration apparemment claire et sans équivoque du Seigneur : « Je ne me suis jamais montré à l'homme que j'ai créé. » Je voudrais proposer une explication qui repose sur cette interprétation et nous permet malgré tout de prendre la déclaration du Seigneur au pied de la lettre.

Pour éviter toute ambiguïté dans le traitement qui suit, je vais respecter l'usage traditionnel chez les saints des derniers jours en utilisant exclusivement le nom « Élohim » pour désigner Dieu, le Père de notre esprit, et « Jéhovah » exclusivement pour désigner le Seigneur Jésus-Christ [10]. Cette approche est nécessaire par souci de clarté parce que les Écritures appellent le Christ à la fois « Dieu » et « le Père ».

Dans Éther 3, le frère de Jared parle avec Jéhovah, qui, selon le roi Benjamin, est « le Seigneur Omnipotent qui règne, qui était et est de toute éternité à toute éternité… le Père du ciel et de la terre, le Créateur de tout depuis le commencement » (Mosiah 3:5, 8 ; voir également Alma 11:39). Sous la direction d'Élohim, Jéhovah est le Dieu de l'univers, présidant tout. Doté par Élohim d’une puissance, d’une gloire et d’une autorité infinies, Jéhovah est le Père, comme le Livre de Mormon l’appelle souvent [11]. Il est Dieu, qui parle aux prophètes, qui fixe et révèle des lois pour le bien du monde et qui dirige les affaires de la famille humaine.

Nous savons également que Jéhovah est le même être qui allait venir plus tard au monde pour être Jésus-Christ. Il est devenu un être ayant une double nature : il est à la fois Père et Fils, comme il est à la fois Dieu et homme (voir D&A 93:3-4) [12]. Avant sa naissance, il était le Seigneur Jéhovah (Père, Dieu) ; tandis qu'il se trouvait sur la terre, il était également le Jésus-Christ mortel (Fils, Homme) [13].

Joseph Fielding Smith a exprimé la conception qu’ont habituellement les saints des derniers jours du rôle de Jéhovah en tant que Dieu :

« Toute la révélation depuis la chute est venue par Jésus-Christ, qui est le Jéhovah de l'Ancien Testament. Dans toutes les Écritures, où Dieu est mentionné et où il est apparu, c'est Jéhovah qui a parlé avec Abraham, Noé, Énoch, Moïse et tous les prophètes. Il est le Dieu d'Israël, le Saint d'Israël, celui qui a fait sortir cette nation de l’esclavage en Égypte et qui a donné et accompli la loi de Moïse. (1 Néphi 19:10 ; 3 Néphi 11:10, 14 ; 15:2). Le Père [Élohim] n'a jamais traité directement et personnellement avec l'homme depuis la chute, et il n’est jamais apparu autrement que pour présenter le Fils et rendre témoignage de lui [14]. »

Il note en outre : « Le Père [Élohim] a honoré le Christ en mettant son nom sur lui, de sorte qu'il peut exercer son ministère dans et par ce nom comme s'il était le Père ; et ainsi, en ce qui concerne le pouvoir et l'autorité, ses paroles et ses actes deviennent et sont ceux du Père. » [15] Quand le Seigneur apparaissait dans les temps anciens, c’était comme s’il était le Père, et quand il donnait la révélation aux prophètes, il parlait de la mission de Jésus-Christ sur terre à la troisième personne, avec les termes et la perspective de Dieu le Père, comme si Jésus-Christ était quelqu'un d'autre. Ceci explique les paroles de Jéhovah au sujet de Jésus dans des passages difficiles tels que Moïse 1 et Ésaïe 53 [16]. »

Chacune des explications mentionnées ci-dessus d'Éther 3:15 présuppose une théologie semblable à celle de Joseph Fielding Smith : « Toute la révélation depuis la chute est venue par Jésus-Christ… Le Père [Élohim] n'a jamais traité directement et personnellement avec l'homme depuis la chute, et il n’est jamais apparu autrement que pour présenter le Fils et rendre témoignage de lui [17]. » Si nous admettons que tel est le cas, cette apparition au frère de Jared est la première manifestation connue de Jéhovah dans laquelle il apparaît et s’identifie comme étant le Fils. Ailleurs les Écritures le présentent comme parlant en tant que Dieu le Père (par exemple, Moïse 6:50-52, 58-59 ; 7:4, 32-33, 39 ; voir aussi 1:1-6). Mais au frère de Jared il dit : « Voici, je suis Jésus-Christ. Je suis le Père et le Fils. En moi toute l'humanité aura la vie et ce, éternellement, à savoir ceux qui croiront en mon nom; et ils deviendront mes fils et mes filles. Et je ne me suis jamais montré à l'homme que j'ai créé, car jamais homme n'a cru en moi comme toi » (Éther 3:14-15).

Ce qui fait que cette situation est unique, c’est que Jéhovah est apparu à Mahonri Moriancumer en tant que Jésus-Christ plutôt qu’en tant que le Père. Autant que nous le sachions par les Écritures, Jésus-Christ ne s’était jamais montré à l'homme. (Et, chose intéressante, nous ne trouvons nulle part ailleurs dans les Écritures d’exemple clair où Jéhovah apparaît en tant que Jésus avant sa venue dans la chair) [18]. Comme le dit Moroni : « Comme il avait cette connaissance parfaite de Dieu, on ne pouvait le garder à l'extérieur du voile; c'est pourquoi, il vit Jésus » (Éther 3:20). Au frère de Jared, le Christ a révélé sa nature complète : Dieu qui deviendrait Homme – Jéhovah, le Père, qui deviendrait Jésus, le Fils.

C’est peut-être à cause de la nature sans précédent de cette apparition que le Seigneur a commandé que le récit n’en soit communiqué au monde qu'après son ministère terrestre (Éther 3:21).

NOTES

[1] Kent P. Jackson est maître de conférences d'Écritures anciennes à l'université Brigham Young.
[2] Tous les italiques des citations d'Écriture de cet article sont de l’auteur.
[3] Notre source la plus ancienne pour le nom Mahonri Moriancumer est George Reynolds, qui rapporte un souvenir du prophète Joseph Smith où il disait que c’était le nom du frère de Jared (« The Jaredites », Juvenile Instructor 27, 1er mai 1892, p. 282n). Comme ce nom est couramment utilisé dans l'Église, je l'emploierai par facilité dans cet article, bien que je n’ignore pas le caractère tardif et indirect de l'histoire.
[4] Moroni écrivait au moins deux mille cinq cents ans après l'expérience du frère de Jared (selon l’époque à laquelle on fait remonter les Jarédites, ce que je n'essayerai pas de traiter ici) et environ quatre siècles après que le Christ est apparu aux enfants de Léhi.
[5] Joseph Fielding Smith, Doctrine du salut, comp. Bruce R. McConkie, 3 vols., éd. française 1993, 1:44. Voir aussi Joseph Fielding Smith, Answers to Gospel Questions, 5 vols., Salt Lake City, Deseret Book Co., 1957-1966, 2:123-126.
[6] Bruce R. McConkie, The Promised Messiah: The First Coming of Christ, Salt Lake City, Deseret Book Co., 1978, pp. 599-600.
[7] Sidney B. Sperry cite le passage de Doctrine du Salut du Président Smith et le présente comme l'une de deux interprétations possibles (Answers to Book of Mormon Questions, Salt Lake City, Bookcraft, 1967, p. 48; publié précédemment sous le titre Problems of the Book of Mormon, Salt Lake City, Bookcraft, 1964; voir aussi pp. 47-51). Daniel H. Ludlow reprend la citation du président Smith dans Answers to Gospel Questions (voir n. 4 ci-dessus) dans A Companion to Your Study of the Book of Mormon, Salt Lake City, Deseret Book Co., 1976, pp. 318-319. Le Book of Mormon Gospel Doctrine Teacher's Supplement le plus récent, Salt Lake City, The Church of Jesus Christ of Latter-day Saints, 1987, p. 173, cite le passage de Doctrine du Salut du président Smith et le Book of Mormon Student Manual du Département d’Éducation de l’Église, Salt Lake City, The Church of Jesus Christ of Latter-day Saints, 1989, pp. 137-138, cite le passage de Answers to Gospel Questions
[8] Sperry, Answers to Book of Mormon Questions, pp. 48-49. C'est l'explication préférée de Sperry dans son Book of Mormon Compendium, Salt Lake City, Bookcraft, 1968, pp. 467-468. Sperry mentionne mais n’approuve pas une autre possibilité selon laquelle le Seigneur serait apparu en vision au frère de Jared dans le corps même qu'il aurait quand il viendrait plus tard dans la chair, Answers to Book of Mormon Questions, pp. 49-51. Une déclaration du président Harold B. Lee peut jeter une lumière supplémentaire sur cette approche : « Il fut alors stupéfait, parce que, dit-il, il vit non seulement le doigt d'un être spirituel, mais sa foi était si grande qu'il vit le genre de corps qu'il aurait quand il descendrait sur la terre. Il était de chair et de sang – de chair, de sang et d’os. Et le Maître dit : ‘Aucun homme n’a eu ce genre de foi’ », « To Be on Speaking Terms with God », discours spirituel, institut de religion de Salt Lake City, 12 octobre 1973, pp. 8-9.
[9] Ludlow, A Companion to Your Study, p. 318 ; italiques dans l'original.
[10] Voir « Le Père et le Fils : Un exposé de doctrine par la Première Présidence et les Douze », dans James E, Talmage, Les Articles de foi, 3e édition française, Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, 1962, pp. 60-68 ; James E. Talmage, Jésus le Christ, éd. française 1965, Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, 1915, pp. 40-41. Voir aussi Talmage, Jésus le Christ, pp. 37-47 ; Bruce R. McConkie, Mormon Doctrine, 2e éd., Salt Lake City, Bookcraft, 1966, pp. 224, 392 ; Bruce R. McConkie, A New Witness for the Articles of Faith, Salt Lake City, Deseret Book Co., 1985, pp. 59, 61, 66-67.
[11] Les passages importants du Livre de Mormon qui traitent de Jésus en tant que Dieu, ou le Père, sont la page de titre, 1 Néphi 19:10, 2 Néphi 9:5, Mosiah 3:5-9 et Alma 11:38-39.
[12] C'est précisément ce qu'Abinadi déclare dans Mosiah 15:1-5. Rodney Turner décrit les rôles père-fils de Jéhovah comme suit : « Possédant littéralement le nom et les pouvoirs de son Père, le Fils était digne et capable d’agir en tant que remplaçant divin du Père. À cet effet, il devint le Fils unique dans la chair quand il fut conçu par Marie, une femme mortelle. Engendré d'une mère mortelle par un Père immortel, Jésus possédait deux natures, l’une divine, l’autre humaine et, en conséquence, deux volontés, celle du Père et celle du Fils. Il pouvait manifester l'une ou l'autre nature ‘à volonté’… L'Expiation exigeait la soumission et le sacrifice de la volonté charnelle du ‘Fils’ à la volonté spirituelle du ‘Père’… Le Fils voulait que la coupe passe ; le Père voulait qu'elle soit bue jusqu’à la lie. Abinadi décrit la soumission de Jésus en ces termes : « La volonté du Fils étant engloutie dans la volonté du Père » (Mosiah 15:7 ; voir également Luc 22:42 ; 3 Néphi 11:11). Dans un sens, ce n'était pas le Fils en tant que Fils, mais le Père dans le Fils qui fit l’expiation. C'est-à-dire que Jésus non seulement fit la volonté de son Père dans le ciel, mais la volonté du Père en lui-même. Le Père et le Fils, étant ‘un seul Dieu’, est venu sur terre en la personne de Jésus de Nazareth. ‘Dieu lui-même – dans l’unité parfaite – a expié les péchés du monde’ ». « Two Prophets: Abinadi and Alma », dans Studies in Scripture: Volume Seven, l Nephi to Alma 29, dir. de publ. Kent P. Jackson, Salt Lake City, Deseret Book Co., 1987, pp. 245-246 ; italiques dans l'original.
[13] Paul décrit le mouvement du Christ de Dieu vers l'homme puis vers Dieu dans Philippiens 2:5-11 ; voir aussi Colossiens 1:12-20.
[14] Joseph Fielding Smith, Doctrine du salut 1:35.
[15] Joseph Fielding Smith, Doctrine du salut 1:37 ; italiques ajoutés.
[16] Pour des commentaires détaillés du rôle du Christ en tant que Père, voir Robert L. Millet, « The Ministry of the Father and the Son » dans The Book of Mormon: The Keystone Scripture, dir. de publ. Paul R. Cheesman, Provo, Utah, Religious Studies Center, université Brigham Young, 1988, pp. 44-72.
[17] Joseph Fielding Smith, Doctrine du salut 1:35. Si c'était Élohim, plutôt que Jéhovah, dans les apparitions précédentes, Éther 3:15 est facile à comprendre : « Je [Jéhovah] ne me suis jamais montré à l'homme. »
[18] De toute évidence nos Écritures ne contiennent pas le récit de chaque événement sacré. Nous ne savons pas tout ce qui s’est passé lors des théophanies dont nous avons connaissance ni ce que les prophètes ont compris quand ils les ont eues. Voir, par exemple, 2 Néphi 11:2-3. C’est la voix du Christ que l’on entend dans 2 Néphi 10:7 ; 31:12, 14 ; Mosiah 26:14-32 ; 3 Néphi 3. 1:12-14.


 

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